Matière reprend les Ateliers Poncin

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La passerelle de la Boverie a été conçue dans les Ateliers Poncin. © Michel Tonneau.
La passerelle de la Boverie a été conçue dans les Ateliers Poncin. © Michel Tonneau. - michel tonneau

Le tribunal de commerce a rendu son jugement vendredi dernier. Les Ateliers Roger Poncin seront repris par le groupe français Matière qui l’a emporté face à Aciers Grosjean, le second candidat repreneur. Matière proposait de reprendre l’ensemble du personnel, soit 44 personnes. Une offre qui tournait autour de 2 millions d’euros. De son côté, Aciers Grosjean avait revu son offre à la hausse, mettant 2,4 millions d’euros sur la table.

« Malgré cette différence de prix, Matière demeurait plus intéressant », indique Christian Boulangé, avocat qui défendait avec son fils Charles le groupe français. « Matière est spécialisée dans les ouvrages d’art. Pour honorer leurs commandes, il cherchait de nouveaux ateliers. »

La situation géographique de la commune est intéressante aux yeux de l’entreprise. «  Avec ces ateliers, ils seront proches du port d’Anvers. Un avantage pour l’exportation », continue l’avocat. « Ils croient également en les compétences des Ateliers Poncin. Ces sociétés spécialisées dans les ouvrages d’arts en acier sont assez rares en Belgique. »

Spécialiste en ouvrages d’art

Un domaine pour lequel la firme Grosjean « n’a aucune capacité de réalisation », ajoute-t-il. «  Or, pour les marchés publics notamment, il faut des agrégations. Grosjean avait ignoré ce problème-là. De plus, en créant une filiale à Clavier, celle-ci pourra bénéficier des agrégations de la maison mère. »

L’objectif de Grosjean en acquérant ces ateliers était également différent. « Je pense que c’était le plus important aux yeux du tribunal », souligne Christian Boulangé. « Grosjean aurait proposé une activité de grenaillage et profilage. Or, cela ne représente que 20 % de ce que font les Ateliers Poncin. Les ouvrages d’art correspondent à 80 % de l’activité de la société claviéroise. »

L’offre de Grosjean avait enfin un problème de recevabilité.« Ils n’avaient pas annexé une garantie bancaire sous forme d’attestation ou de note de confort », indique l’avocat. « Il était nécessaire de joindre une lettre de confort selon laquelle une banque s’engage si l’offrant engage l’affaire. »

Les mandataires de justice ayant été pendant longtemps du côté de Grosjean, « on a eu peur », confie Christian Boulangé. « Toutefois, c’est un jugement qui nous paraît normal, puisque l’objectif de la loi est de privilégier le maintien de l’emploi et de l’outil. J’espère que ce jugement fera jurisprudence. »

20 emplois créés?

Par J.G.

Pour Béatrice Louviaux, secrétaire principale CSC Metea Liège-Verviers, la décision du tribunal de commerce est satisfaisante «  dans la mesure où l’emploi et les aspects sociaux sont préservés », explique-t-elle. « Tout le monde sera normalement à Ocquier, et ils prévoient même d’engager une vingtaine de personnes supplémentaires. » Elle explique que Matière a besoin des Ateliers Poncin pour faire face aux commandes. « Ils vont continuer les ouvrages d’art, un savoir-faire tout à fait intéressant », continue la secrétaire principale. Patrick Moens, secrétaire régional à la FGTB Métal, estime que le groupe Matière était en effet beaucoup plus ouvert à donner des garanties. « J’ai bien insisté pour que la priorité en ce qui concerne les emplois créés soit pour les locaux », commente-t-il. « Le groupe Matière m’a répondu par l’affirmative, en ajoutant qu’il pourra aussi en former si besoin. » Il reste toutefois sur ses gardes. « Il n’y a pas encore d’accord signé entre les syndicats et Matière. Le groupe a simplement répondu à certaines de mes questions par mail », dit Patrick Moens.

 
 
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