Un pied trop lourd pour la planète

Le rapport « Planète vivante » du WWF montre que l'homme vit bien au-dessus des moyens de la Terre. Avec pour conséquences d'importants changements climatiques. Un dossier de CHRISTOPHE SCHOUNE

SCHOUNE,CHRISTOPHE

Nouveau cri d'alarme du rapport Planète vivante. Sale temps pour la planète. Le rapport Planète vivante, publié ce mardi par le World Wildlife Fund for nature (WWF), nous montre à nouveau que l'impact des activités humaines sur l'environnement ne s'améliore pas. Que du contraire, l'empreinte écologique de l'humanité a encore augmenté depuis deux ans. «  Les nouvelles ne sont pas bonnes, explique James Leape, directeur général du WWF international. Nous utilisons plus les ressources de la planète qu'elles ne peuvent se renouveler. Notre rapport 2006 indique que notre impact a triplé depuis 1961. A présent, l'empreinte écologique de l'humanité excède de 25 % la capacité du monde à se régénérer. »

En clair, l'homme vit au-dessus des moyens de la Terre. Et la Belgique n'a pas de quoi être très fière à ce niveau : notre pays est le treizième au hit-parade mondial de la plus forte empreinte écologique. Si chacun des 6 milliards d'êtres humains vivait comme à Bruxelles, plus de trois Terres seraient nécessaires pour combler ces besoins. De la même manière, il faudrait cinq planètes si l'humanité devait imiter le mode de vie américain. A l'opposé, certains pays très pauvres ont une empreinte inférieure à une planète (voire infographie ci-dessous). Selon les tableaux des experts de l'organisation non gouvernementale, seul Cuba posséderait un niveau de développement humain (niveau des soins de santé, d'éducation et de couverture sociale) acceptable pour la population et une empreinte écologique soutenable...

« Cela ne veut évidemment pas dire que la Belgique, demain, devra ressembler à Cuba, explique Geoffroy De Schutter, responsable de projet au WWF. L'intérêt majeur du calcul de l'empreinte réside dans la prise de conscience des consommateurs par rapport aux produits qu'ils décident d'acheter ou à la façon dont ils utilisent l'énergie. »

La consommation de cette énergie (essentiellement du pétrole, du gaz et du charbon...) représente la moitié de notre empreinte. Et elle est présente partout, cette énergie : pour nous chauffer, nous déplacer quotidiennement ou fabriquer le dernier lecteur portable à la mode. Des choix prioritaires importants en matière énergétique permettront donc de réduire cette empreinte afin d'atténuer l'importance des changements climatiques. Le réchauffement actuel est en effet dû à l'augmentation croissante des émissions de gaz liés à la combustion de l'énergie que l'homme relâche dans l'atmosphère. Mais ces choix d'aujourd'hui (production de voitures moins gourmandes, d'énergies renouvelables, produits bio...) ne porteront leurs fruits qu'à très long terme. Le rapport établit que si des changements importants sont décidés aujourd'hui afin de mieux protéger l'environnement, il faudra attendre 2080 pour que l'humanité et la Terre soient réconciliées.

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