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Birmanie: le gouvernement justifie l’arrestation de trois journalistes

Pour Steven Butler, coordinateur du Comité pour la protection des journalistes en Asie, ces arrestations sont un «affront à la démocratie».

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Le gouvernement civil birman, dirigé par l’ancienne opposante à la hunte Aung San Suu Kyi, a justifié mercredi la détention de trois journalistes arrêtés lundi après un reportage auprès d’un groupe armé rebelle dans l’est du pays.

Les trois journalistes ont été arrêtés alors qu’ils rentraient d’une opération antidrogue organisée par l’Armée nationale ta’ang de libération (TNLA), un groupe armé ethnique de l’Etat Shan (est), au cours de laquelle plusieurs tonnes de stupéfiants avaient été brûlées en public dans le cadre de la journée mondiale contre le narcotrafic organisée par l’ONU.

«C’est confirmé. Ils ont enfreint une loi pour rencontrer des groupes ethniques», a déclaré Win Htein, l’un des porte-parole du gouvernement et ancien prisonnier politique.

Les trois reporters ont été arrêtés en vertu de la «loi sur les associations illégales», adoptée par la junte militaire birmane pendant son demi-siècle au pouvoir pour réduire au silence toute dissidence. Cette loi rend passible de trois ans de prison le simple fait d’entrer en contact avec un groupe rebelle.

Pour Win Htein, le gouvernement «doit prendre des mesures» contre les journalistes.

Les poursuites contre les médias critiques se sont multipliées en Birmanie ces derniers mois, malgré l’arrivée au pouvoir il y a un peu plus d’un an du parti de l’ancienne opposante Aung San Suu Kyi après des décennies de dictature militaire.

Les trois journalistes travaillent pour le site internet The Irrawaddy et l’organisation de radio et télévision Democratic Voice of Burma (DVB), deux médias qui ont défié la junte pendant des années en publiant des informations indépendantes depuis l’étranger.

Pour Steven Butler, coordinateur du Comité pour la protection des journalistes en Asie, ces arrestations sont un «affront à la démocratie».

L’Association des journalistes birmans a pour sa part appelé à «des mesures rapides» pour que les trois reporters soient libérés.

 

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