Le Musée d’Ixelles sera réinventé

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Le projet de rénovation englobe la transformation de la zone d’entrée, du jardin mais aussi la construction d’un hall d’accueil assorti d’un bar et d’une boutique. © B-Architecten.
Le projet de rénovation englobe la transformation de la zone d’entrée, du jardin mais aussi la construction d’un hall d’accueil assorti d’un bar et d’une boutique. © B-Architecten. - B-Architecten

Rien de tel qu’une visite in situ pour comprendre l’impact du plan de rénovation imaginé par la commune en vue de réinventer le Musée d’Ixelles. Qui a pourtant déjà fait l’objet d’importants investissements en 2014. « Il s’agissait à l’époque de remplacer les installations de chauffage et de ventilation pour obtenir une hydrométrie satisfaisante, rappelle Romain De Reusme (PS), l’échevin ixellois des Travaux publics. Nous nous attaquons aujourd’hui à une refonte architecturale. »

Puits de lumière

Avec un mot d’ordre : ouvrir un peu plus l’institution sur le périmètre voisin. Un plus nécessaire lorsque l’on voit aujourd’hui les grandes et peu amènes grilles qui ceignent le bâtiment principal. Première étape du renouveau : le jardin qui jouxte l’entrée. « Aujourd’hui, le cadre n’invite pas les visiteurs et les passants à s’engager dans le musée. Il sera revu de fond en comble pour accueillir plus qu’actuellement sculptures et expositions extérieures afin de créer un lien culturel avec le quartier, poursuit Romain De Reusme. Nous voulons changer cette porte d’entrée pour la rendre plus accessible, même si un gamin du quartier m’a dit qu’il ne fallait surtout pas enlever la vache », rigole-t-il en se baladant à la recherche de l’œuvre précitée qu’il finit par repérer, à l’arrière, entourée d’herbes hautes.

Les grilles seront sérieusement rabotées afin d’ouvrir le site et de guider les gens vers l’entrée qui sera elle-même entièrement revisitée. Exit les petites portes, place à une gigantesque baie en verre. « L’idée est de créer un couloir vitré qui sera ouvert sur l’extérieur tout en permettant une division fonctionnelle entre les différents espaces intérieurs, notamment pour séparer les salles d’exposition temporaires des permanentes. Ce sera donc mieux structuré et plus lisible tout en invitant les gens à la rencontre. Aujourd’hui, dès qu’on organise un vernissage, c’est rapidement le cafouillage ».

Autre pièce marquante du dispositif, la création d’un hall monumental. « Muni d’un puits de lumière, il sera créé dans une zone actuellement occupée par des gaines techniques et par un ascenseur ». Là encore, la visibilité sera maximale puisque cette section sera bâtie le long de la façade donnant sur la rue Van Volxem. Ce sera à la fois un lieu de rencontre et un emplacement digne de ce nom pour abriter un bar et une boutique, autres points forts de la rénovation. On aura également une vue directe sur la galerie qui surplombe la salle principale, J.P. Morgan qui a, elle, été rénovée en 1994. Et là, encore il y a du bonus puisque le deuxième étage de la galerie sera lui aussi ouvert au public. « Il est aujourd’hui fermé faute d’accessibilité suffisante, on pourra y exposer des œuvres comme c’est le cas au premier étage, on gagne donc pas mal d’espace ».

Un bâtiment racheté

Le dernier aménagement et non des moindres concerne non pas le musée lui-même mais l’immeuble qui le jouxte soit l’ancienne gendarmerie située au 75 rue Van Volxem. Il a été acquis par la commune via le Fonds Aline Bara. « C’est en fait au départ de ce bâtiment que le projet s’organise, il va être relié au musée, ce qui va nous permettre d’y créer des espaces de stockage, des bureaux nécessaires au bon fonctionnement du musée mais aussi et surtout de vrais espaces pédagogiques. Nous pourrons donc encore développer les activités avec les enfants qui auront donc un espace qui leur sera entièrement dévolu. Ce bâtiment dispose également d’un jardin qui sera accessible au public et qui permettra de poursuivre certaines expositions de sculptures par exemple ».

Une rénovation d’une telle ampleur implique bien sûr un sérieux impact sur le fonctionnement du musée qui sera fermé au public durant deux longues années. « Le musée fermera ses portes dès janvier ou février prochains afin de permettre aux équipes de faire un travail d’archivage et de tri dans les collections tout en organisant le début du chantier qui est prévu en mai 2018 ».

Le montant du chantier est estimé à près de 2 millions d’euros, à charge de la commune d’Ixelles qui investira une partie des subsides émanant du Fonds régional bruxellois de refinancement des trésoreries communales.

L’étude a été confiée à B-Architecten qui a réalisé les premières esquisses. Reste à mettre la main sur l’entrepreneur qui réalisera l’ensemble des travaux. « Le cahier des charges est terminé, il a été approuvé par le conseil communal et le marché est lancé », conclut Romain De Reusme.

Yves de Jonghe d’Ardoye (MR): «Dix ans qu’on en parle»

Par Patrice Leprince

© Pierre-Yves Thienpont.

En charge de la Culture, l’échevin ixellois Yves de Jonghe d’Ardoye (MR) ne cache pas son enthousiasme. C’est que le projet de réaménagement du musée, il en rêvait depuis longtemps. « Cela fait dix ans qu’on en parle et que l’on remet le projet pour des raisons budgétaires. Dans le temps, je poussais régulièrement des gueulantes quand je voyais qu’on envoyait des enfants à Walibi ou à la mer, je trouvais triste qu’ils ne viennent pas au musée. Depuis dix ans, nous avons beaucoup investi dans le service éducatif avec des cours d’initiation à l’art. Dans les nouveaux bâtiments une importante superficie sera réservée à l’éducatif et je m’en réjouis. » Même topo pour la création d’un espace horeca et d’une boutique. « Les musées du monde entier en sont équipés et font de grosses recettes grâce à cela. On sait qu’une personne sur deux qui fréquentent un musée achète un crayon, une tasse ou un dessin en guise de souvenir. »

D’autant que la fréquentation du lieu n’a cessé d’augmenter, grâce notamment au dynamisme de la conservatrice (Claire Leblanc) pointe l’échevin . « Nous sommes passés de 30.000 visiteurs il y a dix ans à 90.000 aujourd’hui. »

Longtemps repoussée, la rénovation a cette fois été rendue possible grâce à des soutiens extérieurs comme celui de la veuve de l’ancien bourgmestre d’Ixelles, Albert De Muyter. « Lorsqu’elle est décédée l’année dernière, elle nous a laissé 500.000 euros pour faire des travaux au musée. » Avis aux amateurs : « Nous sommes encore à la recherche de gens qui souhaiteraient faire du sponsoring culturel et si certaines entreprises ixelloises veulent nous aider, nous sommes demandeurs. »

Reste que la fermeture du musée, durant deux ans, constitue un frein au rayonnement du site. La commune réfléchit donc à la possibilité de faire vivre les œuvres de l’institution en les faisant voyager dans différents lieux culturels ixellois. « Dans un premier temps, nous allons surtout profiter de l’occasion pour faire l’inventaire, notamment des œuvres qui se baladent en dehors du musée puisque nous en prêtons beaucoup à des ministères ou à des ambassades de Belgique à l’étranger, ce qui participe à la renommée du musée. »

Pour la suite, le libéral confirme qu’un programme est à l’étude pour faire sortir les collections du musée durant sa fermeture. « Nous planchons sur les choses que nous souhaiterions faire en dehors du musée mais je ne pourrai pas en parler plus avant d’avoir la certitude d’obtenir les autorisations nécessaires et d’avoir analysé les budgets. »

 
 
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