Les lauréats Brussels Best Exporters seront dévoilés ce 28 juin

© D.R.
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Essentiellement portée par le secteur des services, Bruxelles compte relativement peu de locomotives à l’export. A l’exception d’Audi Brussels, seul gros survivant de la désindustrialisation depuis les années 70, la Région bruxelloise compte essentiellement des PME parmi les quelque 4.000 exportateurs recensés par l’agence publique Brussels Invest & Export. On y trouve de véritables conquérants qui parviennent à s’imposer, malgré leur taille modeste, sur des marchés étrangers réputés difficiles d’accès.

Ces talents internationaux sont mis à l’honneur depuis 4 ans, lors de la remise des Brussels Best Exporters. Les lauréats – l’un dans la catégorie Services, l’autre dans la catégorie Biens – seront dévoilés ce mercredi 28 juin. Les six prétendants de cette édition illustrent une belle capacité d’innovation, autant sur des marchés traditionnels très bruxellois (bière ou biscuits) que dans des produits plus high-techs. Invitation au voyage ...

© Le Soir.
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Vers Paris

87seconds

Repérée en 2013 dans nos colonnes pour son service en ligne innovant de production de vidéos d’entreprise, 87seconds est devenu l’un des leaders en matière de production de (courtes) vidéos en Belgique. En matière d’internationalisation, la start-up a tiré les leçons d’une aventure qui a tourné court à Londres en 2014 – elle y gardera un bureau pendant 2 mois à peine. « Il faut une masse critique que nous n’avions pas pour conquérir un marché britannique très protectionniste », reconnaît le cofondateur Philip Swinnen. Mais cet apprentissage aura servi pour l’ouverture de bureaux à Paris, Lyon, Genève, Amsterdam et Madrid. Une majorité de son chiffre d’affaires est déjà générée à l’étranger.

La PME est particulièrement fière d’exporter son savoir-faire créatif en France, en dépit d’une rude concurrence, avec des références comme Total, Michelin ou SNCF-Voyages.

Vers Tokyo

Brussels Beer Project

Doit-on encore présenter cette brasserie qui bouscule les habitudes zythophiles au pays de la bière ? Les Bruxellois de l’année 2016 (section Economie) selon Le Soir ont su faire fructifier un capital sympathie – monétisé par un crowdfunding – pour partir à la conquête du monde. Surfant sur l’engouement pour les bières artisanales (craft beer), cette brasserie très participative a collaboré avec des pairs au Canada, au Brésil, au Royaume-Uni (avec le célèbre cuisinier Jamie Oliver), en Norvège ou au Japon. Elle vient d’ailleurs d’ouvrir son propre bar dans un quartier branché de Tokyo, comparable à celui de Bruxelles. D’autres devraient suivre dans d’autres pays. Olivier de Brauwere et Sébastien Morvan, les cofondateurs, parviennent à combiner à merveille leurs deux passions : la bière et le voyage.

Les bières surprenantes de Brussels Beer Project sont exportées vers une vingtaine de pays, ce qui représente environ 30 % des ventes. Environ 2.000 bières sont actuellement produites chaque jour dans la petite brasserie de l’avenue Dansaert. L’entreprise créée en 2013 réfléchit déjà à une deuxième brasserie. A Bruxelles ?

 

Vers le Ghana

SatADSL

L’entreprise télécom créée en 2011 apporte la connectivité dans les coins les plus reculés d’Afrique. Elle y réalise 90% de son chiffre d’affaires, en y vendant des solutions de communication par satellite, en collaboration avec des opérateurs locaux. Sa technologie, développée avec le support de l’Agence spatiale européenne (ESA) est un des éléments clés d’un projet d’éducation à distance au Ghana. Les applications développées par SatADSL permettent de former par e-learning et vidéoconférence des professeurs en pleine campagne, qui ne disposent sinon d’aucune connexion internet fiable. Une quarantaine d’écoles en bénéficient.

SatADSL est également fort utilisée par des entreprises de microfinance, des ONG ou des radios rurales. La PME bruxelloise, qui emploie 17 personnes, espère s’appuyer sur des relais à la BBC pour étendre son réseau en Amérique du Sud et en Asie.

L’entreprise a levé 1 million d’euros en 2013 auprès d’une holding d’investissement familial liée au groupe automobile D’Ieteren.

 

Vers Corée, Pologne et Australie

ERTMS

« Désolé, nous sommes actifs dans un domaine beaucoup moins sexy que la bière ou les biscuits », plaisante le CEO Stanislas Pinte. ERTMS Solutions est étroitement liée à l’acronyme qui constitue son nom : European Railways Traffic Management System. Il s’agit d’un standard de contrôle du trafic ferroviaire qui doit remplacer à terme la mosaïque des systèmes nationaux et régionaux. En d’autres termes, ERTMS développe des produits logiciels et électroniques qui vise à optimiser la sécurité de la signalisation ferroviaire. Mais aussi sa rentabilité : « Les sociétés de chemins de fer dépensent des fortunes en informatique pour tenter de connecter des systèmes hétéroclites. »

Le business de cette PME hyperspécialisée de 19 employés est forcément mondial. La technologie est applicable partout, sauf aux Etats-Unis. Après 15 ans de tâtonnements, ERTMS commence à récolter les fruits de la lente construction d’un réseau de partenaires à travers le monde, de la Pologne à l’Australie, en passant par la Corée.

Mais le plus gros marché actuel est la France, où l’entreprise a automatisé la presque totalité des systèmes de vérification des voies.

 

Vers le Canada

Optimy

Les multinationales ont une longue tradition de sponsoring et de mécénat qu’elles souhaitent entretenir, mais en gagnant en efficacité et cohérence. L’époque où le sponsoring dépendait uniquement des penchants personnels du patron touche lentement à sa fin. Optimy développe depuis 2011 une solution logicielle qui permet aux grandes entreprises de mieux gérer leurs projets de sponsoring et mécénat, souvent de façon transnationale. Employant environ 50personnes de 14 nationalités différentes, Optimy gère sa présence dans 21pays virtuellement, depuis Bruxelles.

L’entreprise a réussi la prouesse de grandir sur fonds propres. Elle compte quelque 200 clients, principalement en Europe, mais aussi en Australie, au Japon ou au Canada. L’une de ses plus belles références est Volkswagen Canada.

 

Vers Madrid

Generous

La marque de biscuits bio et sans gluten est née en 2012 de la rencontre de deux couples de trentenaires. Christophe Harou, après un début de carrière dans de grands groupes comme Danone, Bacardi et AB Inbev, apporte son flair en business. Son épouse graphiste apporte la touche créative à des emballages qui racontent une histoire : Sylvain Speculoos, Victor Vanille, Colette Coco, etc. L’autre couple est composé d’Aurélie Gribomont et de son conjoint, qui après un parcours divers (Aurélie était chercheuse en manuscrits byzantins ...), ont connu un certain succès avec leur salon de thé Arrière Cuisine, à deux pas de la Grand-Place.

Outre les cofondateurs, Generous emploie désormais 5 personnes dans sa biscuiterie d’Anderlecht. L’export représente environ 50 % du chiffre d’affaires, vers la plupart des pays d’Europe.

La PME est particulièrement fière d’avoir réussi à convaincre la chaîne espagnole El Corte Inglés, via son département Club del Gourmet.

S’il lui arrive de répondre à des marques d’intérêt à la grande exportation (au Japon notamment), Generous préfère rester centrée sur l’Europe pour des questions de coûts. « C’est juste une question de priorité. Il y a encore un tel potentiel dans les pays voisins », explique Christophe Harou.

Côté belge, Generous devrait continuer de nous étonner, à travers une collaboration avec Pairi Daiza ...

 
 
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