Kristof Vliegen retrouve de l'allant

PAOLO LEONARDI

mercredi 01 octobre 2008, 11:45

LE JOUEUR de Maaseik dispute les challengers comme celui de Mons pour remonter au classement. Avec succès.

Kristof Vliegen retrouve de l'allant

Kristof Vliegen est en train de revenir. © DIDIER MOSSIAT/belga.

Les résultats

Premier tour. Guccione (Aus) b. Ulihrach (Tch) 6-1, 6-4 ; Vanek (Tch) b. Rehnquist (Suè) 6-3, 6-4 ; Galvani (Ita) b. Fischer (Aut) 6-4, 6-2 ; Roger-Vasselin (Fra) b. Goffin 6-1, 6-3 ; Vliegen b. Giraldo (Col) 6-3, 6-7 (6), 6-3 ; Marray (G-B) b. Malisse 7-5, 6-3 ; Norman b. Bellucci (Bré) 6-4, 6-7 (1), 6-4.

A 26 ans, Kristof Vliegen ne peut plus trop se permettre de flâner en chemin. Jadis 30e mondial (son meilleur classement, en octobre 2006), le natif de Maaseik sait que le temps lui est compté. Pour tenter de remonter la pente, il ne dispute plus les tournois du Grand Prix mais a pris la tangente, participant aux tournois challengers comme celui de Mons.

Avec un succès certain. Répertorié en août au 126e rang mondial lors d'une saison qui semblait ne jamais vouloir démarrer, Vliegen est pointé depuis ce lundi à la 77e place, 18 places derrière Steve Darcis, et 14 devant Christophe Rochus.

Ce retour en grâce, il le doit notamment à sa victoire acquise dimanche à Grenoble où il a remporté son quatrième challenger de la saison (après Düsseldorf, Genève et Wroclaw). L'homme prend les points là où ils sont le moins difficile à obtenir. Une tactique indiscutablement payante.

Face au Colombien Santiago Giraldo, 140e à l'ATP, Vliegen a d'abord survolé le match avant de perdre le fil de son tennis et de ses idées dans une deuxième manche qu'il était pourtant en passe de gagner.

Plus de peur que de mal puisqu'il a fini par s'imposer par 6-3, 6-7 (6), 6-3.

« Les challengers, ce n'est pas toujours évident, résume-t-il avec sa gouaille habituelle. Mais j'ai choisi cette voie il y a deux mois parce que je voulais revenir dans le top 100 le plus vite possible. Savoir pourquoi on dispute ce genre d'épreuves moins cotées aide à garder le moral. A Vigo, par exemple, j'ai joué mon premier tour contre le barman (sic !). Véridique, le gars ne savait pas jouer au tennis et j'ai gagné 6-1, 6-0 en 40 minutes ! C'était d'autant plus ridicule qu'il n'y avait qu'un spectateur dans les tribunes (NDLR, son entraîneur) et un seul ramasseur de balles. Mais bon, j'étais qualifié et je pensais être reparti vers le succès. Tu parles ! J'ai été battu au tour suivant… » Contre toute attente, ce nouveau coup dur se révéla bénéfique puisque Vliegen décida dans la foulée d'aller jouer à Genève, un tournoi où il avait un bon « feeling » puisqu'il s'y était imposé en 2002, puis à Düsseldorf, une épreuve « merdique (re-sic !) ».

« Pour ne pas rester trop longtemps sur place, j'ai effectué deux allers-retours à Liège, notamment pour aller voir les Diables rouges », raconte-t-il encore.

Heureusement qu'à Mons, Vliegen s'est produit sur le central. Car sur le court annexe, le quasi retraité Dick Norman se souviendra de son expérience pour le moins rare. La mini-tempête qui a sévi mardi a obligé les organisateurs à interrompre le match alors qu'il servit pour le gain du premier set. La raison ? Une fuite d'eau dans le toit. Le jeu de Malisse a, lui aussi, souffert d'une fuite. Le Courtraisien s'est incliné face à Jonathan Marray, un Britannique classé 551e mondial.

Le tempo était trop élevé pour David Goffin

L'aventure de David Goffin a tourné court. Le Liégeois a été sèchement battu par Edouard Roger-Vasselin, un Français classé 187e mondial. Parce que le Belge se situe quelque 600 places derrière lui au classement ATP, sa défaite est logique. Comme pour Germain Gigounon la veille, l'une des pousses prometteuses du centre AFT quittera Mons avec une expérience supplémentaire à raconter à ses proches. « Ce fut chouette, dit-il ainsi. Jouer ici procure un surcroît de pression à un Belge mais c'est une bonne pression. Tout le staff de la Fédération était dans les tribunes pour me soutenir. » Récent vainqueur d'un 10.000 dollars en Grèce, Goffin, 18 ans en décembre, s'est hissé à la 750e place mondiale en à peine deux mois. Une performance qui lui permet de mieux cerner ce que pourrait être son avenir. « Mon rêve ?, s'étonne-t-il. Faire partie un jour du top 100, voire plus. Federer est mon modèle mais je crois qu'il l'est pour beaucoup de jeunes. J'aime aussi Hewitt et Agassi. C'est vers leur type de jeu que je dois me diriger car je prends moi aussi la balle très tôt après le rebond. » De constitution frêle, Goffin va devoir s'épaissir s'il veut rivaliser avec les gros frappeurs qui hantent le circuit, même si sa technique lui permet de combler en partie son manque de puissance.

« Avec Patrick Meur, on va insister sur ce point dès cet hiver, affirme-t-il. On a été freiné jusqu'ici à cause de ma croissance au cours de laquelle j'ai eu, notamment, des problèmes de genou quand j'ai commencé à grandir. J'ai pris 25 centimètres ces deux dernières années. La grosse différence entre un joueur comme Roger-Vasselin et ceux que j'ai affrontés en Grèce vient du fait qu'ils mettent plus de poids dans la balle et commettent moins de fautes. Les échanges vont plus vite aussi. »

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