Sauver le porc Piétrain wallon

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Un verrat «
pur Pétrain
» prêt à rejoindre la station de quarantaine de Wavre. © D.R.
Un verrat « pur Pétrain » prêt à rejoindre la station de quarantaine de Wavre. © D.R.

Le Piétrain, c’est un peu le Blanc Bleu de la race porcine. Une musculature hors normes et une viande très maigre qui « ravit les jeunes femmes » selon Maria De Bondt, agricultrice à Warsage. Dans les années 50, son père était un des grands sélectionneurs de cette race porcine apparue en 1920 lorsqu’un éleveur de Piétrain (Jodoigne) croisa la race Berkshire (Angleterre) avec des porcs blancs indigènes.

Aujourd’hui, Maria De Bondt fait partie de la dizaine d’éleveurs-sélectionneurs qui reproduisent, au sein de leur exploitation, la race pure du Piétrain belge, étant entendu qu’il existe d’autres races Piétrain développées à l’étranger. Actuellement, la race pure du Piétrain belge sert à inséminer près de 95 % des truies élevées pour la production de porcs viandeux en Belgique, ces truies n’étant pas « pur Piétrain ».

« Comme la plupart de ces éleveurs-sélectionneurs wallons approchent la fin de carrière, nous avons lancé un programme de sauvegarde et de développement du patrimoine génétique du Piétrain belge sur base du travail effectué par les éleveurs wallons », explique Marc Ancia, responsable du centre d’insémination porcine d’Argenteau (CIAP) en collaboration étroite avec l’association wallonne de l’élevage (Awé) et les provinces de Liège et du Brabant wallon.

Les verrats sélectionnés par les éleveurs sont amenés à la station de quarantaine porcine de Wavre pour y détecter les éventuelles maladies puis acheminés au CIAP qui va récolter le sperme des verrats. « Nous contrôlons la mobilité des spermatozoïdes, leur morphologie et leur concentration. Nous préparons aussi des doses – avec un éjaculat, on en fait une trentaine- qui serviront à l’insémination de truies. Par sa descendance, nous mesurons alors les qualités génétiques du verrat, poursuit Marc Ancia. On connaît mieux l’animal par ses descendants que par ses propres performances ».

Congélation

Parallèlement à ces opérations, des doses sont congelées dans de l’azote liquide pour constituer une banque de données génétique du porc Piétrain wallon. « Nous avons commencé ce travail dans les années 90. Il nous a fallu dix ans pour optimiser tous les stades de la congélation », explique Marc Ancia.

Comme le souligne le député provincial liégeois André Denis (MR), l’opération de sauvegarde du Piétrain wallon se double d’une volonté de développer la filière du porc en Wallonie en fournissant aux éleveurs la « précieuse semence » sans qu’ils doivent recourir à un centre d’insémination étranger. Ceci dit, aujourd’hui, l’essentiel des porcs viandeux élevés en Belgique « grognent en flamand » note Marc Ancia. Plus de 95 % sont élevés dans le nord du Pays.

Haut rendement viandeux

Il faut six mois à un porc d’élevage pour être mature et ainsi prendre la direction de l’abattoir, selon les standards économiques développés dans le secteur. Le plus souvent, l’éleveur insémine une truie indigène non Piétrain avec du sperme « pur Piétrain ». « Cela permet d’avoir une viande maigre mais pas trop. Dans la sélection des individus, on regarde la maigreur de la viande mais aussi la vitesse de croissance, la masse musculaire. » Et le goût ? « Pas encore », répond Marc Ancia. L’objectif d’un éleveur est de porduire environ 30 porcelets/ truie/an. Il n’existe pas de marque « Piétrain » déposée mais un logo « Belgian Piétrain ».

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