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Murielle Bolle, témoin clé de l’époque, est inculpée pour l’enlèvement du petit Grégory

Elle a été placée en détention provisoire.

Temps de lecture: 3 min

La juge d’instruction dijonnaise en charge de l’affaire du petit Grégory a poursuivi jeudi son fastidieux ouvrage pour tenter de faire éclater la vérité. Murielle Bolle, témoin clé dans l’enquête sur la mort du garçonnet en 1984, a été inculpée dans la soirée pour « enlèvement ».

32 ans après les faits, les gendarmes et le parquet considèrent qu’elle a joué un rôle dans l’enlèvement de l’enfant retrouvé mort dans la Vologne. À l’époque âgée de 15 ans, Murielle Bolle avait livré un témoignage accablant pour son beau-frère, Bernard Laroche, inculpé sans attendre. Sa rétractation éclair avait conduit à la libération du contremaître début 1985… avant qu’il soit tué peu après d’un coup de carabine par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

« Gang familial »

Aujourd’hui âgée de 48 ans, Murielle Bolle a été cueillie mercredi à son domicile par sept voitures de gendarmerie. Son inculpation fait suite à celles des grand-oncle et tante de Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob. Les limiers qui enquêtent sur cette « cold case » ne font pas mystère de leur théorie : Grégory aurait été soustrait à ses parents puis tué par un « gang familial », bien décidé à punir « le Chef » – le sinistre surnom attribué par le ou les « Corbeaux » à Jean-Marie Villemin.

Face à la presse, le procureur général Jean-Jacques Bosc a révélé disposer « d’un témoignage précis » : il assure que Murielle Bolle a subi des violences après son premier témoignage. D’autres témoignages font état de repérages, les jours précédant le crime, par un homme moustachu (feu Bernard Laroche ?) et une jeune femme, que la magistrate instructrice soupçonne donc être Murielle Bolle. Avant même l’inculpation de sa cliente, l’avocat de la mère de famille avait dénoncé la maigreur du dossier. Juste avant d’être auditionnée par la juge, Murielle Bolle a fait un malaise qui a repoussé de quelques heures son inculpation :

« Sûrement une crise d’angoisse. Elle est dans un état de fatigue, d’énervement », a expliqué Me Jean-Paul Teissonnière.

Murielle Bolle a été placée en détention provisoire. «  Un débat aura lieu mardi sur sa mise en liberté ou son maintien en détention », a précisé son conseil. «  Il faut qu’on ait le temps de démonter le canevas de ragots et de mensonges qui constituent l’essentiel de l’accusation », a-t-il déclaré à sa sortie de la cour d’appel de Dijon.

« Il y a, et il continuera à y avoir, des auditions nombreuses dans cette affaire », a promis Jean-Jacques Bosc.

 

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