Les Tchèques autorisés à tirer en cas d’attaque terroriste

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Les députés tchèques ont approuvé mercredi un amendement constitutionnel autorisant les détenteurs légaux d’armes à feu à en faire usage pour défendre la sécurité du pays, par exemple en cas d’attaque terroriste.

Ce texte va à l’encontre d’une récente directive européenne, mal accueillie à Prague, qui vise à renforcer le contrôle des armes à feu.

Soumis par un groupe de députés de la majorité et de l’opposition, le projet a obtenu le soutien de 139 des 168 élus présents.

«Cet amendement (...) va intégrer les citoyens dans un cadre plus large des efforts visant à assurer la sécurité de la République tchèque», s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Milan Chovanec.

Pour entrer définitivement en vigueur, le texte doit encore être approuvé par le Sénat et entériné par le président Milos Zeman.

«Ni personne, ni les institutions supranationales et intergouvernementales, n’ont le droit de dicter à un Etat souverain et démocratique comment assurer sa défense et sa sécurité», a affirmé une co-auteure du texte, Jana Cernochova, du parti d’opposition de droite ODS.

Votée à la mi-mars par le Parlement européen, la directive renforce la réglementation sur la détention légale des armes à feu, interdisant notamment aux civils certaines armes semi-automatiques.

La République tchèque a alors figuré parmi les pays poussant à ce que les règles ne soient pas trop durcies, tandis que d’autres, comme le Luxembourg et la France, auraient souhaité une législation plus restrictive.

«Nous ne voulons pas désarmer nos citoyens au moment où la situation en Europe empire en matière de sécurité», a affirmé M. Chovanec mercredi devant les députés.

«Montrez-moi une seule attaque terroriste en Europe perpétrée par une arme légalement détenue», a insisté le ministre, qui avait annoncé plus tôt ce mois-ci que Prague allait prochainement déposer une plainte auprès de la Cour de Justice de l’UE contre ces nouvelles règles européennes.

La directive avait provoqué un tollé surtout parmi les chasseurs, les tireurs sportifs et les collectionneurs. Selon M. Chovanec elle frapperait «pratiquement tous les 300.000 détenteurs légaux d’armes» en République tchèque.

 
 
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