Boîtes noires dans l’horeca: la Wallonie et Bruxelles à la traîne

© Joakeem Carmans
© Joakeem Carmans

L’idée remonte à 2012 : le gouvernement décidait d’imposer aux établissements horeca une « caisse enregistreuse intelligente ». La mesure, qui devait entrer en vigueur en 2014, visait à éradiquer la fraude fiscale (TVA) et sociale (travail au noir) dans le secteur. Dans un premier temps, le gouvernement avait envisagé d’imposer cette boîte noire aux établissements dont la nourriture consommée sur place représente plus de 10 % du chiffre d’affaires. Un projet recalé par le Conseil d’Etat. Finalement, seuls les établissements dont le chiffre d’affaires annuel en restauration dépasse 25.000 euros sont tenus d’activer cette caisse, depuis le 1er juillet 2016, avec une période transitoire de six mois.

Depuis le 1er janvier de cette année, tous les établissements concernés sont donc censés utiliser la boîte noire. Selon les dernières statistiques établies par le SPF Finances, 19.532 des 21.701 restaurants et bars belges répondent au prescrit légal. Mais les situations sont très contrastées selon les Régions. L’horeca flamand est le bon élève, avec des taux d’équipement allant de 95,27 % à 105,72 % ! Deux provinces dépassent en effet les 100 % car certains établissements qui ne sont désormais plus obligés de posséder une caisse noire s’en étaient déjà procurée une. En Wallonie, le taux d’équipement varie entre 75,86 % (en Brabant wallon) et 79,94 % (en province de Liège). En Région bruxelloise, il chute à 68,78 %.

Comment expliquer de telles différences ? Dany Van Ascche, à la tête de l’organisation sectorielle flamande, explique : « Nous avons formé nos membres dès 2012, même sans avoir la certitude que le système serait réellement un jour installé. (…) Même chose concernant l’utilisation des mesures compensatoires mises en place par le gouvernement, parfois difficiles à apprivoiser. » Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie, reconnaît : « Je pense que nos confrères flamands ont plus confiance que nous dans le message politique. »

Thomas Mérmurlin, qui a lancé la marque The Huggy’s Bar en 2012 en région liégeoise (cinq restaurants ), a choisi une comptabilité totalement transparente. Il explique la méfiance de ses confrères wallons et bruxellois vis-à-vis de la caisse noire par « beaucoup d’incompréhension autour du système. Et donc de peurs. Ces mesures sont compliquées à intégrer ». Sans pour autant excuser ceux qui ne sont pas en règle, il souligne que « le système économique d’un restaurant en Belgique n’est pas viable. Des mesures compensatoires sont bien sûr nécessaires ».

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