Et si Ath, le géant, et Brugelette, le nain, fusionnaient un jour…

Marc Duvivier, le bourgmestre d’Ath, qui compte 30.000 habitants, contre 3.600 à Brugelette. © Coralie Cardon.
Marc Duvivier, le bourgmestre d’Ath, qui compte 30.000 habitants, contre 3.600 à Brugelette. © Coralie Cardon. - coralie cardon

Ath 30.000 habitants, Brugelette 3.600 habitants. D’un côté un géant, de l’autre un nain. C’est d’une rencontre informelle mardi entre les bourgmestres Desmarlières (Brugelette) et Duvivier (Ath) qu’est venue une réflexion commune de rapprochement qui visiblement leur trottait tous les deux dans la tête. «  Les communes sont un jour appelées à revoir leur collaboration en termes d’économies d’échelles, l’idée de fusion de communes a été lancée en Flandre. Ce n’est pas incohérent de l’envisager pour Ath et Brugelette à l’heure où l’on parle de fusion de zones de secours, de zones de police… Nos deux communes ont beaucoup de points communs : la même ligne ferroviaire, quasi la même fiscalité, Pairi Daiza, l’intercommunale Ideta, la maison culturelle d’Ath qui s’occupe également de Brugelette… L’exercice opéré autour du consensus obtenu pour le contournement de la route de Pairi Daiza nous a démontré combien il était nécessaire de collaborer étroitement », déclare Marc Duvivier, convaincu par l’intérêt économique d’un tel rapprochement : « Prenez par exemple l’informatisation de demain, toutes les communes auront-elles les moyens de s’offrir et d’amortir les outils et les spécialistes assurant un service performant auprès de leur population ? Une commune comme Brugelette peut-elle par exemple se payer un architecte urbaniste doctorant en énergie ? Par contre, ce qu’Ath peut faire pour 30.000 habitants, il pourra demain le faire pour 34.000 habitants. »

Et d’évoquer également le développement exponentiel de Pairi Daiza : « Le développement de Pairi Daiza, véritable moteur économique dans notre région, doit être géré à l’échelle de plusieurs communes, en témoigne le dernier dossier sur la mobilité à travers nos villages réglé grâce à une collaboration accrue entre communes. » « Sans oublier la chapelle des Carmes, joyau à Brugelette qui n’a finalement pas trouvé un financement pour sa rénovation (il manquait 2 millions d’euros, NDLR). Relançons cette demande ensemble auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’appuyer de plus belle. Un partenariat avec Pairi Daiza qui semble intéressé pourrait même être envisagé sur ce sujet », évoque Marc Duvivier.

Davantage de moyens ensemble

Enfin, le bourgmestre d’Ath insiste sur l’impérieuse nécessité de rassembler les forces face aux Chemins de fer qui veulent supprimer plusieurs passages à niveau au sein du centre-ville d’Ath et Brugelette, mais aussi à Isières, Irchonwelz et Villers. «  Cela induira des passages sous voie, des ponts et des investissements colossaux à charge des communes. Il faut pouvoir réagir ensemble pour avoir plus de poids. »

« Qui n’ose pas, ne récolte rien », scande Marc Duvivier qui reconnaît que ce projet n’est qu’au stade de la réflexion dans l’esprit unique des deux bourgmestres. Et que les collèges et conseils doivent encore s’exprimer, tout comme la population sur ce rapprochement.

« La fusion, ce n’est pas encore pour demain, mais une étroite collaboration est à mon sens nécessaire », déclare l’homme fort d’Ath. « Parler directement de fusion, ce serait aller vite en besogne, il y aura encore un scrutin communal en 2018 », rétorque de son côté André Desmarlières qui envisage dans un premier stade « une forte convergence entre les deux communes ». Et de préciser :

« L’idée d’une fusion ne me dérange pas. Nous aurons plus de moyens ensemble avec Ath. Mais pour le moment, cela n’engage que moi à la commune, on ignore ce qui se passera après les élections. Mais je ne pense pas que les Brugelettois seront nécessairement contre s’ils peuvent continuer à trouver un service de proximité rendu à la hauteur des taxes payées. Évidemment, il ne faudra pas qu’ils doivent courir à Ath pour le moindre papier administratif. Il ne faut pas oublier que malgré la fusion des communes de 1977 que l’esprit de clocher est resté, les habitants de Mévergnies se sentent d’abord de leur entité avant Brugelette par exemple et c’est idem à Ath. »

 
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