CAN : la Côte d’Ivoire ne peut pas se tromper
Rédaction en ligne
samedi 04 février 2012, 16:44
Quarts de finale Les choses sérieuses commencent. Zambie-Soudan ce soir à 17h et Côte d’Ivoire-Guinée-Ëquatoriale à 20h sont les deux premières affiches de ces quarts en attendant Gabon-Mali et Ghana-Tunisie dimanche.
Didier Drogba (Côte d’Ivoire) © AFP
Premier quart de finale, Zambie-Soudan est l’occasion de découvrir deux équipes qui avaient séduit lors du premier tour. Accédant pour la deuxième fois consécutive à ce stade de la CAN, les Zambiens partiront, à l’inverse d’il y a deux ans contre le Nigeria, favoris à l’heure de défier le Soudan.
De fait, la Zambie a impressionné dans un groupe A, qui n’était, il est vrai pas des plus relevés. Tenue en échec contre la Libye (2-2) mais s’imposant au Sénégal(2-1) en ouverture et à la Guinée-Equatoriale (1-0) jusqu’alors invaincue, c’est méritoirement que la Zambie a décroché sa place en quart. Articulés autour d’une équipe quasiment inchangée depuis plusieurs années et entraînée par le charismatique Hervé Renard, formé à l’école du globe-trotter Claude Leroy, les Chipolopolos (littéralement les… boulets de cuivre) n’ont qu’une idée en tête : rééditer leurs performances passées qui les avaient vus, par deux fois, se hisser en finale. La dernière remontant à 1994. Deux ans plus tard la Zambie parvenait en demi-finales. La perspective de jouer le Soudan en quart a le don de faire rêver 12 millions de Zambiens qui se rappellent aux bons souvenirs de la dernière décennie.
Leur coach, lui, garde la tête froide : « L’excès de confiance n’aura pas lieu. On a remis les pendules à l’heure, tout le monde est réveillé. Quand on pense qu’on a atteint les quarts de finale, on peut se dire que le premier objectif est déjà atteint. Mais dans le foot, quand on se relâche on est mort. Il faut maintenant atteindre l’objectif du dernier carré, cela fait seize ans que la Zambie ne l’a plus atteint. »
Si l’envie est grande côté zambien, le respect de l’adversaire n’en reste pas moins intact : « Ils n’étaient pas loin du Ghana pendant les qualifications. La force de cette équipe, c’est que ses joueurs évoluent dans le championnat local. C’était le cas de l’Egypte qui a gagné trois fois de suite le tournoi. Cette équipe a beaucoup de détermination, elle ne lâche jamais rien. Il y a aussi de très bons joueurs, comme le nº 10 et son pied gauche (Mohamed Osman Tahir, ndlr). Ils jouent un football fait de passes courtes, assez technique, et en plus ils y mettent du cœur. »
Le Soudan a, lui, décroché sa qualification de justesse et peut encore remercier l’attaquant de la Côte d’Ivoire, Gervinho (Arsenal) pour ses maladresses répétées devant le but défendu par Akram lors du premier match de ce groupe B. Ne s’inclinant que 1-0, les Soudanais venaient là, sans le savoir, d’assurer leur qualification. Un match nul contre l’Angola et une victoire contre le Burkina-Faso allaient suffire pour sortir, en deuxième position, de ce groupe B.
La Guinée-Equatoriale deva nt son public, la Côte d’Ivoire face à son destin
Avant d’affronter cette surprenante équipe de Guinée-équatoriale, il est peu de dire que la Côte d’Ivoire part favorite. En effet, avec un onze composé de Drogba, Kalou, Kolo et Yaya Touré, Gervinho mais aussi Zokora, Tioté et autre Boka on imagine mal les joueurs de François Zahoui s’incliner. Mais les désillusions engendrées ces dernières années suite à ces éliminations surprises (2010, 2008, 2006 (en finale), 2004) et successives inspirent à la prudence.
D’autant qu’en face la Guinée-équatoriale ne partira pas battue d’avance. Soutenue par un public qui ne s’attendait pas à pareil parcours (Ndlr : La Nzalang Nacional ne s’était jamais qualifié pour une CAN avant que l’organisation ne lui soit confiée), les hommes de Gilson Paulo, débarqué seulement quelques jours avant le début de la compétition suite au limogeage surprises d’Henri Michel, autre routard invétéré dans le monde du ballon rond, n’auront certainement rien à perdre au moment de monter sur la pelouse.
Les Ivoiriens si. Pour passer l’écueil guinéo-équatorien, il faudra mettre les égo de côté, pour que le talent propre et indiscutable de la pléthore de stars ivoiriennes soient, enfin, mises au service du collectif. Car sous estimé le co-organisateur de cette CAN en ne tablant que sur le talent individuel serait une grave erreur.
La Côte d’Ivoire le sait, un nouvel échec serait très mal vu par tout un peuple qui attend depuis trop longtemps que ces vedettes « occidentales » ramènent enfin un titre à la maison.
Martin Grimberghs (St)




















