France : Escalettes remet sa démission
Rédaction en ligne
lundi 28 juin 2010, 18:28
Jean-Pierre Escalettes, 75 ans, est devenu lundi la première victime du fiasco historique de l’équipe de France au Mondial en annonçant sa démission de la présidence de la Fédération française de football (FFF).
Jean-Pierre Escalettes ©Johann Hattingh/ EPA
La position de Jean-Pierre Escalettes (75 ans) é&tait devenue intenable depuis le retour en France d’une formation discréditée tant par ses résultats sportifs (élimination au premier tour) que par son attitude en dehors des terrains.
Les appels à la démission venus aussi bien de membres du gouvernement (la ministre des Sports Roselyne Bachelot) que de parlementaires ne pouvaient également que faire réfléchir un dirigeant, jugé, de source proche du dossier, très « abattu » par la tournure des évènements.
« Après un week-end de réflexion, durant lequel j’ai consulté mes collègues élus, mes collaborateurs et mes proches, je considère qu’il est de mon devoir de démissionner de ma fonction de président de la Fédération française de football », a ainsi expliqué Escalettes dans un communiqué, indiquant qu’il remettra sa « démission à l’issue du Conseil Fédéral du 2 juillet prochain. »
A son retour d’Afrique du Sud, Escalettes, fort du soutien du monde amateur dont il est issu, pensait pouvoir encore s’accrocher à son fauteuil, lui dont le mandat expirait en 2012. Juste après la défaite contre l’Afrique du Sud, il avait notamment affirmé qu’il « n’abandonnerait pas le navire ».
Mais, de source proche du dossier, le dirigeant, arrivé à la tête de la FFF en janvier 2005, s’était résolu à passer la main ce week-end devant la « tempête médiatique » dont il se disait victime.
Gestion calamiteuse
Escalettes a fait les frais de la gestion calamiteuse des Bleus durant le Mondial, avec comme point d’orgue l’exclusion de Nicolas Anelka après la révélation de ses insultes à l’encontre du sélectionneur Raymond Domenech, et la grève de l’entraînement, deux jours avant l’ultime rencontre du premier tour contre les Bafana Bafana.
La mutinerie des joueurs s’est apparentée à une véritable déclaration de guerre contre une FFF critiquée en France pour ne pas savoir tenir ses troupes.
Les ennuis pour Escalettes, artisan de l’assainissement des comptes de l’institution après le mandat de Claude Simonet, avaient en fait véritablement débuté après l’Euro-2008. Son soutien sans faille au sélectionneur Raymond Domenech et sa méfiance envers les anciens de l’équipe de France championne du monde en 1998, et notamment Didier Deschamps, l’auront mené à sa perte.
Roselyne Bachelot, tancée par la Fifa pour son « ingérence politique » dans la gestion de la FFF, s’est contentée de « prendre acte » de la démission d’Escalettes, tout comme sa Secrétaire d’Etat Rama Yade.
(D’après AFP et AP.)