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Bruxelles: de passage à la Centrale feux

Neuf personnes dont trois ingénieurs composent la Cellule feux. Leur job : imaginer les scénarios que devront appliquer les automates pour fluidier la circulation. Nous les avons suivis.

Journaliste service Bruxelles Temps de lecture: 5 min

N e vous attendez pas à un décor spectaculaire, tout se gère depuis un ordinateur ».

De fait, c’est dans un petit bureau perché sur les hauteurs de la gare du Nord que Bruxelles Mobilité nous donne rendez-vous pour découvrir les coulisses de la Centrale feux et tenter de mieux comprendre la gestion et l’entretien de ces arbitres tricolores qui donnent bien souvent le LA au cœur de l’épineux trafic bruxellois. Et qui sont aussi susceptibles d’agacer l’usager lorsqu’ils tombent en rade comme c’était encore le cas ce mercredi du côté de la chaussée de Wavre.

Nos guides du jour sont ingénieurs qui, prudence étant mère de sûreté, préfèrent rester discrets quant à leur identité. « On a beau faire le maximum, il y a toujours des mécontents ». Va donc pour Tine et Nicolas qui avec leurs sept collègues dont deux détachés par la Stib composent cette cellule rattachée au département gestion et entretien des voiries. « L’ordinateur central est installé chez Mobiris (le centre de trafic de Bruxelles Mobilité) mais via cet écran, nous avons accès à l’ensemble des données », explique Tine.

Contrôleurs de trafic

Face à elle, une kyrielle d’icônes représentant les feux mais aussi les zones de travaux, le tout disséminé sur le territoire bruxellois. A 14 heures, ce mardi, tout semble sous contrôle même si une alerte indique une ampoule à vérifier. « Vous pouvez apercevoir l’ensemble des feux reliés à la centrale. Aujourd’hui, l’ensemble des 500 carrefours régionaux à feux sont équipés d’un contrôleur de trafic ». Soit les boîtes blanches situées en voirie. Il s’agit en fait d’automates chargés d’activer les interrupteurs électroniques qui commandent l’allumage et l’extinction des feux en fonction des différents scénarios programmés par les ingénieurs de la Centrale. Tous ces appareils ne sont pas forgés du même métal, certains modèles étant plus anciens, ils n’affichent pas les mêmes performances.

Aujourd’hui, 80 carrefours régionaux sont équipés des appareillages les plus récents, un total qui augmente au rythme de cinquante unités par an. « Tous les carrefours ne doivent pas être télégérés et fonctionnent très bien avec la seule programmation, affirment Tine et Nicolas. Nous mettons la priorité sur les grands axes comme Charles Quint, Belliard ou encore la Petite ceinture qui sera équipée lors des travaux de rénovation déjà annoncés ». A l’agenda aussi, le parcours du tram 9 (Jette), le boulevard de la Woluwe ou encore l’avenue du Parc Royal (Laeken) et l’avenue Buyl (Ixelles) ou encore la Porte de Ninove, tous en phase de réaménagement.

Une centaine de contrôleurs de trafic ancienne génération vont en outre faire l’objet d’une mise à niveau. « On commence dès le 6 juillet avec une première installation place Saint-Josse. Grâce à la mise à jour, une série de carrefours aujourd’hui en coordination locale seront reliés, d’un coup, à la centrale. Nous espérons que le test sera concluant ».

De manière générale, les contrôleurs dernier cri permettent d’élargir la zone d’intervention et de multiplier les interactions. « Par exemple du côté de l’avenue d’Auderghem, nous avons profité du chantier pour changer les contrôleurs de trafic et une quinzaine de programmes ont été injectés pour améliorer la gestion des entrées et sorties de ville ou tout en introduisant la priorité donnée au bus. On peut également donner des priorités, faible moyenne ou haute pour les perpendiculaires ».

Des capteurs à même le feu

Par défaut, le choix s’effectue en fonction des moments de la journée. Mais, et c’est tout l’intérêt des nouveaux modèles, également en fonction du trafic en temps réel, des capteurs étant installés à même le feu. Ceux-ci ne permettent toutefois pas de mesurer toute la densité du trafic comme c’est le cas par contre sur d’autres grands axes comme du côté de la rue Belliard où des boucles magnétiques installées sur la voirie permettent d’affiner les données, ce qui a notamment permis aux experts de constater que l’heure de pointe rue Belliard (depuis la Petite ceinture) démarre dès 6 heures du matin. « Avenue d’Auderghem, nous n’avons pas installé de boucles magnétiques car le projet portait surtout sur la priorité à accorder aux bus ». Pour peaufiner leur programmation, les ingénieurs disposent aussi des données fournies par les caméras ou encore par les opérateurs mobiles. « Le croisement de toutes ces données nous permet aussi de faire des simulations comme on l’a fait dernièrement avant la fermeture du tunnel de la Porte de Hal », développe Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité

Pris en compte également, les embarras dits prévisibles. « Comme du côté de la place Jourdan qui sera fermée dans quelques mois, des modifications des feux sont prévues pour les carrefours situés à proximité. Les plans sont là et nous pouvons les activer d’ici, poursuit Tine. Mais je ne vais pas le faire maintenant hein », sourit-elle. La pression est donc bel et bien de la partie. « Lorsqu’une rue est bloquée pour travaux par exemple, nous pouvons mettre les feux à l’orange clignotant mais tout cela ne se fait qu’en concertation avec la police au sein de la Commission de concertation de chantiers ».

Les scénarios préenregistrés permettent déjà de régler pas mal de problèmes, comme du côté des tunnels par exemple où le système gère quasiment automatiquement les fermetures et ouvertures des entrées et sorties en fonction des flux. « Une information comme la fermeture de telle sortie du tunnel Léopold II entraîne automatiquement la modification des phases à tel ou tel carrefour ».

Le facteur humain restera, lui, toujours indispensable, notamment pour prendre soin de l’infrastructure elle-même. En cas de panne, le contrôleur alerte automatiquement la centrale qui peut vérifier l’avarie à distance et dépêcher les « secours ». Mobiris prend alors le relais et envoie des équipes sur le terrain. Avec des délais d’intervention précis en fonction des problèmes relevés, indique Camille Thiry. Et la palette est large, du panneau arraché par un camion à l’ampoule défectueuse en passant… par des rats qui ont dévoré du câblage.

 

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