Wanze: les défunts ont retrouvé un nom

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Le cimetière a fait l’objet d’un vol à grande échelle en 2014. © s.k.
Le cimetière a fait l’objet d’un vol à grande échelle en 2014. © s.k.

Nous sommes le 5 août 1914. Des soldats belges, issus principalement des 12e et 14e de ligne, font face à deux régiments allemands. La bataille se livre entre Barchon et la Meuse. Les Belges ne sont qu’une poignée (500 militaires seulement !) par rapport aux troupes allemandes composées de 6.000 hommes. Le combat est violent, les pertes sont nombreuses mais, malgré le déséquilibre, les soldats belges en sortent victorieux. Au terme d’une nuit de combat, les lignes allemandes sont finalement repoussées.

Dans nos rangs, trois officiers et 130 hommes vont néanmoins perdre la vie. Un premier cimetière avait été organisé sur le champ de bataille, un autre, officiel, est situé à Rabosée (Wandre) depuis le 5 août 1925.

En 2014, des voleurs ont pillé 162 tombes, subtilisant les plaques en laiton sur lesquelles les noms des militaires étaient inscrits. La revente s’annonçait juteuse pour les malfrats, qui n’ont d’ailleurs jamais été retrouvés, malgré la plainte déposée à l’époque par la Ville de Liège.

Mais la Défense a pu rendre à nos héros – dont une grande majorité de Liégeois – le respect volé en 2014. Depuis peu, des plaques en Gravolax, une sorte de plexiglas, ont comblé les espaces béants laissés sur les sépultures. Sur ces plaques en plexiglas, mêmes indications que sur celles en métal : y sont gravés le nom des défunts, leur lieu de naissance, ou encore le régiment auquel ils appartenaient.

Ce processus a pris du temps. « Il fallait remplacer un grand nombre de plaques et, pour que vous puissiez vous faire une idée, il faut une journée pour remplacer une plaque », explique Jean-Paul Hames, Commandant militaire de la Province de Liège. « Trois ans étaient donc nécessaires pour toutes les remplacer, car d’autres travaux étaient aussi prioritaires ».

Le coût du remplacement n’est pas énorme. « Je n’ai pas le montant exact, mais on est sous la barre des 10.000 euros », poursuit le Commandant. « Je pense que le temps que ça a pris a coûté plus cher que les matériaux utilisés. »

Le Gravolax présente de nombreux avantages, comme ceux d’être résistant aux UV et aux intempéries. Mais le plus important, par les temps qui courent, demeure certainement de ne pas valoir un seul kopeck sur le marché parallèle.

Un préjudice de 125.000 euros

En 2014, le vol était survenu en marge des commémorations de la Grande Guerre. A l’époque, la Défense avait estimé le montant du préjudice à 125.000 euros ! Le parquet de Liège avait même lancé un appel à témoins, qui n’a malheureusement pas porté ses fruits. A ce jour, les auteurs de ce vol courent toujours… Mais plus que l’argent, c’est aussi le devoir de mémoire qui en avait pris un sacré coup. « Des personnes viennent encore se recueillir et fleurir leurs proches », indique Jean-Paul Hames. « Il était donc important d’effectuer ce remplacement. » Fort heureusement, la Défense avait conservé les noms de chaque soldat enterré, ce qui a permis de mettre les bons noms sur les bonnes tombes. « Il existe plusieurs cimetières militaires sur la région, notamment à la Chartreuse. Et puis, les cimetières communaux ont également des carrés militaires où des soldats sont aussi inhumés. »

 
 
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