
PAOLO LEONARDI
lundi 22 septembre 2008, 11:34
Même sils jouent peu ensemble, Olivier Rochus et Xavier Malisse ont prouvé quils avaient de beaux restes en double. © AP.
LAUSANNE
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
L'équipe belge de Coupe Davis s'est inclinée face à la Suisse et évoluera l'an prochain, deux ans après avoir réintégré le groupe mondial, en deuxième division (le groupe 1 de la zone Europe-Afrique). Voilà qui était attendu face à une formation qui alignait les nº 2 et 9 mondiaux. Ce qui l'était moins est le bon niveau d'ensemble affiché par les Belges. Si les Suisses se sont imposés, ils l'ont fait en souffrant et ont même, par moments, tremblé.
A ce sujet, on regrettera encore longtemps la défaite en cinq sets de Steve Darcis dans le match initial face à Stanislas Wawrinka. Car à 1-0 pour la Belgique, les choses auraient pu être différentes, d'autant que le double belge a prouvé qu'il avait du coffre. Mais à 24 ans, le Liégeois n'a vraiment pas grand-chose à se reprocher. Seuls lui manquent une condition physique pour tenir cinq manches ainsi qu'une meilleure expérience et une plus grande confiance en lui.
A ce sujet, Darcis n'a pas trop de soucis à se faire et doit être patient. L'expérience et la confiance viendront à mesure qu'il disputera les matchs de très haut niveau, comme celui face au nº2 suisse, qui était, ne l'oublions pas, son deuxième match à enjeu de Coupe Davis seulement.
Le cas des autres joueurs est différent. Tant Olivier Rochus que Kristof Vliegen et Xavier Malisse sont des joueurs incertains quant à leur avenir. Mais ils peuvent tous garder un espoir réel d'apporter encore de grands services à l'équipe nationale à condition de consentir les sacrifices nécessaires à un retour au premier plan.
Le premier va se faire opérer de l'épaule le 30 octobre. Son indisponibilité totale est estimée à 4 ou 5 semaines. Il devra y ajouter celles qui doivent lui servir à retrouver un niveau de jeu suffisant pour refaire son apparition en tournois. Ce ne sera pas simple pour un joueur déjà âgé de bientôt 28 ans, d'autant qu'il va bientôt sortir du top 100. Mais il dit avoir encore « l'envie de jouer et d'y aller à fond ».
A 26 ans, Vliegen, lui, ne désespère pas de retrouver un jour le niveau qui fut le sien en octobre 2006 lorsqu'il occupa la 30e place mondiale. Son classement actuel (92e à l'ATP) ne reflète pas sa réelle valeur car ses mains sont intactes. On a pu encore le vérifier pendant deux sets face à Roger Federer. Mais le talent, aujourd'hui, ne suffit plus pour afficher une constance semaine après semaine, un élément impératif pour que le classement remonte.
Le discours vaut également pour Malisse. Lui non plus n'est plus tout jeune (27 ans) et il doit faire un effort encore plus intense que Vliegen pour se souvenir du bon vieux temps (celui où il était 19e mondial, en août 2002). Même s'il n'est que 163e, ce garçon peut encore sortir des coups insensés. On l'a vu lors du double où il a été quasiment le seul sur le terrain, côté belge, pendant les deux premiers sets. Mais parce qu'il manque, lui aussi, de compétition au plus haut niveau, la confiance fait défaut.
Samedi, il a ainsi suffi d'une volée ratée sur la balle de deuxième set pour les Suisses (au terme du plus bel échange du week-end) pour voir le Flandrien lâcher prise. Olivier Rochus a eu beau monter à son tour en puissance, cela n'a pas suffi, d'autant que le gain de la deuxième manche (après avoir dû écarter dans le tie-break une balle de 2 sets à 0 pour les Belges !) a permis à Federer et à Wawrinka de se libérer et de hausser clairement, surtout au service, leur niveau de jeu. Point important : Malisse s'est déclaré prêt à jouer la Coupe Davis sur une base régulière à l'avenir. « Si je suis repris dans la sélection, je répondrai présent », dit-il ainsi.
Après cinq années passées à la barre de l'équipe, Julien Hoferlin n'hésite pas à clamer qu'il quitte le navire (par la faute d'Anglais trop peu partageurs) alors qu'il pouvait, et voulait, faire encore un bout de chemin avec ses joueurs. « J'ai l'impression qu'on me retire la sucette de la bouche, dit-il joliment malgré l'émotion qui lui donnait des trémolos dans la voix. Je dispose de la meilleure équipe belge de tous les temps précisément au moment où je dois m'en aller. Je suis très triste. »
Après les dissensions du passé, l'équipe belge apparaît aujourd'hui soudée et surtout homogène. Ses quatre joueurs peuvent évoluer aussi bien en simple qu'en double. Voilà un luxe important en Coupe Davis, que même une équipe comme la Suisse ne peut pas s'offrir.
Mais il reste du travail à fournir pour voir les Belges quitter l'antichambre de l'élite d'où il n'est jamais facile de sortir.
Elle connaîtra ce mardi ses adversaires pour 2009. « Elle peut remonter dans le groupe mondial sans problème », jure à ce sujet Hoferlin. S'agissait-il d'un souhait ou d'une véritable prédiction ? L'avenir le dira.
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