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Un groupe de 24 jeunes Molenbeekois revient d’une visite en Palestine

Le voyage a permis d’ouvrir les jeunes gens à une situation « bien plus complexe » qu’ils l’imaginaient. Il a été organisé par une ONG avec l’appui de la fondation Roi Baudouin.

De notre envoyé spécial - Temps de lecture: 4 min

Jérusalem-est

De nombreux Belges visitent régulièrement la Cisjordanie occupée et y nouent des liens. Mais de Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville sainte, à Bethléem et à Jéricho, les Palestiniens n’oublieront pas rapidement la visite de dix jours que vient d’effectuer chez eux un groupe de 24 jeunes Molenbeekois issus de la diversité.

Organisé par l’Organisation internationale pour la réussite et le développement (OIRD) avec le soutien de la fondation Roi Baudouin, ce voyage éducatif a en effet permis à ces jeunes gens d’aller là où beaucoup ne vont pas. Et de s’immerger dans la vie locale.

« Les membres du groupe sont d’origines différentes et issus d’un milieu social modeste. Durant ces dix jours, ils ont notamment découvert certaines des nombreuses réalisations de Coopération belge (BTC) en Cisjordanie, ce qui a renforcé leur sentiment d’appartenance à la Belgique. Et leur fierté d’être citoyen de ce pays », affirme Nader Rekik, animateur de l’ONG.

Parmi les projets visités, celui d’El Karmel, un groupe de quatre petits villages de la région d’Hébron que la Belgique a aidé à se constituer en municipalité dotée d’infrastructures viables.

Polo noir orné du sigle OIRD et barbe mal taillée, S. (21 ans), un étudiant en droit confirme en tout cas « avoir été agréablement surpris par l’aide belge ». Et de poursuivre : « Un si petit pays qui en fait autant, c’est bien. Dans le groupe beaucoup étaient fiers de voir le sigle “.BE” sur les murs. Nous avons d’ailleurs été nombreux à le photographier parce que l’on n’imaginait pas que la Belgique se rende aussi utile. »

Le calendrier du groupe était chargé : outre le séjour à Al Karmel où ils ont distribué des cartables aux enfants, les jeunes gens se sont également rendus à Bethléem, à Ramallah, sur les rives de la mer Morte et sur le sommet de collines de Cisjordanie. En outre, ils ont visité les lieux saints des trois religions ainsi que Yad Vashem, le site israélien commémorant la mémoire de l’Holocauste. Tout cela entrecoupé de rencontres et de discussions à bâtons rompus avec des intervenants palestiniens ou israéliens, voire les deux ensemble.

« En arrivant ici, j’avais une idée très vague de ce que je trouverais », affirme Ikram (20 ans), une étudiante en droit portant le hijab et un bracelet aux couleurs de la Palestine au poignet droit. « Pour mieux appréhender la situation, j’avais besoin de marcher dans les rues, de rencontrer des gens et de leur parler, dit-elle. En arpentant le terrain, l’on se rend rapidement compte que rien n’est simple ici et que tout est enchevêtré. Il n’y a plus de séparation claire entre la Cisjordanie et Israël. »

La plus grande partie du voyage était consacrée à la Palestine mais ils ont aussi passé quelques heures en Israël, y compris à Tel-Aviv. « J’ai été frappée par l’identité forte des Palestiniens et des Israéliens, ainsi que par le sentiment de méfiance et de peur des uns envers les autres, affirme Rafa (24 ans), étudiante en communication. Comment vont-ils surmonter cela ? Je ne sais pas. En tout cas, la situation est bien plus complexe que les jugements en noir et blanc que l’on peut lancer à partir de la Belgique. Cela nous incite donc à la réflexion et c’est bien. »

« Instaurer un dialogue »

Au fil des conversations, certains participants reconnaissent avoir été « bousculés » par leur passage au Proche-Orient. Certains relatent leur étonnement devant la coexistence des trois religieux du Livre à Jérusalem. D’autres, la nouvelle vision qu’ils auront désormais de la région. « J’imaginais débarquer dans des ruines au milieu d’une zone de guerre mais tout était finalement très calme même si l’occupation israélienne est bien visible », confie l’un d’entre eux. « Ce que je retiendrai de ces dix jours ? D’abord, l’accueil chaleureux des Palestiniens qui se sont pliés en quatre pour nous. Mais également le fait que le seul moyen de sortir du bourbier, c’est d’instaurer un dialogue. Si je pouvais y aider, je le ferais volontiers. »

 

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