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Cash for car: l’employeur est gagnant à tous les coups

« Le Soir » a testé l’allocation de mobilité. Dans tous les cas, c’est le patron qui fait la belle affaire financière.

Infographie - Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Depuis vendredi, on y voit plus clair dans l’allocation mobilité. Cette mesure, lancée par le gouvernement Michel, permettra aux employés de convertir leur voiture de société en cash. Du cash taxé exactement comme une voiture de société (soit nettement moins que du salaire normal) ; et qui pourra être utilisé par le salarié comme il l’entend.

Le projet de loi n’est pas encore rédigé. On en est toujours au stade de l’accord de principe au sein de la majorité. Mais certaines modalités pratiques ont déjà fuité. Dont la formule qui permettra de calculer le montant « cash », en valeur annuelle, qui remplacera votre voiture.

Cette formule est plutôt simple : vous prenez 20 % de la valeur catalogue de la voiture à laquelle vous renoncez (TVAC), et vous la multipliez par six septièmes. Un montant qui sera majoré de 20 % dans le cas où vous disposez également d’une carte essence.

Mais Le Soir s’est demandé si cette formule était vraiment avantageuse pour le travailleur ou l’employeur. D’un point de vue fiscal, la question ne se pose pas : le gouvernement promet en effet que l’impôt dû sur le « cash for car » sera identique à celui qui était dû sur une voiture de société. Aussi bien pour l’employé que pour l’employeur. Bref, les deux options sont neutres.

Reste à comparer le coût d’une voiture de société, que paye réellement un patron aujourd’hui, à la somme en cash qu’il pourrait verser demain à son salarié. Ce que nous avons fait. Et quelle que soit l’hypothèse retenue, la conclusion est identique : cela coûtera moins cher à l’employeur de donner du cash à son employé que de lui payer une voiture de société. Bref, l’employeur aura intérêt à ce que ses employés optent pour le cash. Mais l’employé ne sera pas forcé d’accepter. Le projet suédois repose en effet sur le principe du « double volontariat ». L’employeur n’est pas tenu de proposer la formule ; pas plus que l’employé ne sera obligé de l’accepter.

1.000 euros dans la vue

Venons-en aux chiffres. Une société disposant d’une flotte de plus de 100 voitures de société nous a livré les détails du coût de ses voitures. En plus de payer la location du véhicule à une société de leasing, l’employeur paye également l’assurance, l’entretien du véhicule, les taxes de circulation et de mise en circulation, les pneus hiver, le carburant… « On paye aussi 21 % de TVA, dont on récupère environ la moitié », nous glisse le patron de la société. On se mettra dans l’hypothèse d’une TVA à 10,5 %.

Infographie papier

Au total, pour une BMW 116d d’une valeur de 28.000 euros, l’employeur paye près de 6.850 euros par an pour financer ce véhicule (pour un leasing de quatre ans), carburant compris. Or la formule suédoise transformera cette voiture en un chèque annuel de 5.760 euros. L’employeur gagne donc près de 1.100 euros dans l’opération. Et l’employé n’a pas de réel intérêt à lâcher sa voiture, à moins qu’elle reste dans son garage.

La logique est la même pour une plus grosse cylindrée. Mais Le Soir ne s’est pas cantonné à ces exemples. Renta, fédération belge des loueurs de véhicules, nous a fourni le coût moyen d’un leasing pour une dizaine de modèles (les sociétés ayant de grandes flottes obtiennent des rabais). La conclusion est toujours la même : l’employeur est gagnant. Car le montant en cash qu’il pourrait verser demain est de 17 à 44 % inférieur au coût réel de la voiture qu’il doit financer aujourd’hui.

Un résultat pas forcément étonnant. Car sans gain à la clé, on voit mal pourquoi les patrons accepteraient de convertir une voiture de société en cash.

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10 Commentaires

  • Posté par Chapelle Frederic, vendredi 12 janvier 2018, 8:32

    Alors, les calculs sont faux, archi-faux. J'ai un budget réservé de mon salaire de 800€ on me propose d'être à pied et d'avoir 20% de ça? Mon employeur en gros ne paie rien. Et je dépense comment sinon les 800€ avec la carte mobilité et les TEC qui sont toujours en grève? Résultat Encore à pied...juste pour travailler je fais 1000 km/semaine, vous croyez que c'est un plaisir de faire 1000 km pour avoir un boulot potable parce que la Wallonie est sinistrée et dès qu'on a trop de diplômes, il y a pas de boulot ou qu'on veut travailler pour des grosses entreprises....il n'y a que Bruxelles. Tout le monde ne peut pas être syndicaliste à la FGTB pour organiser les BBQ pour les grèves. On me retire la voiture de société et on me donne 800€ net alors OK (je m’achèterai une voiture plus petite et pour moins et j'empoche la différence). sinon je vais perdre de l'argent...déjà qu'il faut tout pour garder les bons employés en Belgique avec des salaires incomparables avec le Luxembourg... Au Luxembourg...ils favorisent les travailleurs là-bas et les entreprises. La voiture je déteste ça qui aime passer 3-4h dans une voiture à l'arrêt? Faudrait peut-être forcer le télétravail pour éviter les trajets inutiles juste parce les managers ne supportent pas de ne pas voir leurs employés, même si leur productivité est augmentée avec le télétravail.

  • Posté par jean louis ropers, dimanche 14 janvier 2018, 21:44

    le cash for cars qui va passer est fait pour vous ! vous prenez 20% par an de la valeur de votre dernière voiture de société quasi net d impôt et vous achetez une voiture electrique d occasion ou une prochaine tesla model 3 à titre privé et vous gardez la différence.

  • Posté par Maxime Tyrant, jeudi 6 juillet 2017, 14:25

    Il faut attaquer le problème à la source. Qu'est-ce qui rend la voiture de société aussi attractive ? C'est le taux d'imposition marginal qui explose dès qu'on grimpe dans les échelons. Si nous étions imposés à 30% comme chez nos voisins, beaucoup de travailleurs préféreraient un salaire plus élevé à la voiture. Quand on est cadre, on paie l'ONSS et 50% sur le salaire au-delà de 38000 par an, au total 60% vont à l'état. A titre de comparaison, l'impot français reste d'à peine 30% jusqu'à 70 ou 80000 de salaire par an. Le gouvernement MR/NVA est adepte de la rage taxatoire. Ils n'ont absolument reien fait pour diminuer le racket. Ils se plaignent du coût du travail en Belgique mais refusent de reconnaitre que c'est la faute à l'IPP.

  • Posté par jean louis ropers, dimanche 14 janvier 2018, 21:41

    vous avez entièrement raison, c est amusant je cite souvent les chiffres que vous annoncez ! par contre les politiques sont lucides sur le sujet et savent quel est la source du problème, mais ils sont incapables de l adresser car tout est communautaire ... la voiture de soc profite plus aux employés flamands que wallons, plus à l industrie flamande que wallonne ( toutes les socs de leasing en flandres ou BXL ) plus aux communes flamandes car les taxes de mises en circulation et circulation de ces voitures retombent sur la region FL et les communes flamandes. au détriment de tous les employés !

  • Posté par Bronchart Marc, mercredi 5 juillet 2017, 17:38

    Cet article ne me semble pas très objectif. Dans ma société les véhicules ne sont pas en leasing mais achetés au nom de la société. Et la voiture n'est revendue que après 6 ans ....

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