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Trafic d’œuvres d’art: la Belgique est trop laxiste

Depuis six mois, la base de données sur les biens culturels volés est à l’arrêt. Le peu de moyens engagés dans la lutte contre ce trafic inquiète à l’étranger.

Temps de lecture: 2 min

Le trafic de biens culturels représente un « chiffre d’affaires » estimé entre 3,4 et 6,3 milliards de dollars. Une manne qui intéresse au premier plan les terroristes : en 2015, on estimait que 100.000 œuvres d’art étaient passées entre les mains de Daesh. La lutte contre cette forme de criminalité permet donc de frapper les mouvements terroristes au portefeuille. A condition d’y mettre les moyens. Certains pays européens comme l’Allemagne, la France, l’Autriche ou les Pays-Bas ont mis en place des règles strictes. Quant à la Commission européenne, elle entend proposer dès ce jeudi un ensemble de règles pour lutter contre l’importation d’œuvres volées.

Mais au-delà des règlements, il y a la capacité des Etats à les faire appliquer. Et en la matière, la situation belge interpelle. Jusqu’en décembre 2016, la police fédérale disposait d’une cellule « Arts et antiquités ». Unique point de contact capable de répondre aux demandes d’Interpol, des douanes ou des polices étrangères, elle était composée de… deux personnes qui y travaillaient, pour une moyenne de 400 à 500 objets volés signalés annuellement. Depuis le début de l’année, cette cellule n’existe plus. Officiellement, ses activités sont intégrées au travail régulier de la police. Mais, comme le signale un spécialiste de la lutte contre ce type de trafic, la base de données belge des objets d’art volés n’a pas été enrichie depuis le début de l’année. La base de données d’Interpol des œuvres volées en Belgique est également en jachère depuis six mois.

Cette absence de moyens inquiète à l’étranger. D’autant qu’on voit dans certaines foires belges des œuvres qui ne pourraient pas être exposées dans d’autres pays européens. Edouard Planche, chargé du programme de lutte contre le trafic illicite des biens culturels à l’Unesco, confirme cette mauvaise réputation : « Actuellement, on a l’impression que la Belgique est le maillon faible de la politique contre le trafic illicite des biens culturels. »

Les inquiétudes des partenaires de la Belgique ont peut-être été entendues. La police fédérale annonce en effet qu’un « point de contact » en matière de trafic d’art a « été restauré depuis peu ».

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