L’ex-Ecolo Brigitte Ernst sous enquête suite aux révélations des Malta Files

Brigitte Ernst. ©Philippe Luc.
Brigitte Ernst. ©Philippe Luc.

Plongeant les mains dans le registre maltais des sociétés, Le Soir fut, au mois de mai dernier, intrigué par le sens des affaires de Brigitte Ernst de la Graete, ex-députée européenne pour les Verts (1989-1994), ancienne secrétaire fédérale d’Ecolo (1999 à 2002), ex-échevine à Liège : alors qu’elle siégeait toujours au conseil communal liégeois, cette militante Ecolo de la première heure a créé, en décembre 2013 avec des proches et des membres de sa famille, une société d’investissement maltaise en lien avec quelques-uns des paradis fiscaux les plus zélés de la planète.

Un étonnement partagé, vient-on d’apprendre, par la justice : il y a quelques semaines, une information a en effet été ouverte au parquet de Liège, l’enjeu étant de déceler d’éventuels indices de fraude fiscale.

Plus de carte de membre

A la suite de son exposition médiatique au mois de mai, mise sous pression, Brigitte Ernst a également rendu sa carte de membre au parti Ecolo. Sollicitée par L e Soir, l’ancienne mandataire n’a pas souhaité réagir.

C’est le 19 décembre 2013 que fut enregistrée par une fiduciaire maltaise Larocca Limited, une société de participations dont le capital fut transféré quelques jours plus tard à Brigitte Ernst, à cinq de ses familiers et à Campiello, une société fraîchement immatriculée au Luxembourg. La S.A. Campiello, avait relevé l’enquête du Soir, est elle-même en relation étroite avec une société britannique, une société panaméenne, une autre domiciliée aux Îles Vierges britanniques, d’autres encore qui n’ont pu être identifiées mais dont les actifs, dans certains cas, se chiffrent à plusieurs millions d’euros.

Ce que la justice va devoir creuser

Pourquoi un montage aussi complexe ? Brigitte Ernst de la Graete et les autres propriétaires de Larocca sont-ils ou ont-ils été les bénéficiaires économiques de ces sociétés et des comptes bancaires qui y sont associés ? Cette frénésie entrepreneuriale n’obéit-elle qu’à des motivations fiscales ? Pourquoi ces détours par quelques-uns des registres du commerce les plus exotiques et les plus opaques de la planète ? Des infractions pénales ont-elles été commises ? Autant de points d’interrogation que la justice liégeoise va s’efforcer de balayer.

Pour rappel, cette plongée au sein de la finance maltaise, connue sous le nom générique de « Malta Files », a été initiée et coordonnée au printemps dernier par l’European Investigative Collaborations (EIC), un consortium regroupant 13 médias (dont Le Soir) et 48 journalistes.

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