Gilles de Kerchove sur la lutte contre le terrorisme: «Il faut former les citoyens contre la radicalisation»

Le «
Monsieur Terrorisme
» de l’Union plaide pour la simplification de l’entraide judiciaire internationale.
Le « Monsieur Terrorisme » de l’Union plaide pour la simplification de l’entraide judiciaire internationale. - Pierre-Yves Thienpont

Gilles de Kerchove est le « Monsieur Terrorisme » de l’Union européenne depuis 2007. Dans un entretien accordé au Soir, il analyse l’évolution de la menace alors que l’Etat islamique s’effondre sur le terrain mais continue à prospérer sur le web, et les réponses que l’Europe doit y apporter.

Gilles de Kerchove souligne ainsi que s’il faut effectivement « se préoccuper du terrorisme low cost, il ne faut pas oublier qu’il existe encore des organisations terroristes ». Il n’écarte d’ailleurs pas la possibilité d’une « fusion à terme de Daesh et Al-Qaïda ». Pour contrer cette menace terroriste à deux visages, « il faut investir encore plus dans la prévention, essayer de réduire la propagande sur internet et développer un contre-discours ». Gilles de Kerchove explique ainsi qu’« on a mis sur pied à Europol une équipe d’une vingtaine de spécialistes qui sont en permanence sur le web. Ils ont déjà signalé 30.000 sites illégaux » aux grands opérateurs du web.

Mais le rôle des citoyens est également primordial dans la lutte contre la radicalisation : « Je pense aussi qu’il faut former les gens à la détection des signes de radicalisation, continue Gille de Kerchove. J’ai connu des cas de frères, de parents qui n’avaient pas remarqué que leurs proches allaient mal. »

« (…) Si vous voyez autour de vous quelqu’un qui bascule dans la drogue et l’alcool, vous allez essayer d’en parler discrètement aux parents. Ça fait partie d’une démarche bienveillante sans que l’on agite tout de suite la menace de la délation. »

Reste enfin la question essentielle des métadonnées (les données de trafic, de localisation des utilisateurs). Opérateurs télécoms et fournisseurs ne sont plus obligés de conserver ces renseignements depuis décembre dernier, « ce qui pose problème aux services de renseignement ou de police  ».

« Sur les métadonnées, je vous avoue qu’on s’arrache les cheveux », conclut Gille de Kerchove.

► «Il faut réduire le volume de propagande sur internet»: notre entretien avec le «Monsieur Terrorisme» européen sur Le Soir+

 
 
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