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Waterloo attend avec crainte la grosse foule

Selon les autorités, près de 100.000 personnes sont attendues le week-end prochain. Mais le site n’est pas conçu pour accueillir autant de personnes…

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 5 min

Combien seront-ils, vendredi et samedi, à Waterloo ? Selon les organisateurs, 65.000 : 60.000 spectateurs et 5.000 figurants. Selon les autorités, 100.000, si l’on compte tous les sans-tickets, venus en curieux ou en voisins. Des chiffres qui donnent le tournis à la myriade d’intervenants qui gèrent commémorations et reconstitutions.

Un dispositif similaire à Werchter

« Le lieu est clairement inapte à accueillir autant de gens », concède Patrick Parmentier, administrateur délégué de la société VO Communication, producteur délégué de l’événement. « Les 19 et 20 juin, on va avoir 60.000 personnes sur des routes qui ne sont pas conçues pour cela », confirme Michaël Jonniaux, directeur de la police fédérale de la route. Au centre de crise fédéral, on est en stand-by, « comme pour Tomorrowland ».

La police déploie un dispositif « similaire à celui du festival de Werchter ». Pour gérer au mieux l’événement, des milliers d’heures (16.000 pour la seule VO Communication) ont été nécessaires. Avec, au final, une certaine appréhension, palpable chez plusieurs de nos interlocuteurs.

Waterloo en 3 questions

1 Mobilité : comment éviter l’embouteillage monstre ?

En prenant les transports en commun ! C’est le message que répètent inlassablement les organisateurs. Ils ont négocié avec la SNCB la mise en circulation de trains supplémentaires (lire ci-contre). « Et, si l’affluence est plus importante que prévu, on peut toujours renforcer la ligne », assure Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB. Les TEC sont également mis à contribution pour les navettes gratuites au départ de la gare de Braine-l’Alleud : 60 bus circuleront en permanence. Un chiffre qui ne doit rien au hasard : « Les organisateurs ont travaillé avec une agence spécialisée qui a estimé, en fonction du profil des spectateurs, le nombre d’utilisateurs des transports publics », explique Stéphane Thiery, porte-parole des TEC.

Même les projections les plus optimistes prévoient quand même l’arrivée de 20.000 voitures chaque soir – c’est l’évaluation… minimale ! A la police fédérale, on multiplie les canaux de communication (Twitter, Facebook, RTBF) pour éviter le pire. Les craintes portent surtout sur le vendredi 19 juin : la pointe du soir est déjà très embouteillée sur le ring entre le carrefour Léonard et Haut-Ittre en temps normal.

« C’est pour ça que nous demandons aux automobilistes qui ne se rendent pas aux reconstitutions d’absolument éviter cette partie du ring vendredi et samedi, martèle Michaël Jonniaux.Mieux vaut faire le détour par Anderlecht et Wauthier-Braine. » Quant aux spectateurs, ils sont priés « de ne pas écouter leur GPS ». « S’il leur dit qu’en partant à 19 h ils seront sur place à 20 h, qu’ils oublient ! Il faut partir largement à l’avance. » « On veut à tout prix éviter que les gens arrivent en retard, très énervés. Mais, c’est sûr, en termes de mobilité, ce sera très difficile », reconnaît le porte-parole du centre de crise fédéral.

2 Sécurité : comment gérer pareille foule ?

L’un des points clés de l’organisation, c’est « une gestion dynamique des flux de personnes », précise Frédéric Leroi, chef de cabinet du gouverneur du Brabant. Lequel a établi un plan d’urgence mais a délégué la coordination de la sécurité à Braine-l’Alleud : « Un événement d’une telle ampleur, c’est une première pour la province. » Tous répètent d’ailleurs à l’envi qu’en cas de problème, ce sont les bourgmestres qui sont responsables. En l’occurrence, principalement Vincent Scourneau (Braine-l’Alleud) et Laurence Rotthier (Lasne), la majorité du site n’étant pas située sur le territoire de Waterloo.

Depuis février 2014, les réunions « plénières » – avec tous les intervenants, 45 au total – s’enchaînent. Outre les problèmes classiques lors de pareil rassemblement (ébriété, bagarres…) il faut ici, surtout, gérer les déplacements. « Nous avons notamment mis en place un système de parkings progressifs, explique Patrick Parmentier (VO). Les gens suivent les instructions des signaleurs ; on remplit les parkings au fur et à mesure. » Le moment le plus critique, c’est l’évacuation du site, après le spectacle.

« Regardez comment le parking C, au Heysel, se vide, explique Michaël Jonniaux. Or, on ne parle là que de 10.000 véhicules, et les voies d’accès sont nombreuses. » Ici, pour éviter l’encombrement, VO Communication a (notamment) prévu de laisser les stands de nourriture et boissons ouverts une heure après la fin des reconstitutions ; quant aux 7.000 VIP, ils se verront offrir… un dessert, pour qu’ils ne se ruent pas tous en même temps vers leur véhicule.

3 Organisation : pourvu qu’il fasse beau.

Les organisateurs ont tout prévu, même les orages ou vents violents, qui obligeraient à annuler les spectacles. Un scénario que Patrick Parmentier a bien sûr anticipé (par une assurance spéciale), mais qu’il préfère ne pas envisager. C’est qu’il joue gros dans l’aventure. Si le budget global est estimé à 10 millions, sa société en assume 6,5 – elle se rétribue sur toutes les rentrées escomptées.

« A priori, nous ne serons pas en déficit, mais cela dépendra largement de la météo », explique l’administrateur délégué. Lorsqu’il a commencé à travailler sur cette manifestation, en février 2014, il ne se doutait pas de pareil succès. « Nous avons été dépassés par l’engouement », avoue Vincent Scourneau, administrateur délégué de l’ASBL Bataille de Waterloo 1815, qui gère le spectacle mais pas la logistique. « Nous avons lancé la communication, l’an dernier, sur les réseaux sociaux, explique Patrick Parmentier. Avec des messages différents pour les Anglais et les Français. » Résultat : toutes les représentations sont sold out.

Les spectateurs proviennent de 75 pays ; 65 % d’entre eux sont belges, majoritairement francophones. Autre clé de la réussite : VO s’est associée à la société Verhulst, spécialisée dans l’événementiel pour entreprises ; chaque soir, 7.000 VIP sont attendus. Pour encadrer ce bicentenaire, plus de 2.000 personnes (bénévoles, intérimaires, fournisseurs) sont mobilisées. Sans compter les 300 policiers.

 

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