Namur: le site Bister devient l’Impériale

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L’endroit est connu de tous les Namurois. Au début des années 1920, la famille Bister implantait dans le cœur de Jambes une entreprise dont la moutarde et le piccalilli ont conquis toutes les tables. La marque allait continuer de grandir en ces lieux jusqu’en 2013 où, décidément trop à l’étroit, Fabienne Bister, petite-fille du fondateur, déménageait avec machineries et personnel dans la zone d’activité économique d’Achêne (lire par ailleurs). Qu’importe, dans les esprits, Bister reste un fleuron jambois. Le projet de reconversion mené par Cobelba (groupe Besix) a mis du temps à accoucher. En partie parce qu’il a finalement intégré une seconde phase, sur un terrain en face, juste de l’autre côté de la rue de Dave. Ce mardi, le promoteur faisait le tour du chantier. La démolition est terminée, la reconstruction va être lancée.

«  C’est vrai que le dossier a pris du retard  », concède Nathalie Henry, directrice de la promotion immobilière chez Cobelba. «  En 2015, nous avions eu un premier permis pour la création de 20 logements, d’une salle polyvalente et de bureaux. Il se fait que ce sera une première phase. Une seconde concerne le terrain en face, il y aura 28 logements en tout. Nous nous inscrivons dans l’engagement logement proposé par la Ville de Namur. Quatre appartements sur le site Bister, et deux autres en face, seront gérés par l’agence immobilière sociale. La salle polyvalente sera un espace communautaire de 65 m2 à disposition des habitants pour accueillir ce qu’ils souhaitent : fête d’anniversaire, cours de yoga, formations ou autres. Nous avons dès le début du projet voulu que ce bâtiment participe à la vie du quartier  ». Il se veut aussi respectueux de l’histoire du site, et a d’ailleurs pris pour nom l’Impériale, le produit phare de la moutarderie dans son pot en forme de grenade. Outre la façade proprement dite, l’enseigne Bister sera conservée. Installée à Naninne, Cobelba est elle aussi très namuroise. Et l’on retrouve d’ailleurs des Bister dans les ancêtres des dirigeants actuels…

Pour l’échevine Stéphanie Scailquin, ce projet est l’exemple même «  d’un urbanisme moderne  », par son utilisation des volumes, son esprit de vie de partage, sa concertation, sa mixité sociale. Et aussi, en clin d’œil, pour une autre raison. L’ancien propriétaire, le promoteur, l’architecte, l’échevine : rien que des femmes. Et c’est vrai que c’est rare.

«C'est un projet fantastique»

Fabienne Bister, petite-fille du fondateur de l’entreprise, a quitté le site en 2013 pour Achêne.

Que ressentez-vous aujourd’hui ?

Pour être franche, lorsque nous nous sommes installés à Achêne, beaucoup de gens me demandaient si j’étais nostalgique. En fait, je ne l’étais pas, parce que les locaux étaient devenus totalement inadaptés à notre activité. Il était pour nous grand temps de partir. Les voisins voyaient aussi défiler plusieurs semi-remorques par jours. Le lancement du chantier a aussi été long, beaucoup pensaient que c’était à cause de nous alors que le site était vendu. Mais depuis que la démolition a commencé, que des membres du personnel me montrent des photos du chantier, j’ai une boule au ventre. Mais c’est pour un bien, le projet est fantastique.

Un acétificateur va être conservé ?

Visiblement oui. Celui-là a une capacité de 33.500 litres, en bois, rempli de copeaux de hêtre où l’alcool percolait pour se transformer en vinaigre. Il avait été commandé par mon grand-père dans les années 30, fonctionne toujours mais j’ai arrêté de l’utiliser dans les années 90. C’est une pièce de musée.

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