Accueil Opinions Chroniques

Il était une fois la Wallonie: faut-il être allergique au (g)lut(g)en?

La chronique de Vincent Engel.

Chronique - Chroniqueur Temps de lecture: 10 min

Qui disait que la politique belge était ennuyeuse ? Elle est passionnante comme une série sur la Mafia ou un Western des années 1960. On attend le scénariste qui saura développer douze saisons sur ce filon ; il devra juste prendre garde à ne pas confier l’écriture à Benoît Lutgen, s’il veut éviter de verser dans le ridicule.

François Gemenne s’était fait agonir d’injures par certains lorsqu’il avait osé comparer les partis francophones, pris dans la tourmente de l’affaire Publifin, à la mafia. Sur un point, la comparaison est fausse, certainement : s’il avait été vraiment dans la mafia, Lutgen soit n’aurait jamais osé ce qu’il a osé, soit il serait mort.

Pour le reste, on s’en rend compte de plus en plus, notre système de particratie, couplé au suffrage proportionnel, induit des comportements qui sont résolument proches de ceux de la mafia. Celle-ci, d’abord, a été fondée pour protéger « noi altri », les membres d’un groupe, d’un clan. C’est un nationalisme à petite échelle, au sein duquel chacun est protégé pour autant qu’il prête allégeance. Cohésion, loyauté, entraide ; des valeurs apparemment positives, mais qui, poussées à l’extrême, interdisent une autre valeur fondamentale : la liberté. Au sein des partis, la marge de liberté est extrêmement réduite, voire nulle ; il faut observer la « discipline » du parti, suivre sa ligne de conduite, respecter les consignes de vote. Et l’on s’étonne, en lisant Tacite, de voir que les fondateurs de la république romaine utilisaient un mot pour la désigner : libertas.

Les affaires en cascade, qui ont plongé profondément dans l’ignoble, sont dignes des comportements mafieux les plus sordides. Comme dans Les Sopranos, on se demande ce que l’on découvrira dans le prochain épisode, tant le fond semble avoir été atteint. Quel nouveau détournement, quel nouvel abus de pouvoir, quelle nouvelle fraude vont-ils imaginer pour « se servir » au lieu de « servir » la chose publique transformée en causa nostra ? On voit les Tony Soprano belges passer entre les gouttes, faire le gros dos, écarquiller grands leurs yeux en jurant que ce n’est vraiment pas bien, ce qu’ont fait ceux qui se sont fait prendre, et que vraiment il faut que cela finisse. Mais sans doute estiment-ils, en leur for intérieur, que la seule véritable erreur de ceux qui ont été dénoncés par la presse, c’est… d’avoir été dénoncés et démasqués.

Lutgen le repenti

Avec son coup de théâtre, le CDH apporte un nouveau cliché mafieux dans la série : le repenti qui cherche à négocier avec les flics pour sauver sa peau, en faisant tomber son boss – ou celui du capitaine qui va voir un autre boss pour faire alliance avec lui, en jouant sur le fait que, dans notre démocratie, il peut le faire au grand jour, au nez et à la barbe de celui qu’il trahit.

Parce que, comme on a pu le rappeler d’abondance depuis lundi, le CDH est loin d’être la blanche colombe perdue dans les écuries d’Augias. Si le PS est le premier responsable de la situation catastrophique dans laquelle il se trouve, il a bénéficié de complicités de longue date, en premier lieu celle du CDH (et du PSC avant). Le parti de Lutgen ressemble à une courtisane prête à tout pour rester en cour. Il oublie ses promesses de la veille, ses conduites, ses aveuglements, lorsqu’il réalise que sa survie est menacée. La presse n’a pas manqué d’analyser les raisons qui peuvent justifier la décision de Lutgen : la chute dans les sondages et la défaite assurée en 2019, les divergences croissantes avec les alliés socialistes plus occupés à sauver leur peau qu’à gérer les affaires… On a même entendu qu’ils ne pouvaient s’accorder avec une dérive d’extrême gauche du PS, qui chasserait sur les terres grandissantes du PTB – lequel parti suscite les peurs d’un autre siècle, celles du « péril rouge ». Ce qui est sûr, c’est que le PS tente, laborieusement, un retour à gauche après avoir justifié des politiques très libérales. Ce qui est sûr aussi, c’est que, dans sa conférence de presse, Lutgen a donné des gages politiques très libéraux et très écolos, mais pas du tout sociaux. Dans la cour où travaille le CDH, la gauche n’est plus à la mode…

Si l’on peut trouver des raisons politiques et stratégiques à cette décision, on peut quand même la trouver scandaleuse d’un point de vue moral. Je pensais que Manuel Valls avait le premier prix en fait de perfidie, de déloyauté et d’opportunisme politique, mais il s’est découvert un concurrent de première force en Lutgen. Au-delà de ce cas pathétique – et l’on peut supposer que les bénéfices de cette trahison ne seront pas ceux espérés par le traître et son clan –, c’est une fois encore toute la classe politique qui est salie. Bien sûr, les trois partis traditionnels doivent se réformer en profondeur et tous, absolument tous, sont impliqués dans des dossiers, des affaires, des dysfonctionnements. Mais ce qui sauve la virginité des autres partis n’est peut-être que leur absence à des niveaux de pouvoir importants sur de longues périodes. Car c’est là, le problème : le sentiment d’impunité qui se développe au gré des années, dans des partis qui finissent par considérer que la « chose publique » leur appartient – une fois encore, causa nostra.

N’oublions pas non plus que ce qui est aujourd’hui inacceptable, pour l’opinion, dans le monde politique, est une pratique courante dans celui des affaires et des entreprises – sans aller jusqu’à dire que c’est la règle commune et qu’il n’y a aucun entrepreneur honnête, évidemment. Là, personne ne trouve rien à redire ; « ce sont les affaires ». Et comme on l’a vu avec le kazakhgate, ce monde des affaires a souvent besoin du politique pour tourner et s’enrichir. Il y a une contamination constante du public par le privé, et il est sans doute illusoire d’espérer moraliser la « gouvernance politique » tant qu’elle sera imbriquée dans un univers dominé par la financiarisation à outrance, où la morale est plus une tare qu’une qualité.

Des gens bien

Il ne faut pas non plus oublier que, dans chaque parti, il y a des personnalités de grande qualité, des femmes et des hommes qui se dévouent pour le bien public et qui ne s’enrichissent pas sur le dos des pauvres. C’est une évidence qu’il faut rappeler, parce que le climat politique actuel conduit à l’amalgame et au poujadisme. Mais dans les « familles », dans les clans mafieux, il y a aussi des gens bien, des gens ordinaires qui se contentent de faire leur travail, qui essaient de survivre, qui ne se posent pas de question ou qui ne voient pas comment le système qui les fait vivre et les protège est pourri, violent et gangrené. Il faut énormément de lucidité pour anticiper les effets pervers d’un système, et beaucoup de courage, une fois ces dérives avérées, pour le quitter.

Mais ce n’est pas ce courage-là qu’a eu Lutgen. S’il avait orchestré la démission des ministres CDH, on aurait pu lui laisser le bénéfice du doute – même si la durée de la complicité avec le PS rend cette prise de conscience pour le moins suspecte et tardive. Le courage implique un sens des responsabilités ; Lutgen a eu l’audace d’un joueur de poker désespéré. Depuis quelques semaines, on le sentait qui ruminait la stupeur macronienne. Se prend-il pour un Macron belge, le Christ centriste venu ressusciter un parti moribond ? Ce serait bien ridicule… la culture politique belge s’accommode mal du culte de la personnalité qu’affectionnent les Français. Les figures politiques belges capables de réaliser, ne serait-ce qu’à l’échelle wallonne, ce que Macron a fait en France n’existent tout simplement pas. Est-ce un mal ? L’avenir le dira. Mais ce que Lutgen voudrait, c’est verser la Wallonie dans une politique libérale, de droite, ennemie du service public, avec un zeste d’écologie pour draguer les voix qui lui manquent.

Revenons-en aux personnes de qualité qui militent dans les partis et travaillent dans les cabinets et les administrations, qui siègent dans les assemblées ; faut-il leur laisser la main pour établir les nouvelles règles de la « bonne gouvernance » ? Je ne le crois pas. Une déontologie définie par ceux-là même qui devront la mettre en œuvre et en contrôler la bonne application ne peut pas être crédible.

Pour des comités de service public

Les seuls qui sont à même de définir ces règles sont les citoyens. J’évoquais déjà cette solution, il y a quelques semaines, dans une précédente chronique. Ne serait-il vraiment pas possible de mettre sur pied des « comités de service public », composés de citoyennes et citoyens tirés au sort pour des périodes courtes et non prolongeables ? Ces comités pourraient être pilotés par quelques experts (magistrats, professeurs, journalistes, etc.), lesquels n’auraient cependant pas le droit de vote pour les décisions. Pour chaque mission, une période d’information serait assurée, afin de permettre à chaque membre de ces comités de disposer des données nécessaires à des prises de décision rationnelles et visant au bien de la communauté, à l’abri des influences des différents lobbies.

Quelles seraient les missions de ces comités ? Dans un premier temps, comme l’Assemblée constituante définit la Constitution, ils définiraient les objectifs clés et le cadre déontologique des fonctions publiques majeures : les fonctions au sein de l’exécutif, du législatif et du judiciaire ; l’enseignement ; la culture ; le système carcéral ; l’énergie ; la protection sociale… La liste est longue. Ainsi, ces comités préciseraient, entre autres, les conditions financières du travail des mandataires politiques, la durée maximum durant laquelle ces mandats peuvent être exercés, les compétences requises, le code de déontologie, le nombre de mandats, les activités extérieures, l’obligation de transparence par rapport aux revenus, etc.

Ces propositions, une fois rédigées comme peut l’être une Constitution, seraient soumises d’abord au débat public, en recourant aux formes les plus classiques comme les plus modernes (autrement dit, du groupe de discussion « physique » au forum sur Internet), avant d’être soumises non pas au vote de l’assemblée, mais à un référendum, qui en l’occurrence serait justifié, puisqu’il aurait été précédé d’une longue élaboration et d’un débat au sein de la population appelée à choisir. Les résultats de ce référendum seraient, du coup, contraignants. Non seulement nulle assemblée n’aurait le droit de s’y opposer, mais elle devrait ensuite veiller à leur mise en œuvre effective.

La crise ouverte par la décision du CDH est peut-être une opportunité en or pour lancer un tel processus ; les citoyens ne font plus confiance au monde politique et même les propositions faites par Ecolo pour rétablir une bonne gouvernance se heurteront au marchandage des partis. Ce ne sont pas les partis qui fondent la démocratie, mais le rapport entre les citoyens et leurs représentants. Puisque ces derniers ne peuvent ou ne veulent plus assumer leurs engagements, puisqu’il n’est pas possible de retourner aux urnes, prenons les deux années qui viennent pour lancer ces assises de la démocratie.

En marche sans Macron

Au-delà de ces préliminaires, peut-être faudrait-il aussi rêver d’un mouvement qui rassemblerait ceux qui, dans les partis, ne veulent plus de cette logique de parti, avec des citoyens motivés, prêts à s’engager, pour un temps limité. Un mouvement « en marche » mais sans Macron, véritablement démocratique, pas guidé par des lobbies financiers et des grands groupes de presse. Cela semble impossible, tant les partis ont structuré la vie sociale et politique belge, façonné la manière de penser des citoyens.

Si les citoyens ne reprennent pas la main, que va-t-il se passer après le coup d’éclat de Lutgen ? Rien. Rien de fondamental. Des petits jeux qui vont noyer le poisson et permettront à tous de recommencer comme avant, comme si de rien n’était. On passera l’aspirateur mais on videra le sac sur le tapis de la pièce voisine. Pire, la logique ultralibérale continuera à étendre son empire, les services publics seront encore plus malmenés, le discrédit de la politique croîtra (mais oui, c’est possible…). Lutgen aura peut-être offert un sursis à son parti ; mais il aura jeté une fameuse pelletée de terre sur le cercueil de la démocratie, encore et toujours complice de ceux qui, au PS comme au MR, « se servent » au lieu de « servir », pour reprendre les termes qu’il a lui-même utilisés pour tenter de faire croire qu’il était un chevalier blanc – un jeu dangereux, comme devraient le lui rappeler ses collègues Fillon et Bayrou. À cause de lui, je ferai peut-être miennes les paroles de Brel : « quand les soirs d’orage / Des Chinois cultivés / Me demandent d’où je suis / Je réponds fatigué / Et les larmes aux dents / « Ik ben van Luxemburg ». Et tiens, tant qu’à faire, on aimerait lui interdire « D’espérer que jamais / à Londres » (ou n’importe où), on puisse le croire honnête.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

13 Commentaires

  • Posté par Deswaef Luc, samedi 24 juin 2017, 9:48

    Réponse brève à monsieur De Bilde : je ne reconnait en rien dans les titres de monsieur Engel un économiste ou autre spécialiste du monde du travail ,ce ne sont pas les idéologues ni les politiciens ni les journalistes qui réglerons le problème du chômage,nous verrons ce que le président Macron va réaliser avec des gens qui viennent de la société civile avec une réelle expérience du travail et de la pratique en lieu et place des théories et des idéologies. Avec 38 ans d'expérience comme dirigeant d'entreprise multinationale je peut vous assurer que j'en ai lu pas mal de sottises sur le monde de l'entreprise et de contre-vérités .Vous laisser sous-entendre que la morale est absente dès que l'on parle de finance vous faites donc partie de ceux qui estiment que la réussite financière est forcément immorale ,sachez que de la morale et de l'honnêteté je n'ai que ça durant toute ma vie je n'ai volé personne ce qui de toute évidence est pas le cas de certain politiciens.

  • Posté par De Bilde Jacques, samedi 24 juin 2017, 9:23

    L'idée de créer des comités de services publics mérite la réflexion. La proposition de Monsieur Engel me fait penser à une ancienne lecture d'un bouquin d'Alvin Toffler "La troisième vague" dans le chapitre consacré à la démocratie au XXIè siécle. J'y ai lu ceci : "Theodore Becker, professeur de droit et de sciences politiques à l'université d'Hawaii, pose la question suivante :Pourquoi des décisions aussi graves que celles qui ont trait à la vie et à la mort (d'un homme) peuvent elles être prises par des citoyens en tant que... jurés alors que d'autres, comme l'importance des crédits à allouer aux crèches et à la défense, sont réservées à leurs représentants? La peine de mort existe encore aux Etats-Unis, plus en Belgique, mais on pourrait, par assimilation, dire la même chose des cours d'assises. Elles se composent de trois magistrats professionnels, assistés par un jury de 12 citoyens désignés par tirage au sort. Il faut rappeler que les jurés sont amenés à juger des crimes graves et qu'il n'y a pas d'appel de la décision.

  • Posté par Monsieur Alain, samedi 24 juin 2017, 8:32

    Quant aux "personnes de qualité" présentes dans les différents partis sont-elles de simples "pots de fleurs" exhibés pour rappeler qu'ils ne sont pas "tous pourris". Ont-elles, tout simplement, un "coefficient de naïveté" + élevé que les autres ? Sont-elles + jeunes et/ou + inexpérimentées ? Sont-elles câblées différemment ? Sont-elles les exceptions dont on sait qu'elles confirment la règle ? A quels critères faut-il répondre pour mériter le titre de "personne de qualité" et est-il possible de nous en faire la "liste" ? Peut-on "redevenir" une "personne de qualité" ? Si oui à quelles conditions ? :-(((

  • Posté par Deswaef Luc, samedi 24 juin 2017, 0:12

    J'en ai assez de ces journalistes ou devrais je dire "journaleux " qui se permettent sans vergogne aucune d'exprimer leurs tendance politique de dénoncer tout ce qui ne va pas dans le monde politique et maintenant dans le monde du travail que l'on sache une fois pour toute que sans patrons ,sans profit, sans industrie personne n'a de travail et surement pas la presse et leurs journalistes non plus, tout ces gens bien pensants qui savent tellement mieux et qui sont tellement honnêtes on voudrait les voir à l'œuvre ,commentaires critiques, "enquêteurs " pour qui vous prenez vous, ral le bol de l'inquisition ,les donneurs de leçons sont bien les socialistes tous ont mis le doigt et puis le bras entier dans la confiture ,magnifique leçon de solidarité 'on montré les bourgmestres de Bruxelles et de Ans ,et on ose s'en prendre à Lutgen parce qu'il se désolidarise qu'il trahit et comparer cela avec la mafia c'est du délire pure . La mafia c'est publifin et compagnie et c'est quand même bien un montage socialiste. Je ne défends aucun parti ni le PS ni le cdh mais je critique vivement cet article et son auteur qui se prend pour ce qui n'est pas et ne seras jamais pas même un bon journaliste.

  • Posté par De Bilde Jacques, samedi 24 juin 2017, 8:48

    Vincent Engel n'est pas un journaleux. Il est romancier, dramaturge et essayiste. Il est également professeur de littérature à l'UCL et d'histoire des idées à l'Ihecs. Le journal « Le Soir » lui donne l’occasion de s’exprimer tous les 15 jours à travers une chronique. A la lecture de ses chroniques on peut supposer que ce n’est pas un homme de droite. Est-il par ailleurs interdit d’exprimer ses convictions idéologiques, philosophiques, politiques ou religieuses ? Vous estimez que comparez « tout cela à la mafia est du délire pur ». Mais il considère plutôt les comportements mafieux que la mafia elle-même. Nuance importante. Où avez-vous lu qu’il dénonce « tout ce qui ne va pas dans le monde du travail » ? Il dit ceci : « Il y a une contamination constante du public par le privé, et il est sans doute illusoire d’espérer moraliser la « gouvernance politique » tant qu’elle sera imbriquée dans un univers dominé par la financiarisation à outrance, où la morale est plus une tare qu’une qualité ». Vous croyez vraiment que ce n’est pas le cas ? Nous connaissons une privatisation des modes de gestion des services publics quand des pans entiers même de ces services sont privatisés. On m’a appris que les marchés financiers devaient être le reflet de l’activité économique. Or, il y a une déconnexion totale entre les deux. Savez-vous qu’il existe de algorithmes en informatique qui permettent en une milliseconde d’effectuer des transactions financières ? Je pense également qu’il y a une collusion évidente entre l’oligarchie politique et l’oligarchie économique. Et je ne fais pas partie de ceux qui estiment que tous les patrons sont de méchants capitalistes qui ne pensent qu’à exploiter leurs travailleurs. Je crois aussi qu’il faut faire la distinction entre le patron d’une PME et le CEO d’une multinationale. Enfin, par rapport au CDH, Monsieur Engel a parfaitement raison de prétendre que « Le parti de Lutgen ressemble à une courtisane prête à tout pour rester en cour ».

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Chroniques

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une