Verviers: le MR dénonce le financement déguisé d’un culte à l’ex-Chanteloup

La salle de Chanteloup à Stembert. © Nicolas Lambert.
La salle de Chanteloup à Stembert. © Nicolas Lambert. - Nicolas Lambert.

Alors que la bonne gouvernance et l’éthique sont de toutes les discussions politiques en ce moment, le conseiller communal Freddy Breuwer (MR) a interpellé le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), sur une question de ce type concernant l’ex-Chanteloup (La Tanière des Leûps) à Verviers. « Ce dossier est “borderline” et traduit la complaisance entre un certain monde politique et un certain monde associatif. Il est contestable à plusieurs égards  », estime en effet le réformateur.

L’interpellation concerne plus exactement la convention qui lie la Ville de Verviers à l’association des œuvres paroissiales de Stembert pour la rénovation de la Tanière des Leûps, passée lors du conseil communal de mai dernier. « Une convention qui s’apparente à un contrat léonin (déséquilibré, NDLR) entre les deux parties, en favorisant le propriétaire des lieux, à savoir les œuvres paroissiales », explique Freddy Breuwer. Elle prévoit en effet l’octroi d’une subvention de 86.000 euros pour des travaux de rénovation dans cette propriété privée. « C’est un sacré montant pour le peu de contrôle prévu et sans savoir quels types de travaux y seront entrepris. De plus, la contrepartie pour la Ville est ridicule. C’est vraiment un cadeau de la bourgmestre au CDH. » Le contrat prévoit que « le pouvoir dispensateur » pourra bénéficier de maximum 8 locations gratuites par an, en contrepartie de son intervention, alors que la convention est établie pour une durée de 18 mois. Autrement dit, maximum 12 locations à environ 7.000 euros ! Un contrôle est tout de même prévu sous la forme d’un comité d’accompagnement de la convention, composé paritairement par les deux parties.

La Ville justifie cette convention par un soutien aux « animations qui créent du lien social dans les quartiers et les villages, conformément à la déclaration de politique générale », peut-on lire dans le texte. Elle indique encore, conformément à une note approuvée par le Collège sur la Politique des grandes villes : « La ville souhaite que le monde associatif stembertois puisse bénéficier d’une salle capable d’accueillir ses manifestations ».

« Alors que Lutgen (président du CDH, NDLR) veut laver plus blanc que blanc, on est dans une dérive de gouvernance avec prédominance », maintient le réformateur. « Plus encore, on est dans du financement d’un culte de manière déguisée quand la Ville traite avec les œuvres paroissiales, représentées par un diacre. Le malaise est perceptible dans les rangs de la majorité, plus au niveau du PS. »

En pleine crise wallonne

Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour interpeller le ministre wallon Pierre-Yves Dermagne nous direz-vous, suite au débarquement du PS par le CDH à l’échelon régional. »

Je présume qu’il continue à travailler dans des matières comme celle-là. On ne peut pas se payer une absence de pouvoir dans toutes les affaires, et on est clairement dans le cadre de ses prérogatives  », commente Freddy Breuwer. À suivre donc.

 
 
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