Allemagne : le vote sur la légalisation du mariage gay provoque une crise gouvernementale

© Reporters/DPA
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La légalisation du mariage homosexuel en Allemagne se précipite avec un feu vert des députés attendu dès vendredi mais elle provoque au passage une crise au sein de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel.

Les députés allemands ont ouvert la voie mercredi à un vote ce jour-là au Bundestag, juste avant la pause estivale, en décidant en commission de le présenter à l’ordre du jour. L’inscription formelle à l’ordre du jour ne sera prise que vendredi matin en séance plénière mais cela ne devrait être qu’une formalité car les partisans du mariage pour tous sont majoritaires à la chambre basse du Parlement allemand.

Jusque-là, Merkel s’y opposait

Angela Merkel a été prise de vitesse après avoir abandonné lundi son opposition de principe à l’union des personnes de même sexe et autorisé ses élus à voter librement, «en conscience», sur la question.

Par cette volte-face, elle entendait à la fois priver ses rivaux de gauche d’un thème porteur durant la campagne et se débarrasser d’un sujet de plus en plus encombrant pour elle : 73% des Allemands sont favorables au mariage pour tous, selon un récent sondage de la chaîne ZDF, et ses potentiels partenaires de coalition après les législatives font tous d’une légalisation une condition de leur participation.

Un vote à l’issue probablement positive

Mais Angela Merkel avait en tête un vote seulement lors de la prochaine législature, le temps pour son parti très divisé de mener un débat. Problème : le parti social-démocrate, à la traîne dans les sondages, y a vu une occasion de reprendre la main et de bousculer Angela Merkel en lui imposant un vote sans tarder.

Un vote qui, en l’état des rapports de force au Bundestag ne peut être que positif pour le mariage entre personnes de mêmes sexe : les conservateurs y sont minoritaires face aux trois partis de gauche, tous favorables au mariage pour tous. En précipitant les choses, les sociaux-démocrates actent de facto le divorce de la coalition qu’ils forment avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Et ce trois mois avant les élections législatives où Angela Merkel briguera un quatrième mandat.

 
 
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