CAN : duels au sommet ce soir
Rédaction en ligne
dimanche 05 février 2012, 18:30
Le Gabon cherchera à continuer sa folle épopée contre le Mali, le Ghana défiera la Tunisie en soirée (20h) pour un match qui promet beaucoup.
Un an et demi après son match perdu contre l’Uruguay et la main de Suarez provoquant le penalty manqué par Gyan Asamoah à la 120eminute d’un match dont tout un chacun se souvient encore aujourd’hui, le Ghana retrouve les quarts de finale d’une grande compétition.
L’équipe n’a que peu changé depuis ce soir du 2 juillet 2010. Son noyau a conservé ses points forts à l’exception de la retraite internationale surprise de K.P Boateng (Milan AC), et remplacé son coach Milovan Rajevac par un autre Serbe, l’ex-entraîneur du Partizan de Belgrade, Goran Stevanovic. Les 18 mois écoulés depuis « le drame de Johannesburg » ont rendu la sélection ghanéenne encore plus forte. Plus expérimentée, cette jeune équipe ghanéenne à de beaux jours devant elle. De Vorsah (23ans) occupant le cœur de la défense à la paire axiale du milieu constitué de Badu (21ans) et Annan (25ans) jusqu’aux déroutants A.Ayew (22ans) et K.Asamoah (23ans), le Ghana possède une génération fantastique.
Si les Black Stars voient l’avenir en rose, c’est dès cette année que de Accra à Bolgatanga tout un peuple attend un trophée qui n’est plus rentré à la maison depuis 1982, date du quatrième et dernier sacre du Ghana. Pourtant, et malgré les absents de marque que sont l’Egypte, triple tenante du titre, le Nigeria, le Cameroun ou encore l’Algérie et l’Afrique du Sud les Ghanéens ne jouissent pas d’un parcours des plus aisés. Après s’être retrouvée dans un des groupes les plus relevés de cette CAN comptant le Mali, la Guinée et le Botswana, c’est contre la Tunisie qu’ils vont devoir en découdre.
Dernier vainqueur de la CAN avant que l’Egypte impose son dictat, c’était en 2004, les Tunisiens, alors coachés par Roger Lemerre, veulent aujourd’hui rêver à un nouveau sacre. Pour cela, les hommes de Samir Trabelsi pourront compter sur un bloc équipe bien en place complété par des individualités toujours capable de faire la différence. Le quatuor offensif composé de Jemaa(1but), Msakni (2buts), Khélifa (1but) et Chickaoui peut faire mal à une défense ghanéenne qui n’a jamais pu aligner deux fois la même arrière-garde suite aux suspensions de Mensah et Vorsah.
L’ambiance promet d’être électrique ce soir sur le coup de 20h. Si le Ghana part favori, les Tunisiens joueront crânement leurs chances et mettront tout en œuvre pour s’offrir une participation aux demis-finale. La possibilité de défier la Zambie, certes impressionnante depuis le début du tournoi mais qui ne possède pas de noms ronflants dans son effectif, galvanisera encore un peu plus les Aigles de Carthage. Une élimination ghanéenne serait, elle, considérée comme un cuisant échec.
Le Gabon veut continuer de rêver
S’accrocher à son rêve, c’est ce que les joueurs de Gernot Rohr tâcheront de faire demain à l’heure de défier le Mali. Pour sa cinquième participation à une CAN, les Panthères ont déjà rempli leur objectif qui consistait à passer le premier tour. Les déclarations de Gernot Rohr à l’issue de la qualification obtenue au bout d’un match fou contre le Maroc (victoire 3-2 dans les dernières minutes) sont révélatrices d’un homme serein : « J’avais confiance : j’ai 11 combattants sur le terrain et 12 sur le banc ».
Serein, il le sera un peu moins au moment de serrer la main de son ex-coéquipier de la grande époque du Bordeaux des années 80, Alain Giresse, aujourd’hui devenu sélectionneur des Aigles du Mali. C’est que ce dernier ne s’est pas privé de lui rappeler, par presse interposée, qu’il y a deux ans, c’était lui qui était à la tête du Gabon pour la CAN jouée en Angola.« S’il y a une vérité, c’est que je connais bien beaucoup de joueurs de cette équipe. Ce n’est pas négligeable ». Ce à quoi Gernot Rohr répondait : « S’il les connaît tous, il sait comment on joue. Alors il est favori. Cela nous arrange ». Bref, un échange de bons procédés classique à la veille d’un match décisif où chacun essaye de faire reposer la pression sur le voisin.
Mais le match se disputera à onze contre onze et ce sera aux joueurs de faire la différence. Et à ce petit jeu-là, c’est peut-être bien le Gabon qui part favori. Les statistiques sont, en tout cas, de son côté. Trois victoires en autant de match, six buts marqués pour seulement deux encaissés, les Panthères auront encore 90 minutes pour faire rugirent de plaisir tout un stade. Les Aigles affichent, eux, un bilan de six sur neuf, ont trouvé le chemin des filets à trois reprises mais ont pris autant de goal. Des statistiques en guise d’hors d’œuvre, le plat principal sera lui servi demain à 17h.
Martin Grimberghs (St)




















