Une crise utile?

Une crise utile?

Cette crise, née dans la précipitation et traitée dans l’improvisation, peut marquer un tournant pour la Wallonie, si…

S’il en sort un corps politique fort, guidé uniquement par l’intérêt de la région, et le souci, l’obsession permanente même, d’accélérer le redressement wallon.

Ce corps politique a deux ans.

Deux ans pour convaincre un quart de l’électorat wallon d’abandonner son intention de voter pour un parti communiste aux propositions irréalistes et infinançables, qui n’ont jamais fonctionné nulle part sauf en appauvrissant tout le monde ; deux ans pour ramener à des idées plus constructives cet électorat légitimement indigné et déboussolé devant la réalité wallonne : risque de pauvreté ; enseignement qui n’ouvre pas suffisamment sur l’emploi ni même, souvent sur un diplôme ; finances publiques fragiles, classe politique à la dérive sous le coup des scandales à répétition, qu’elle paraît incapable d’éviter.

Deux ans pour convaincre que ce ne sont pas les multinationales ni le grand capital qui ont appauvri la Wallonie, mais le manque de réactivité de la société wallonne (nous tous) devant l’évolution du monde.

Deux ans pour convaincre que la précarité ne se guérit pas uniquement à coups d’allocations sociales ou d’emplois publics. Que cela plaise ou non, c’est par l’augmentation de l’emploi privé que la Wallonie se sauvera ; et elle n’y arrivera qu’en reconnaissant enfin le rôle de l’entreprise privée et de l’entrepreneur.

Et donc, deux ans pour remporter la bataille du marché de l’emploi, victoire qui passera nécessairement par une mise en œuvre à bref délai du pacte pour un enseignement d’excellence, après deux ans de palabres et d’avancées suivies de reculs.

Deux ans pour lancer un vaste programme d’investissements publics, dans les infrastructures de communication et télécommunication, dans les logements, dans les écoles…

Deux ans pour donner corps à une politique industrielle dont les axes et les mesures concrètes viennent d’être proposés au gouvernement.

Deux ans pour tout ça ?

C’est peu, mais y a-t-il un autre choix pour la Wallonie que de passer à la vitesse supérieure ? Il n’y en a pas.

Mais, condition nécessaire, dans un climat social serein ; on ne peut qu’être effrayé par des menaces de grève à la simple évocation d’une coalition de centre droit en Wallonie.

Le redressement ne peut bien entendu pas se faire sur le dos des travailleurs, mais il ne se fera pas non plus sans les entreprises ; ce consensus-là doit fonder le programme du gouvernement, pour ces deux ans certes, mais aussi pour la suite.

Si tout cela se fait, alors oui, la crise aura été utile.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
  • Le modèle confédéral version N-VA soulève plusieuyrs objextions qui doivent impérativement être mises en débat.

    Par Paul De Grauwe (LSE) et Philippe Van Parijs (UCLouvain & KU Leuven), coordinateurs de l’initiative Re-Bel(Rethinking Belgium’s Institutions in the European Context)

    Cartes blanches

    Carte blanche: «Confédéralisme: trois difficultés fatales?»

  • BELGAIMAGE-159270144

    Par Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, chercheur Moyen-Orient relations euro-arabes/ terrorisme et radicalisation, enseignant en relations internationales, collaborateur scientifique du CECID (Université Libre de Bruxelles), de l’OMAN (UQAM Montréal) et du CPRMV (Centre de Prévention de la Radicalisation Menant à la Violence/Montréal)

    Cartes blanches

    «Sables mouvants dans le Golfe: le dernier sursaut du Roi Salmane pour la paix»

  • BELGAIMAGE-158475364

    Par Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International

    Cartes blanches

    «Résister aux maladies nosocomiales qui frappent les droits humains»

 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Des manifestations de jeunes et de représentants de peuples menacés ont émaillé les dernières heures officielles de la COP de Madrid.

    COP25: une nuit pour conclure un accord au forceps

  2. Charles Michel en conversation avec le Premier portugais, Antonio Costa. Curieusement, ce dernier s’en est pris au travail de son propre ministre des Finances.

    Budget de la zone euro: Charles Michel reprend la main

  3. Plus de 2.000 personnes du secteur culturel flamand s’étaient rassemblées au Beursschouwburg à Bruxelles pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement Jambon.

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Les «confédéralistes» ont leur modèle. Et les autres?

    Il y a quelques années, lorsque la N-VA sortait son séparatisme ou sa version cosmétique, le confédéralisme, la réplique fusait : « Et vous allez faire quoi de la dette ? Et vous allez faire quoi de Bruxelles ? » Avec zéro réponse, ce qui rassurait les opposants : les nationalistes avaient montré leurs dents, mais n’avaient pas de quoi mordre.

    Mais voilà, à la N-VA, on ne laisse aucun terrain stratégique en jachère. Dans ce parti, on sait que pour convaincre, il faut...

    Lire la suite