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Une crise utile?

Une carte blanche d’Yves Prete. Si la Wallonie parvient à se doter d’un corps politique fort, la crise qu’elle traverse n’aura pas été inutile. En s’appuyant sur la valeur ajoutée apportée par les travailleurs et les entreprises, il reste deux années pour convaincre…

Carte blanche - Temps de lecture: 3 min

Cette crise, née dans la précipitation et traitée dans l’improvisation, peut marquer un tournant pour la Wallonie, si…

S’il en sort un corps politique fort, guidé uniquement par l’intérêt de la région, et le souci, l’obsession permanente même, d’accélérer le redressement wallon.

Ce corps politique a deux ans.

Deux ans pour convaincre un quart de l’électorat wallon d’abandonner son intention de voter pour un parti communiste aux propositions irréalistes et infinançables, qui n’ont jamais fonctionné nulle part sauf en appauvrissant tout le monde ; deux ans pour ramener à des idées plus constructives cet électorat légitimement indigné et déboussolé devant la réalité wallonne : risque de pauvreté ; enseignement qui n’ouvre pas suffisamment sur l’emploi ni même, souvent sur un diplôme ; finances publiques fragiles, classe politique à la dérive sous le coup des scandales à répétition, qu’elle paraît incapable d’éviter.

Deux ans pour convaincre que ce ne sont pas les multinationales ni le grand capital qui ont appauvri la Wallonie, mais le manque de réactivité de la société wallonne (nous tous) devant l’évolution du monde.

Deux ans pour convaincre que la précarité ne se guérit pas uniquement à coups d’allocations sociales ou d’emplois publics. Que cela plaise ou non, c’est par l’augmentation de l’emploi privé que la Wallonie se sauvera ; et elle n’y arrivera qu’en reconnaissant enfin le rôle de l’entreprise privée et de l’entrepreneur.

Et donc, deux ans pour remporter la bataille du marché de l’emploi, victoire qui passera nécessairement par une mise en œuvre à bref délai du pacte pour un enseignement d’excellence, après deux ans de palabres et d’avancées suivies de reculs.

Deux ans pour lancer un vaste programme d’investissements publics, dans les infrastructures de communication et télécommunication, dans les logements, dans les écoles…

Deux ans pour donner corps à une politique industrielle dont les axes et les mesures concrètes viennent d’être proposés au gouvernement.

Deux ans pour tout ça ?

C’est peu, mais y a-t-il un autre choix pour la Wallonie que de passer à la vitesse supérieure ? Il n’y en a pas.

Mais, condition nécessaire, dans un climat social serein ; on ne peut qu’être effrayé par des menaces de grève à la simple évocation d’une coalition de centre droit en Wallonie.

Le redressement ne peut bien entendu pas se faire sur le dos des travailleurs, mais il ne se fera pas non plus sans les entreprises ; ce consensus-là doit fonder le programme du gouvernement, pour ces deux ans certes, mais aussi pour la suite.

Si tout cela se fait, alors oui, la crise aura été utile.

 

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