Luxembourg: seul le MR a refusé l’invitation des Jeunes CSC

Cinq partis ont signé une charte que les Jeunes CSC Lux vont faire remonter au niveau wallon, pour faire entendre des voix qui crient dans le même sens. © J.-L. B.
Cinq partis ont signé une charte que les Jeunes CSC Lux vont faire remonter au niveau wallon, pour faire entendre des voix qui crient dans le même sens. © J.-L. B. - J.-L. B.

A Arlon ce mercredi matin, l’emploi des jeunes était au cœur d’un débat mettant en prise les Jeunes CSC et les différents partis politiques. Tous ont répondu présents, sauf le MR qui a décliné l’invitation. Il est vrai que la charte qui était proposée à la signature des partis pointe directement les mesures prises notamment par le gouvernement fédéral dont les libéraux font partie.

A noter que cette matinée d’actions n’était en rien liée à la crise politique actuelle et était programmée de longue date dans le cadre de la fin d’année scolaire et de la recherche d’emploi pour de nombreux jeunes. « On l’envisageait dans le cadre des élections de 2019, et on ne pensait pas que cette charte serait si importante à court terme, commente Bruno Antoine, président de la CSC wallonne. Vu l’actualité, cela nous motive et nous engage à court terme. Olivier Chastel est une vraie menace pour le monde du travail en Wallonie. On vous met en garde, vous qui allez signer ou pas les accords. Et cette charte ! » Le ton est donné !

« En Luxembourg, c’est un jeune sur deux qui n’ouvrira jamais son droit aux allocations d’insertion, disent les Jeunes CSC Luxembourg. Après la mesure de limitation dans le temps des allocations d’insertion, décidée en son temps par le gouvernement Di Rupo, l’accès aux allocations d’insertion a été rendu encore plus difficile par les mesures du gouvernement Michel. Pour avoir droit à des allocations d’insertion pendant trois ans, le jeune doit maintenant remplir des conditions d’accès plus strictes : il lui faut un diplôme équivalent au CESS (s’il n’a pas 21 ans) et il doit ouvrir son droit avant l’âge de 25 ans. Une mesure discriminatoire puisque le jeune n’aura pas droit à ce type d’allocations s’il rate une année scolaire et a suivi des études universitaires. »

Tous les représentants des partis présents (Bernard Moinet pour le CDH, Cécile Thibaut pour Ecolo, Norine Lottin pour le PTB, Mathieu Neerinck pour le PS et Jonathan Martin pour Défi) ont critiqué ce système jugé « méritocratique, discriminatoire. » « Des mesures qui favorisent surtout les jeunes qui travaillent bien à l’école, qui sont le plus souvent issus de milieux sociaux favorisés », dira Mathieu Neerinck. « Des mesures de promotion à l’insécurité, à la pauvreté, à l’inégalité et à la culture de la culpabilisation », note Bernard Moinet.

Jonathan Martin dénonce « des mesures linéaires qui ne tiennent pas compte des parcours personnels et qui s’inscrivent dans la lignée d’une société élitiste qui refuse tout droit à l’erreur. Défi a toujours préféré l’accompagnement à la politique de sanction. »

Cécile Thibaut voit « dans ces mesures assumées par le MR une correspondance avec le plein-emploi vécu en Flandre. C’est une opération de chiffres car les exclus vont au CPAS et le Fédéral se décharge sur les communes. Nous avons toujours défendu un plan tandem qui permet à des travailleurs plus âgés de lever le pied et d’accompagner un jeune en parallèle. Mais il faut accepter une réduction du temps de travail. »

La jeune représentante du PTB se dit choquée, car en fin d’études, la voilà elle aussi concernée directement par « ces mesures qui poussent les jeunes à trouver des jobs qui n’augmentent pas la qualité de vie des travailleurs. »

Berrnard Moinet qui dit avoir manifesté à l’époque contre les mesures Di Rupo salue aujourd’hui « la petite lueur d’optimisme du contrat d’insertion, une résolution initiée par Ecolo et rejointe par les partis en place au gouvernement wallon. Il y a là au moins une prise de conscience sur les dégâts provoqués par la réglementation. » Mais sur le terrain, les jeunes privés d’emploi trinquent. Et les CPAS aussi…

 
 
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