Charleroi: «Notre objectif est de tendre vers la gratuité scolaire»

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L'échevine de l'Enseignement de Charleroi Julie Patte (PS) avait pris la succession de Serdar Kilic à la tête du département en juin 2016. © D.A.
L'échevine de l'Enseignement de Charleroi Julie Patte (PS) avait pris la succession de Serdar Kilic à la tête du département en juin 2016. © D.A. - D.A.

Gratuité des garderies scolaires, amélioration des infrastructures, augmentation du nombre d'écoles numériques: l'échevine de l'Enseignement de Charleroi Julie Patte (PS) dresse le bilan de sa première année d'action à la tête du département. Elle avait pris la succession de Serdar Kilic en juin 2016.

Julie Patte, quel est le bilan du projet de garderies gratuites?

Lancé en septembre dernier, il a permis de rencontrer un triple défi social: moins de dépenses à charge des familles, davantage d'enfants accueillis le matin, à midi et le soir et enfin, des créations d'emplois. Au premier septembre prochain, 156 nouvelles accueillantes auront rejoint le service. Les 917 contrats de travail qui seront alors signés en feront le premier en importance de la ville de Charleroi.

Cette mesure de gratuité ne se limite pas au réseau d'enseignement communal?

Non, elle est au service de tous les opérateurs. Cette année, cela a représenté 80 écoles fondamentales sur notre territoire (45 communales, 33 libres et deux athénées) qui accueillent chaque jour quelque 20.000 enfants. Il y en aura quatre de plus à la rentrée de septembre. Par rapport à l'an passé, le volume d'heures prestées a augmenté de mille par semaine. La fréquentation a triplé le mercredi après midi: on est passé de 1.618 à 4.360 enfants.

Quel impact sur les finances de la ville?

Au budget, la dépense a été estimée à 9,8 millions contre 8,3 en 2016, ce qui correspond à une hausse de près de 20%. Nous avons renoncé à la perception de la quote-part des parents qui avait généré une recette de près de 1,2 million en 2016. L'objectif de notre PO est de tendre vers la gratuité scolaire: de nombreuses fournitures sont offertes, nous participons aux frais de voyages et d'activités culturelles grâce aux crédits alloués à l'encadrement différencié (80% de nos écoles en bénéficient), sans oublier l'équipement numérique qui est notre défi actuel.

Combien d'écoles ont-elles le label « numérique »?

Il y en a actuellement neuf, mais 13 autres ont été retenues dans le cadre de l'appel à projets connectivité, dans lequel les investissements sont pris en charge à 100% par la Wallonie et la Fédération. Faites le compte: c'est une école sur deux. Et nous attendons encore les résultats d'une troisième sélection où 30 de nos directions se sont portées candidates. L'accès au numérique est un enjeu de société, il contribue à réduire les inégalités. Dans notre ville, c'est une priorité.

Les investissements en rénovation vont-ils se poursuivre?

Sous cette mandature, Charleroi a osé ce qui ne s'était plus fait depuis la fin des années 70: reconstruire des écoles. Après celles de l'Ouest à Lodelinsart et des Cerisiers à Marcinelle, nous allons nous attaquer à l'implantation vétuste de l'école Jacquin à Marchienne. Avec mon collègue en charge des Bâtiments Eric Goffart (CDH), nous avons budgété 9,4 millions d'investissements pour améliorer le confort: reconditionnements, extensions, modernisations. Une attention particulière sera aussi accordée à la sécurité aux abords des écoles. Depuis le printemps 2015, un staff de 20 ouvriers communaux est en outre dédié à toutes les réparations dans les 111 implantations de notre réseau d'enseignement...

Exercice d’attentat intrusion

Par Didier Albin

Des plans internes d’urgence (PIU) pour réduire les risques potentiels d’intrusion et d’attentats : « A la rentrée, toutes les écoles de notre réseau d’enseignement auront rempli cette obligation », assure Julie Patte. Selon les derniers chiffres communiqués au conseil communal, un établissement sur deux n’est toujours pas en ordre. « Chez nous, seuls 5 à 6 établissements n’ont pas encore élaboré leur PIU. Les retards se concentrent dans d’autres réseaux, selon elle. Dès le 23 novembre 2015, dix jours après les attentats terroristes de Paris, le chef de corps de la police avait écrit une première fois à tous les directeurs pour leur donner des consignes de sécurité : définir un programme d’évacuation interne, déterminer un point de rassemblement, mettre en place des mesures pour prévenir les intrusions, réduire les sorties autorisées d’élèves, alerter les secours, etc. Par la suite, deux autres courriers leur ont été adressés. Cela a permis de doubler le nombre de plans internes d’urgence, de 25 à 50 %. A la rentrée, nous diffuserons un guide des bonnes pratiques de sécurité, à partir d’un modèle élaboré en France. Ce sont souvent des choses très simples ou des mesures de bon sens qui ne coûtent rien. Il est aussi prévu d’organiser un exercice d’attentat intrusion : une première à Charleroi ! »

 
 
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