Accueil

«Game of Thrones»: comment la série est devenue un blockbuster

La série événement signée HBO revient pour une septième saison sur Be tv. Retour sur une saga (médiévale-)fantastique devenue un empire pop et commercial.

Journaliste aux services Culture et Médias Temps de lecture: 5 min

De la neige en été. Car cette fois, ça y est, l’hiver n’arrive plus, il est aux portes de Westeros – et sur nos écrans. C’est dans la nuit de dimanche à lundi que « Game of Thrones » sera de retour pour une septième et pénultième saison. Le début de la fin pour une série phénomène pour laquelle la démesure n’a d’équivalent que le succès. « Game of Thrones » ou le premier blockbuster des séries télé. Retour en trois étapes sur une saga (médiévale-)fantastique devenue empire pop et commercial.

1 Les livres Quand il commence la rédaction de A Song of Ice And Fire (le titre originel de la saga), George R. R. Martin n’entame qu’un énième livre. Ancien professeur de lettres un temps vendu à la télévision par nécessité financière, ce natif du New Jersey, diplômé en journalisme, a déjà à son actif une quinzaine d’ouvrages qui ont été plus ou moins bien accueillis et plus ou moins lus. Mais avec Le Trône de Fer, il a en tête « quelque chose d’aussi vaste que mon imagination ».

Le premier volume, « A Game of Thrones », sort en 1996, cinq ans après avoir entamé son écriture. Deux volumes suivront rapidement. Le succès, lui, viendra petit à petit, au fur et à mesure des sorties, via le bouche-à-oreille au sein du cercle des fans de fantasy. Et puis arrive le premier choc : Le Seigneur des Anneaux, version Hollywood. Et le monde devint geek… En novembre 2005, le quatrième tome, « A Feast for Crows », atteint la première place de la New York Times Best Seller List. A partir de là…

En 2011, la série littéraire devient série télévisée. C’est le deuxième choc. De 15 millions d’exemplaires vendus des différents livres cette année-là (ce qui est déjà colossal), on passe à 70 millions dans le monde quatre ans plus tard.

2 La série télé Une adaptation ? Hollywood, toujours prompt à creuser un bon et lucratif sillon, cherche à capitaliser sur l’effet Seigneur des Anneaux. Mais pour George R.R. Martin, ce n’est pas la peine. Toute adaptation de sa saga est « impossible ». Trop long, trop riche, trop tout ! Lui qui avait été scribe pour la télé (il a notamment bossé sur « La cinquième dimension ») savait comment les choses fonctionnent dans ce milieu. Couper, détourner, dénaturer. Pourtant, quand la chaîne mère des séries télé « de qualité » HBO l’approche, il se dit que ça peut fonctionner.

« J’ai vite compris que la télévision serait la seule à pouvoir porter l’histoire à l’écran, dira-t-il en 2015 au magazine Lire. Et encore, pas sur n’importe quelle chaîne : il fallait que ce soit sur le câble, pour pouvoir intégrer la violence et le sexe, qui me semblaient essentiels. Donc, HBO est très vite apparu comme la meilleure solution – et le succès de la série peut l’attester. »

L’accord est passé en 2007. La chaîne prendra quatre ans pour développer la première saison. C’est que HBO n’est pas timide quand il s’agit de mettre la main au portefeuille. Histoire de faire bien les choses. Et en mettre plein la vue. Soixante millions de dollars seront déboursés pour la première saison (6 millions par épisode). C’est beaucoup. C’est tout de même moins que le record de l’époque, « Rome » et ses 10 millions par épisode, déjà sur la même chaîne.

Comme pour les livres, le succès n’est pas instantané. Mais il ne fera qu’augmenter… en même temps que le budget alloué à la série. La première saison rassemble 2,5 millions de téléspectateurs américains en moyenne devant HBO. La sixième, près de 8 millions (on parle de 20 millions au niveau mondial, sans compter le piratage – voir encadré) pour un budget de 100 millions de dollars. La fin de la saison 3 et les fameuses « Noces pourpres » peuvent être considérées comme le passage de série populaire à série phénomène. Aujourd’hui, l’adaptation a dépassé l’original, au propre comme au figuré, G.R.R. Martin devant terminer d’écrire les deux derniers volumes de la saga. Mais la télé n’attend pas. Et elle vole désormais de ses propres ailes.

3 L’empire pop et commercial Comment « Game of Thrones » fait-il autant d’argent en coûtant aussi cher ? En étant outrageusement populaire, voilà comment ! Pour HBO, c’est un investissement conséquent, mais calculé. La série est attendue chaque année par une armée de fans. L’abonnement à la chaîne naviguant entre 15 et 20 euros par mois, pour 40 millions d’abonnés aux Etats-Unis (et environ 140 millions dans le monde), l’investissement est vite amorti. D’autant que la chaîne peut compter sur une vaste palette de produits dérivés.

Sur le modèle de Disney, Star Wars et Marvel, HBO capitalise à fond sur l’offre après diffusion, la chaîne ayant acheté une soixantaine de licences pour les produits dérivés. Des coffrets DVD qui se vendent comme des petits pains chaque année au jeu en ligne (2 millions de joueurs), des bières spéciales, tee-shirts, tasses, figurines aux événements spéciaux (la projection des deux derniers épisodes de la saison 4 dans 205 salles Imax, près de 2 millions de dollars de gagnés en un week-end), la série génère, selon le New York Times, « environ 1 milliard de dollars par an ». De quoi permettre à HBO d’être « la chaîne de télé faisant le plus de profits », selon le journaliste spécialiste des questions économiques Jon Lafayette.

Alors, forcément, même si « Game of Thrones » doit s’arrêter dans deux saisons, on ne compte pas clore la franchise pour autant. Suivant le modèle hollywoodien, on parle déjà d’un prequel, d’un spin-off ou d’une suite. Qui sait ? Cinq projets seraient en cours. George Martin, lui, doit encore terminer d’écrire sa saga. Mais avec ses « Chroniques du chevalier errant » sorties en 2015, il a déjà la matière pour un prequel. Les sept royaumes ne meurent jamais.

 

Pour Be tv, «un effet sur les abonnements»

Christian Loiseau est directeur d’antenne de Be tv, qui diffuse « Game of Thrones » en Belgique.

Temps de lecture: 2 min

Une nouvelle saison de « GoT » a-t-elle un effet sur les abonnements de Be tv ?

Oui. On le voit au niveau des recrutements. Beaucoup de gens se réabonnent ou s’abonnent dès qu’une nouvelle saison de « GoT » arrive. On a fait une campagne marketing et, au mois de juin, très clairement, il y a un engouement. On sait que « GoT » est la série la plus regardée par nos abonnés, devant « The Walking Dead » et « Homeland ». Pendant l’été, on propose aussi les six saisons précédentes en SVOD et elles sont très regardées.

Be tv a un public de cinéphiles. Cela signifie-t-il que le cinéphile d’aujourd’hui est sériophile ?

Je pense que pour une série comme « GoT », c’est le même public. Il y a une dimension hollywoodienne à cette série, une débauche de moyens qui n’a rien à envier aux films hollywoodiens.

Be tv a-t-elle la volonté de se positionner comme un HBO belge ?

On l’est puisqu’on est « Home of HBO ». On a passé un contrat qui nous permet de diffuser toutes les séries HBO et puiser dans leur catalogue.

Cette année, « GoT » est diffusé l’été. Est-ce une nouvelle case horaire ?

C’est nouveau parce que, traditionnellement, les chaînes attendent des rendez-vous qui sont des grandes messes, comme la rentrée de septembre ou les fêtes de fin d’année. Mais je crois que c’est fini. Le moment fort, désormais, c’est quand la série sort. Et le mois de juillet n’a qu’à s’adapter.

Diffuser l’épisode de « GoT » en même temps qu’aux États-Unis, cela permet-il de contrer le téléchargement ?

On espère. Il s’agit avant tout de satisfaire les abonnés. On leur a appris à ne plus attendre, maintenant il faut assumer. Il y a pas mal de fans qui se lèvent au milieu de la nuit. On connaît ça depuis longtemps. C’était déjà le cas, par exemple, avec les sports américains, les fans de NBA. « GoT », c’est le même phénomène.

« Game of Thrones », saison 7 épisode 1, diffusé sur Be tv dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 juillet à 3h. Rediffusion lundi 17 juillet à 21h ainsi qu’au White Cinema à Bruxelles.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

3 Commentaires

  • Posté par Giot Francis, lundi 17 juillet 2017, 18:51

    Vraiment marre de tous ces mots étrangers que l'on ne comprends pas ! le soir croit-il avoir uniquement des lecteurs universitaires ou bilingues ? lire le journal avec un dictionnaire de traduction n'a rien d'agréable... c'est peut-êtrela mode, même les pubs se terminent par un slogan incompréhensible; mais pourquoi diable ne sommes nous pas plus fiers de notre belle langue ? les journalistes et les animateurs radio et YV portent une lourde responsabilité

  • Posté par jacques rabbot, dimanche 16 juillet 2017, 13:33

    en parlant de saga médiévale, il est inconvenant de parler de "blockbuster". N'existe-t-il pas de mot français pour définir cela ? Le soir pourrait-il insérer la traduction de ce mot étranger?

  • Posté par Lustygier Michel, dimanche 16 juillet 2017, 21:45

    Comment, vous ne l'avez pas trouvé? . Cherchez encore

Sur le même sujet

Aussi en

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une