Le week-end foot en un coup d’œil
VINCENT JOSEPHY
lundi 20 février 2012, 11:26
Entre Roland Juhasz qui se fout du monde, les chants délicats des supporters de Montpellier et la déroute d’Arsenal, on a encore été occupé, ce week-end, sur la planète foot… Par Vincent Joséphy
Juhasz (Anderlecht), © Belga
Le looser du week-end
Rendez-vous tous les lundis
Notez-le dans votre agenda, le rendez-vous sera désormais récurrent. Soucieux de vous proposer un regard décalé et subjectif sur ce sport-roi qui fait tant parler au boulot ou sur zinc du bistrot du coin, le soir.be s’attellera désormais à décortiquer pour vous, chaque lundi, l’actu foot du week-end écoulé, que ce soit en Belgique ou à l’étranger.
Il faut bien le reconnaître, on l’aime bien, Arsène Wenger. Un mec qui parvient à rester en place aussi longtemps dans un club de pointe dégageant un tel capital sympathie (Arsenal pour les incultes, les femmes et autres extraterrestres pour qui le foot c’est quand même moins passionnant que le macramé), cela mérite la mention. L’admiration, aussi. Surtout de nos jours où les entraîneurs, finalement, ne valent pas toujours mieux que les joueurs qui changent de clubs comme d’autres de chemises.
Seulement voilà, à un moment donné, il faut se poser les bonnes questions. Et celle dont tout le monde voudrait connaître la réponse, compte tenu de l’humiliation subie en Ligue des champions (4-0 à Milan, Vermaelen a même été crédité d’un… 2 sur 10 dans l’Equipe) puis de l’élimination en Cup à Sunderland, samedi, a trait au fait de savoir si Wenger n’a pas fait son temps chez les « Gunners ».
Ses méthodes, qui lui ont pourtant offert quelques titres au début des années 2000, ne seraient-elles pas tout simplement devenues obsolètes, surannées, caduques, désuètes, soit autant de mots que ses joueurs ne doivent pas comprendre ? A 62 balais (quand même), le toujours élégant Alsacien présent sans relâche à la tête du club londonien depuis 1996, en a vu défiler des stars, ou des futures stars. Et des pseudo stars, aussi, tiens. Il a su les chaperonner avec un savant mélange de paternalisme et de rigueur mais, aujourd’hui, celles-ci en ont légitimement marre de passer pour les loosers de service et préfèrent s’en aller sous d’autres cieux plus prometteurs (qui a dit rémunérateurs ?) dès qu’ils sont réellement « mûrs » pour le haut niveau.
Et, donc, Arsène le magnifique ne recueille plus les dividendes de sa méthode audacieuse alors que dans le même temps, Sir Alex Ferguson enchaîne les titres comme Cristiano Ronaldo et Lionel Messi enfilent les buts. « On se doit d’accepter que les gens parlent, critiquent, analysent voire nous détruisent mais, de notre côté, on doit démontrer de la force intérieure, rester solidaires et les affronter en hommes, a expliqué Wenger. La seule réponse que l’on doit apporter, c’est de continuer à bosser. » Travailler plus pour gagner plus, en somme. Le candidat Sarkozy se serait-il adjoint les services d’un nouveau serial looser ?
Le foutage de gueule du week-end
Une petite réflexion, comme ça, en passant. Roland Juhasz et Ariel Jacobs ne se foutraient pas un peu de la gueule du monde, là ? Sincèrement, c’est un peu gros, non ? Petit rappel des faits pour les endormis : dimanche, face à un Westerlo privé de la force de percussion de Jef Delen sur le flanc gauche, Anderlecht piétine un peu, bafouille son football pendant une petite heure, jusqu’à ce que l’inévitable Dieumerci Mbokani ouvre la marque. A la 66e, Roland Juhasz frappe une nouvelle fois. Son but rassure tout le monde, le précieux défenseur hongrois est tellement heureux qu’il craque, enlève son maillot et récolte un carton jaune.
Bizarre, il n’avait jamais fait cela auparavant. Dans le stade, tout le monde se marre, tout le monde a compris. Juhasz vient de récolter son 9e carton de la saison, encore un et il sera suspendu pour deux rencontres.
Le but (non avoué), c’est de le prendre avant la fin de la saison régulière. Même si on peut s’insurger contre cette idée contraire à l’éthique sportive, c’est logique et humain : l’an passé, Juhasz avait déjà manqué deux matchs capitaux en playoffs et Anderlecht en avait souffert. Et, compte tenu des contingences européennes et internationales avec la Hongrie, un peu de repos ne lui fera de tort. Et puis, patatras, Juhasz débarque en zone mixte, jure ses grands dieux qu’il ne l’a pas fait exprès, qu’il n’a pas compris pourquoi monsieur Delferière s’est marré en la lui brandissant (il avait compris, lui, le bougre en orange), qu’il « n’a pas su contrôler ses émotions » et tout cela. Sincèrement, à quoi bon jouer ce jeu ridicule ? Et puis, dans la foulée, c’est Ariel Jacobs qui en rajoute une couche, affirmant qu’il était « très fâché » et qu’il allait mettre le joueur à l’amende pour avoir « fait exprès » d’être averti.
Faute avouée est quand même à moitié pardonnée. Allez, encore une petite jaune lors de l’un des deux prochains matchs et tout sera oublié, messieurs. Sinon, pour éviter ce genre de calculs grotesques, pourquoi ne pas remettre les compteurs à zéro pour ces fameux playoffs ? Plus de calculs, des équipes au grand complet pour un spectacle meilleur encore, ce serait bien non ?
Le frustré du week-end
Juan-Carlos Valeron, vous vous souvenez ? Si, si, réfléchissez bien, c’est ce milieu de terrain élégant, international espagnol (46 sélections, 5 buts tout de même) qui a participé à l’Euro 2000, au Mondial 2002 et à l’Euro 2004 et qui fait les beaux jours du Deportivo La Corogne depuis douze ans déjà après des débuts prometteurs à Las Palmas, Majorque puis à l’Atletico Madrid.
Bon, ok, vous voyez maintenant. Et bien ce gars vraiment… bien, a encore fait parler de lui ce week-end. A 36 ans bien sonnés s’il-vous plaît, ledit Valeron s’est signalé en… recevant un carton jaune lors du match qui opposait son équipe du Depor à l’équipe B du Barça. « Quoi, c’est tout ? », me direz-vous à juste titre en menaçant de retourner par hasard (Hazard ?) mater la rediffusion de la chevauchée fantastique d’Emmanuel (tout) Petit lors de la finale du Mondial quatre-vingt-dix-huit. Et bien non, ce n’est pas tout. Si on vous en parle, c’est que le pauvre Valeron a été victime d’une terrible erreur de l’arbitre, qui lui a adressé le bristol jaune pour une faute commise par l’un de ses équipiers, le défenseur argentin Diego Colotto.
Dingue, non ? En fait ce qui est vraiment dingue, c’est que Valeron n’avait plus reçu le moindre carton jaune depuis près de sept ans (si, si, vous lisez bien) et ce match contre Malaga un soir désolant de mars 2005. En attendant, il paraît que Valeron s’est déjà doublement consolé puisque le Depor s’est imposé 2-1 et préserve du même coup sa place de leader en Liga Adelante (l’Exqui League à la sauce espagnole, quoi) avec six points d’avance sur Valladolid. En plus, s’il continue à accumuler les bristols à ce rythme, il pourrait être menacé de suspension dans une bonne vingtaine d’années. Cela devrait être évitable.
Le come-back du week-end
Une fois n’est pas coutume, plongeons-nous un instant dans les tréfonds des divisions inférieures et en particulier dans cette D3A qui fait la part belle à une lutte acharnée entre deux clubs hennuyers nés des cendres de deux formations ô combien sympathiques mais qui s’étaient vu trop grandes, Mouscron et la Louvière.
Samedi, le Royal Mouscron-Péruwelz qu’entraîne Philippe Saint-Jean s’en est allé tranquillement remporter à Deinze un nouveau set (1-6) de sa marche triomphale censé l’amener vers l’antichambre de l’élite avec l’aide lilloise. Au climax de l’agonie financière mouscronnoise, Adnan Custovic, s’était ouvertement plaint d’avoir été transféré dans l’urgence, « pour deux Snickers et un Mars », de son Excelsior adoré à Gand. Où, il faut bien le reconnaître, son apport s’était avéré finalement assez limité.
Au GBA, il n’était pas davantage rentré gagnant, d’ailleurs. Alors, comme il l’avait souvent annoncé il y a quelques mois sans que personne n’y croie vraiment, l’attaquant bosniaque est bel et bien revenu par la grande porte, cet hiver dans ce Canonnier qu’il a tant regretté depuis son transfert chocolaté. Samedi, Custo a planté trois pralines bien onctueuses pour ses débuts officiels pour le RMP. C’est sûr l’(ex) Excel s’est offert un renfort de poids qui a su conserver sa ligne. Offensive et savoureuse comme on l’aime tant en wallonie picarde !
Le chant du week-end
« Vous avez le Qatar, nous avons le gros lard. » Avec humour, les supporters de Montpellier ont entonné ce chant à plusieurs reprises, dimanche soir au parc des Princes, durant le match au sommet qui opposait le PSG, leader de la Ligue 1, à son étonnant plus proche poursuivant.
A l’issue d’un match intense et riche en rebondissements, cette séduisante formation héraultaise a même frôlé la victoire mais n’a arraché « qu’un » match nul qui lui permet quand même de perturber davantage le désormais richissime club de la capitale dans sa quête d’un nouveau titre de champion.
Le « gros lard » en question, Louis Nicollin, a dû savourer cette marque de sympathie, confortablement installé devant sa téloche. Au pied de l’avion censé l’amener à Paris, ce truculent président qui a fait sa fortune tout seul en développant une grosse entreprise de collecte de… déchets, a fait demi-tour sur un coup de tête dont il a le secret. « Je voulais aller à Paris mais je n’ai pas pu. J’ai donc regardé le match chez moi, tranquille », a-t-il déclaré.
Personnage atypique, capable de réagir au quart de tour face aux attaques tout en se montrant d’une générosité sans pareil avec ceux qu’il apprécie, Loulou n’a en tout cas pas sa langue en poche. 311e fortune de France, il sait qu’il ne fait pas le poids, au sens figuré, face aux investisseurs qataris du PSG, qu’il rêve de séduire professionnellement, pour développer son entreprise au Moyen Orient. Mais en foot, Nicollin, qui adore rappeler que son club n’a que le 12e budget de la Ligue 1 tout en rêvant d’entendre résonner à la Mosson l’hymne de la Ligue des champions, ne doute de rien. Et il veut que cela se sache. « Les journalistes, il faut toujours les soigner. Ils taillent mais on peut s’arranger. Et oui, ici, c’est Poubelle la vie ! »
L’extraterrestre du week-end
Des fois, les statistiques valent mieux que de longs discours. Pour son 200e match en Liga à seulement 24 ans, Lionel Messi a marqué quatre nouveaux buts pour le compte du Barça, dimanche soir, portant son total personnel en championnat à 146 réalisations. Il a aussi touché la barre et distillé quatre ou cinq passes qui auraient mérité de se transformer en buts.
De manière générale, le Barça a nettement dominé en termes de possession de balle (64-36 %), au niveau des tirs (30 (!) à 3) des coups de coin (11 à 1), mais pas des cartons jaunes (0 contre 6). Ah oui, en face, c’était Valence tout de même, le troisième. Cela ne changera évidemment rien au fait que le Real, qui possède toujours dix longueurs d’avance, sera champion en fin de saison mais, des fois, il vaut mieux se taire. Et savourer.
La triste nouvelle du week-end
En général, ce qu’il y a de bien avec le football, c’est que l’on peut rire de tout et de tout le monde. Mais là, franchement, on a envie de pleurer. Comme partout ailleurs, si les supporters se chamaillent, se taquinent voire en viennent aux mains pour de basses raisons d’appartenance, la tristesse qu’engendre un décès permet parfois d’aplanir les différends, de relativiser les rivalités, de prendre pleinement conscience que le foot, finalement, ce n’est « que » du sport.
Dimanche, Anderlecht a gagné et le Standard a perdu mais, au final, c’est le sport belge qui est le grand perdant du jour. Pendant que les Rouches se ramassaient au stade arc-en-ciel de Zulte sous les coups de butoir de deux anciens de la maison rouche (Berrier et Leye), on a ainsi appris la triste nouvelle du décès de Guy Namurois.
Probablement pas autant connu du grand public qu’il le méritait au vu de la somme de travail qu’il effectuait dans l’ombre pour le club liégeois mais aussi pour l’ensemble du sport belge en tant que membre coordinateur de la Cellule d’aide à la performance sportive de l’Adeps, Namurois a succombé à une crise cardiaque alors qu’il faisait du VTT en compagnie de son épouse et de ses amis.
A 51 ans, cet ancien décathlonien de haut niveau qui avait une hygiène de vie impeccable, était avant tout un grand monsieur, tant au niveau professionnel qu’humain. Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir rapidement les témoignages émouvants de ceux qui ont eu la chance de croiser un jour ou l’autre sa route. Son départ laissera un grand vide, impossible à combler.
Vos réactions
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To pierredelune J'ai souvent entendu ce type de remarques à l'encontre des sportifs qui passent à la télévision. Avez-vous déjà pratiqué vous-même un sport? N'avez-vous jamais ressenti ce besoin de vous vider? Lorsqu'on pratique un sport à un rythme soutenu, c'est l'ensemble de votre corps qui produit des sécrétions. Si déjà, à mon petit niveau, je ne peux réfréner la production de substances qui vous rebutent, comment voulez-vous que des sportifs professionnels ne le fassent. Il faudrait prévoir un crachoir sans doute... Ce n'est certes pas très ragoutant mais encore une fois, c'est une question de point de vue et de culture. Allez en Chine et vous comprendrez que le crachat est loin d'être quelque chose de réprimé. De plus, doit-on vraiment garder ses sécrétions à l'intérieur? Devons-nous les masquer à la vue de ceux que cela dérange au plus haut point. Allez courir 5000 m et vous verrez si un "mollard" ne pointe pas au bout de votre gorge et je vous mets dès lors au défi de l'avaler!bonne journée
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Foot dégoût. Je ne sais plus me déplacer ce qui justifie le fait que je regardais très souvent des matches de foot à la T.V. Quels que soient les "vedettes" montrées, sauf rares exceptions, elles ne se privent pas de cracher ou de vider leurs sinus au vu et au su de tous, sans aucune retenue. C'est aussi honteux que le coup du maillot ! Mais en plus dégueulasse.Celà me dégoute quand en plus, un joueur s'étale dans cette mélasse.
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mach-o "Où sont les femmes" chantait Patrick Juvet. Mais non elle ne font pas toutes du macramé et même plus d'une en connaissent un brin sur le foot. Et c'est tant mieux.