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La reprise de Mossoul à l’Etat islamique «n’est plus qu’une question d’heures»

La fin de la bataille est proche, estime un général américain.

Temps de lecture: 4 min

Lancée le 17 octobre, la reconquête de Mossoul n’est plus qu’une question d’heures selon un général américain, et des policiers ont même commencé à célébrer ce qui va être la plus grande victoire des forces irakiennes contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

L’annonce par les autorités irakiennes de la reprise totale de la ville est «  imminente », a déclaré par téléphone à l’AFP, samedi, le général Robert Sofge, depuis Bagdad : «  Je ne veux pas spéculer (…), mais je pense que ce sera très bientôt », a insisté le gradé américain, à la tête du centre des opérations conjointes de la coalition antidjihadistes menée par Washington.«  Ces deux derniers jours, nous sommes arrêtés à 100/50 mètres du Tigre. La fin de la bataille est proche, je dirais deux jours », avait de son côté expliqué à l’AFP à Mossoul le lieutenant-général Abdel Ghani al-Assadi, un commandant des troupes d’élite du contre-terrorisme (CTS).

Pièges

Près de neuf mois après le début de l’opération pour reprendre la deuxième ville d’Irak, dont l’EI s’était emparé en 2014, les derniers djihadistes sont assiégés dans deux pâtés de maisons au coeur de la vieille ville, près du Tigre. Et les derniers djihadistes, «  désespérés, (…) font autant de ravages qu’ils le peuvent », explique le général Sofge.

«  L’ennemi a semé des engins piégés partout, à chaque endroit, dans chaque placard, dans un cas, sous un couffin même », poursuivait le gradé américain.

Certains se font passer pour morts, vêtus de gilets explosifs, qu’ils mettent à feu à l’approche des forces irakiennes de sécurité. Des femmes combattantes se sont elles faites sauter au milieu de civils déplacés.

D’après le lieutenant-général Assadi, la progression est rendue lente et difficile par la présence des nombreux kamikazes de l’EI, mais aussi par les bombes dans les maisons. Complication supplémentaire : l’armée ne peut utiliser les bombardements en raison de la présence de milliers de civils.

700.000 civils déplacés

Des civils libérés par l’avancée des forces irakiennes continuaient d’arriver samedi dans les quartiers périphériques pour y être accueillis, nourris et éventuellement soignés avant d’être dirigés vers des camps.Une équipe de l’AFP a ainsi pu voir samedi un groupe d’une soixantaine de femmes et enfants, les hommes étant restés au poste de contrôle pour des vérifications.

Affamés et choqués, beaucoup de ces civils étaient en pleurs et disaient avoir perdu des proches dans les combats, les bombardements aériens de la coalition internationale qui soutient les forces irakiennes, les tirs de mortiers et les snipers djihadistes. Sur le plan humanitaire, l’offensive à Mossoul a eu des répercussions majeures. Sur les 915.000 personnes ayant fui la ville, environ 700.000 sont toujours déplacées, selon Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Irak.

V de la victoire

© AFP
© AFP

Pendant que les troupes d’élite du contre-terrorisme (CTS) continuaient le combat dans une zone d’environ 100 m de profondeur sur 300 m de largeur, le long du Tigre, des membres de la police fédérale commençaient déjà à exprimer leur joie à Mossoul, la fin de leur mission leur ayant été signifiée.

V de la victoire, selfies avec un drapeau de l’EI à l’envers : « Ils méritent de célébrer cela et peuvent ressentir toute la fierté et le sens du travail accompli », a témoigné le général américain Robert Sofge, offrant ses «  félicitations à l’avance pour cette grande bataille ». «  Il faut revenir à la Seconde guerre mondiale pour trouver (une bataille) qui se rapproche seulement » de celle de Mossoul, a-t-il jugé.

Cette ville avait une dimension très symbolique pour l’EI : c’est là que son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique après avoir proclamé un « califat » sur les vastes territoires conquis par le groupe djihadiste en Irak et en Syrie.

La fin des combats à Mossoul ne marquera cependant pas la disparition de l’EI, qui contrôle encore des secteurs en Irak et des territoires dans l’est et le centre de la Syrie, où son fief Raqa est assiégé par des forces soutenues par Washington. L’EI a encore « largement de quoi se battre », a estimé le général Sofge. «  La libération de Mossoul va susciter une réaction » chez les djihadistes.

 

À lire aussi «Soudain, le monde éclate…»: le récit tragique de notre envoyé spécial blessé à Mossoul

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