Emmanuel Macron au «Soir»: «Voici la main que je tends à Donald Trump»

Emmanuel Macron nous a accordé un long entretien dans les jardins de l’Elysée. © JC Marmara.
Emmanuel Macron nous a accordé un long entretien dans les jardins de l’Elysée. © JC Marmara.

L ’Europe, ce n’est pas un supermarché, c’est un destin commun. » A la veille du sommet européen de Bruxelles, Emmanuel Macron a accordé une interview exclusive au Soir (la première depuis son élection) ainsi qu’à sept autres quotidiens internationaux (Le Figaro, The Guardian, El Pais, Suddeutsche Zeitung, Corriere della Serra, Le Temps et la Gazeta Wyborcza). Un entretien, accordé notamment à notre envoyée permanente à Paris Joëlle Meskens, très éloigné de la politique française et assumé comme tel alors que le nouveau pouvoir procède pourtant à un important remaniement ministériel pour combler le départ des ministres issus du Modem.

Au cours d’un entretien d’une heure et demie mardi dans les jardins de l’Elysée, le président Français a aussi évoqué les grands sujets internationaux. En Syrie, la France est prête à frapper seule s’il s’avérait que la ligne rouge de l’utilisation des armes chimiques était franchie. Mais Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar el-Assad un « préalable à tout ». Le président français tend par ailleurs la main au président américain pour revenir dans l’Accord de Paris sur le climat.

L’entretien complet : Syrie, immigration, populismes… le nouvel homme fort en France évoque tous les sujets

Après le Brexit et l’élection de Trump, votre élection donne-t-elle un coup d’arrêt aux populismes en Europe ? Le modèle Macron est-il exportable ailleurs ?

Je me méfie du terme populisme car il a plusieurs colorations. Beaucoup, à droite et à gauche, m’ont dit que j’étais populiste. Quand les partis sont fatigués, on s’étonne qu’on puisse parler au peuple! Si c’est ça être populiste, ce n’est pas un mal. Moi je ne crois pas dans la démagogie, qui consiste à flatter un peuple pour lui dire ce qu’il attend, lui parler de ses peurs. Je n’ai pas l’arrogance de penser que mon élection marque un coup d’arrêt. Les Français ont toujours été comme ça: au moment où on ne les attend pas, il y a un sursaut. La France n’est pas un pays qu’on réforme, c’est un pays qui se transforme, un pays de révolution. Donc aussi longtemps qu’il est possible de ne pas réformer, les Français ne le font pas. Là, ils ont vu qu’ils étaient au bord du précipice et ils ont réagi. Mon élection, comme la majorité obtenue à l’Assemblée, ne sont pas un coup d’arrêt: elles sont un début exigeant. Le début d’une renaissance française et je l’espère européenne. Une renaissance qui permettra de repenser les grands équilibres nationaux, européens, internationaux, de retrouver une ambition, une capacité à regarder les choses en face, à ne pas jouer sur les peurs mais à les transformer en énergie. (…)

Comment gérer le risque que représente Donald Trump ?

Donald Trump est d’abord celui qui a été élu par le peuple américain. La difficulté est qu’aujourd’hui, il n’a pas encore élaboré le cadre conceptuel de sa politique internationale. Sa politique peut donc être imprévisible et c’est pour le monde une source d’inconfort. Concernant la lutte contre le terrorisme, il porte la même volonté d’efficacité que la mienne. Je ne partage pas certains de ses choix, avant tout sur le climat. Mais j’espère qu’on pourra faire en sorte que les États-Unis réintègrent l’Accord de Paris. C’est la main que je tends à Donald Trump. Je souhaite qu’il change d’avis. Car tout est lié. On ne peut pas vouloir lutter efficacement contre le terrorisme et ne pas s’engager pour le climat.

L’entretien complet : Emmanuel Macron nous parle de la lutte contre l’EI, de la Russie...

 
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