Chaque année, des milliers d’animaux sont recueillis dans des refuges

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Au passage des soigneurs, les chiens du refuge de la Croix bleue à Forest donnent de la voix. Ils se précipitent devant les barreaux de leur box, remuant la queue en lançant ce petit regard suppliant du chien qui ne rêve que d’une chose : prendre sa laisse et partir en promenade.

Actuellement, le refuge héberge une vingtaine de chiens et une quarantaine de chats. Ils y ont été laissés par leurs maîtres suite à un coup de fil, se sont perdus dans la rue, ont été saisis après que leur propriétaire est envoyé en prison ou alors mis là après une entrée en maison de repos. En moyenne, ils attendront entre 2 et 6 semaines pour trouver un nouveau foyer mais certains n’auront pas cette chance.

Au refuge de la Croix bleue, on a choisi de ne pas pratiquer l’euthanasie si les animaux ne sont pas adoptés. « Tout le monde ne fait pas comme nous, explique Mortimer Van der Meeren, responsable du site. Ici, les animaux ne sont euthanasiés que s’il faut abréger leurs souffrances. Nous faisons tout notre possible pour les faire adopter en mettant des annonces sur Facebook, en faisant un maximum de publicité. Et puis, nous amortissons nos frais avec les adoptions. »

Pour un chat, il faut compter 140 euros et un chien, 180 euros en moyenne. Mais effectivement, tous les refuges ne pratiquent pas cette coûteuse politique puisqu’en Région bruxelloise, on estime que 35 % des chats abandonnés sont euthanasiés.

C’est pour cette raison et pour sensibiliser le grand public à la charge que représente un animal de compagnie que la secrétaire d’Etat au bien-être animal, Bianca Debaets (CD&V) lance une nouvelle campagne. « Un animal de compagnie, c’est la famille qui s’agrandit », annonce une cigogne transportant un basset. « A Bruxelles, on compte 80.000 chiens et 150.000 chats et ils ont une utilité sociale très importante quand on sait qu’une personne sur deux vit seule, précise Bianca Debaets. Mais l’arrivée d’un animal doit être un choix réfléchi. Les soins, la nourriture, les accessoires représentent des coûts qui ne sont pas toujours correctement estimés et qui conduisent à des abandons. »

En plus de la campagne sur les réseaux sociaux, dans les transports en commun et chez les vétérinaires, on pourra trouver des brochures comportant un petit questionnaire pour mieux se rendre compte de l’impact d’un animal de compagnie sur sa vie quotidienne et sur son portefeuille.

Ces messages complètent les campagnes de stérilisation de félins. Il faut dire qu’en 2016, 4.097 chats sont passés par la case refuge et comme on le sait, les vacances d’été sont une période critique.

« Nous sommes sortis du cliché des maîtres ouvrant la porte de la voiture pour laisser le chien partir où bon lui semble, ajoute Mortimer Van der Meeren. Mais effectivement, nous avons toujours plus de nouveaux pensionnaires à cette période. Cependant, il faut savoir que si votre animal est pucé, nous ferons tout pour retrouver le propriétaire. Il existe un délai légal d’un mois pour un chien. »

Cette campagne de communication coûte 160.000 euros à la Région mais elle ne subsidie pas le refuge. « Nous fonctionnons grâce aux dons, aux adoptions et nous tentons de diversifier nos activités, conclut le directeur du refuge. Par exemple, nous accueillons des animaux pendant les congés de leurs maîtres ou nous organisons des conférences, des programmes d’éducation canine. Cela nous permet de financer nos trois employés. »

Chiffre

Par Vanessa Lhuillier

2.463

C’est le nombre d’animaux qui ont été abandonnés en Région bruxelloise en 2016. On compte 1.920 chats et 543 chiens. Parmi eux, 35 % sont euthanisés.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Animaux|Euthanasie|ONG|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)
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