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Bingo pour les Schleiper à Londres !

Le 11 mai dernier, Bonhams a vendu la totalité des thangkas tibétains de la collection Jongen-Schleiper. Une collection belge originale et d’importance internationale, comme le montrent les résultats époustouflants de cette vacation très pointue

Temps de lecture: 4 min

Du côté de la maison de ventes britannique, dont Christine de Schaetzen est l’ambassadrice belge, on a accueilli avec intérêt cet ensemble exceptionnel de pièces peu connues sur le marché occidental. C’est en mai 2016 que le couple de collectionneurs belges a poussé la porte du boulevard Saint-Michel en vue de la mise aux enchères d’une soixantaine de thangkas tibétains. Un an plus tard, c’est à une vente qui fera date dans ce marché quasi inexistant que l’on a pu assister à Londres puisque le résultat total – 2.181.250 livres sterling – s’élève au quadruple des estimations. Un moment exceptionnel qui a vu affluer à Londres des acheteurs venus d’Asie, des Etats-Unis, d’Europe. La salle était pleine à craquer et les enchères se sont littéralement enflammées !

Flash-back

Monsieur et Madame Eric et Jeannette Jongen-Schleiper ont collectionné les thangkas tibétains dans les années 70. En 1974, ils sont partis au Népal pour plusieurs mois, un périple peut-être inspiré par le père de Jeannette Jongen, explorateur et passionné d’alpinisme qui sillonna le Pérou et l’Himalaya. C’est durant ce voyage qu’ils commencent à se passionner pour l’art bouddhiste et l’art de l’Himalaya et se mettent à collectionner des statuettes en bronze doré (qu’ils ont d’ailleurs vendues avec succès chez Bonhams en novembre 2015). C’est tout logiquement qu’ils ont fait appel à la même équipe pour le volet « thangka » de leur collection.

Ces « choses que l’on déroule », pour reprendre la traduction littérale du terme, sont « des images pieuses traditionnelles de la culture lamaïque, exécutées sur des supports portatifs de deux dimensions » (TransAsiart). La plupart des pièces mises à l’encan chez Bonhams ont été exposées dans la galerie familiale des Schleiper, à Bruxelles (Ravenstein), en 1978. De nombreux thangkas de cette collection sont inclus dans l’ouvrage de référence d’Armand Neve Etudes d’art lamaïque et de l’Himalaya, Bruxelles, 1978. Certains font office de références et ont été publiés à Zurich en 2005, dans l’ouvrage de M. Brauen The Dalai Lamas : A Visual History. Jeff Watt, grand spécialiste en la matière, directeur et commissaire de Himalayan Art Ressources, a écrit l’introduction du catalogue de la vente et donné une conférence juste avant celle-ci.

Résultat ?

100 % des lots ont été vendus. La première marche du podium est occupée par le lot 26 enlevé 551.000 livres sterling (pour une estimation de 200-300.000 livres). Il s’agit d’un ensemble exceptionnel et complet de trois thangkas des années 1835 des Panchen Lamas de Tashilhunpo (Tibet). Ces peintures mesurant chacune plus de 2,50 mètres sur 1,65 de large, décrivent le premier, le quatrième et le cinquième chefs spirituels avec le quatrième en position centrale.

La deuxième marche est occupée par un rare thangka de Ratnagni Bouddha du XVIIIe siècle. Remarquable au niveau de l’exécution, il l’est également au niveau de la soie qui le compose et de la calligraphie. Estimé 20-30.000 livres, il a engrangé 311.000 livres. Le troisième prix est celui remporté par deux rares thangkas de lamas et de la vie de Bouddha. Dans ce cas précis, ce qui est exceptionnel, c’est la position centrale occupée par des maîtres spirituels plutôt que par Bouddha. Une inscription sur l’une des pièces a permis d’identifier le lama, un certain Drokun Gewa’i Shenyen, un lama du XVII-XVIIIe siècle du Tibet oriental (vendu 185.000 livres au départ d’une estimation de 40-60.000 livres).

Ce coup de projecteur sur l’art tibétain collecté par des Belges n’aurait probablement pas pu se produire si les pièces avaient été disséminées dans plusieurs vacations. Y avoir consacré une vente spéciale – une des premières de cet acabit – a mis en avant le rôle des bureaux de représentation que Bonhams possède dans de nombreuses villes du monde, dont Bruxelles. Un autre élément déterminant a été sa vente à Londres plutôt qu’à Hong-Kong, ceci découlant notamment du poids des encadrements confectionnés par des spécialistes en la matière, dont on a pu découvrir une passion moins connue. A suivre !

Le 11 mai, la livre sterling s’échangeait contre 1,1865 euro.

 

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