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La Galerie Daniel Templon rend hommage au sculpteur Anthony Caro

Parallèlement au Musée van Buuren, la Galerie Daniel Templon rend hommage au sculpteur anglais en exposant deux séries d’œuvres, dont certaines grandes compositions inédites

Temps de lecture: 3 min

En 2013, la Galerie Daniel Templon inaugurait son espace ixellois par une exposition consacrée au sculpteur Anthony Caro, peu de temps après son décès. Quatre ans plus tard, c’est en collaboration avec la Fondation Caro et le Musée van Buuren à Uccle, que Tessa de Caters, directrice de la galerie, expose cette fois un ensemble inédit de sculptures d’intérieur du maître.

Tandis qu’au van Buuren sont présentées quarante années de création, déployées dans les somptueux jardins qui entourent la maison-musée, la galerie a choisi de concentrer ses efforts autour de deux séries illustrant la diversité de son travail et son incroyable capacité à se renouveler. Les dernières œuvres de Caro – compositions monumentales (de 130.000 à 575.000 euros) qui expérimentent notamment le « perspex », une matière plastique transparente – sont ainsi mises en tension avec les petites Tables Pieces (de 30.000 à 100.000 euros) réunies dans l’autre partie de la galerie.

Anobli par la reine d’Angleterre en 1987, Sir Anthony Caro (1924-2013) étudie à la Saint Martin’s School of Art de Londres (où il sera par la suite longtemps professeur), puis commence son parcours en 1951 comme assistant de Henri Moore avant de renouveler les formes de la sculpture contemporaine par une conception radicale, faisant de ses compositions un art ouvert sur l’espace. Délaissant rapidement le classicisme d’un Moore pourtant déjà ancré dans la modernité, Caro rejette cette abstraction fondée sur l’héritage d’une figuration sublimée et s’attaque aux fondements mêmes de cet art. Abandonnant rapidement le plâtre et le bronze, il privilégie les matériaux industriels et de récupération – acier, fer, céramique et bois – et s’immerge dans l’art de l’assemblage, soudant les matériaux en laissant visibles leurs points d’ancrage, d’emboîtage et de soudure.

Instinct perfectionniste et logique imprévisible : voici comment son assistant de toujours, Patrick Cunningham, décrit l’attitude de celui qui a enlevé la sculpture de son socle et l’a détrônée de son piédestal pour l’immerger dans l’espace, dans une présence en face-à-face, tout en conservant son immatérialité et son aura. En 1996, lors de la grande rétrospective consacrée à la sculpture anglaise au Musée du Jeu de Paume, il déclare à Daniel Abadie : « J’ai réalisé que je n’avais rien à perdre en me débarrassant de l’Histoire. L’Amérique m’a permis de voir qu’il n’y avait ni barrières ni règles. »

Abstraction instinctive

Visuel et instinctif, Caro aimait dessiner et s’entourait d’amis architectes (il a notamment réalisé des œuvres pour le Millenium Bridge de Londres). Il confiait les aspects plus techniques de ses créations à Cunningham, rencontré voici cinquante ans quand celui-ci débutait comme ingénieur. « Il dessinait toujours d’après modèle, raconte Cunningham. Il n’a en quelque sorte jamais abandonné la figure, même s’il s’est tourné vers une forme d’abstraction radicale dès les années 1960, quand il a découvert les potentialités de l’acier aux Etats-Unis. »

Jouant de l’équilibre dans l’espace, les Tables Pieces témoignent de la capacité de l’artiste à transformer le vide et l’espace en matériau et moyen d’expression. Les Last Sculptures renvoient le spectateur à la richesse du répertoire de matériaux de Caro – bois, acier, bronze, perspex – ainsi qu’à l’usage passionnant qu’il fit de la peinture et de la couleur. Toutes renvoient aux innovations d’un artiste en quête d’une nouvelle définition de la sculpture : « La sculpture se situe à mi-chemin entre la peinture et l’architecture, surtout la sculpture abstraite. Elle est entre les deux. Il nous faut trouver ce lieu, dans l’entre-deux », déclarait l’artiste.

 

Anthony Caro. Table Pieces and Late Sculptures, jusqu’au 22 juillet, Galerie Daniel Templon, 13 A rue Veydt, 1060 Bruxelles, 02-537.13.17, du mardi au samedi de 11 à 18 h.

www.danieltemplon.com

 

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