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Le bulletin des Belges au Tour: pas de victoire mais beaucoup de punch

Benoot 20e au général, De Gendt et Pauwels à l’attaque, Naesen bosseur... Le Tour des Belges n’est pas un fiasco.

Analyse - Temps de lecture: 4 min

De victoire d’étape il n’y a pas eu, pas plus de journée en jaune, un double bonheur que l’on avait connu grâce à Greg van Avermaet en 2016. . Mais le bilan du peloton noir-jaune-rouge au bout de ce 104e Tour de France ne peut raisonnablement se résumer à ces deux seules données. Comme le soulignait dans nos colonnes Johan Museeuw, les coureurs belges ont animé de nombreuses échappées et parfois crevé l’écran. « Il n’y a pas si longtemps, on traversait le Tour sans en voir un seul à la télé… » rappelait notre expert cyclisme.

Tiesj Benoot (Lotto-Soudal) découvrait les réalités sans égales du Tour, le Gantois n’a cessé de (se) surprendre, terminant dans un étonnant état de fraîcheur. Vingtième du général (2e Belge), apparu cinq fois dans le top 15 d’étapes rapides et exigeantes (Longwy, Vittel, Rodez, Puy-en-Velay et Romans-sur-Isère), le Flandrien a considérablement élargi son registre.

Le « tonton flingueur »

Pour certains, il est le « Supercombatif » du Tour, même s’il ne termine que deuxième de ce classement forcément subjectif, derrière Warren Barguil. Thomas De Gendt a intégré à onze reprises l’échappée et a passé 1047 kilomètres en tête, personne n’a fait mieux. Le « tonton flingueur » de Semmerzake (Audenarde) n’a, certes, pas toujours attaqué à bon escient mais a assuré une réelle visibilité à une équipe Lotto en souffrance.

Chapeau aussi au champion de Belgique Oliver Naesen, qui a fait honneur à son maillot noir-jaune-rouge au sein de la garde rapprochée de Romain Bardet. Très dynamique, tactiquement lucide, il a plusieurs fois sauvé la mise de son leader, l’amenant dans d’excellentes conditions au pied des derniers cols.

Le travail obscur est trop rarement mis en lumière. Si Marcel Kittel a pu exprimer ses fulgurances à cinq reprises, il le doit en bonne partie au travail ingrat mais ô combien précieux de son équipier Julien Vermote (Quick Step), qui a aligné les bouts droits avec une force et une abnégation exemplaires.

Serge Pauwels, premier Belge du général

Premier Belge du général (19e), le Lierrois Serge Pauwels (Dimension data) est comme d’habitude monté en puissance au fil des trois semaines, ajoutant à sa régularité quelques offensives vers l’Izoard et Salon-de-Provence. De son propre aveu, il vient de disputer « son meilleur Tour », lui qui sait pourtant ce que c’est de gagner une étape (Ajaccio 2013) et de porter le maillot jaune du Tour. Jan Bakelants (AG2R), punchy et habile tactiquement, a estimé, à juste titre, que la course à l’avant était la meilleure position pour concrètement aider Romain Bardet.

Contraint à l’abandon au soir du Puy-en-Velay, vaincu par un virus gastrique, Philippe Gilbert (Quick Step) était déçu de quitter un Tour avec lequel il avait renoué, quatre ans plus tard, avec conviction et beaucoup d’altruisme au profit de son sprinter Marcel Kittel.

Pas de hat-trick pour Greg Van Avermaet (BMC), qui rêvait de troisième victoire en trois étés mais est tombé sur plus fort à Rodez (2e), Longwy et Romans-sur-Isère (4e). L’empêcheur de tourner en rond s’est souvent nommé Michael Matthews.

Thomas Degand (Wanty-Groupe Gobert) se frottait pour la première fois au Tour et, en gérant calmement ses énergies, a sans souci traversé les massifs montagneux pour terminer 34e à Paris. Le Lessinois se cerne désormais avec plus de précision. Même satisfecit pour ses équipiers Frederik Backaert, roi des échappées en première semaine (639 bornes), et pour Guillaume Van Keirsbulck, qui avait crevé l’écran vers Vittel (180 km d’échappée) avant de régler le tempo du gruppetto en montagne.

Pépins physique et manque de carburant

Jürgen Roelandts (Lotto-Soudal) a comme d’habitude fait son job pour initier les sprints de Marcel Kittel mais la fusée allemande manquait de carburant. Longtemps en proie à des pépins physiques, Pieter Vanspeybrouck (Wanty-Groupe Gobert) est resté en mode gestion afin de rallier Paris.

Pour triompher le 21 juillet et embellir la fête nationale, Jens Keukeleire (Orica) a manqué de justesse en zone de finition (3e), s’inclinant à Salon-de-Provence face à la puissance de Boasson-Hagen.

Dimitri Claeys, pour sa première expérience sur le Tour il est vrai, s’est montré aussi discret que son équipe Cofidis.

Faible, Tim Wellens (Lotto-Soudal) l’était aussi, dans son corps, à cause de fortes allergies à la chaleur qui ont eu raison de lui. Contraint à l’abandon sur la route du Puy-en-Velay, exténué, le Limbourgeois n’a toutefois pas tout perdu. Son refus d’AUT pour se soigner a confirmé le sérieux et la rigueur extrême de Tim.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Marszalek Nancy, dimanche 23 juillet 2017, 23:46

    Pour Tim WELLENS, respect ! Mais son patron aura-t-il toujours la même éthique ??..(une désensibilisation prend un certain temps) . Choisir d'autres courses qui ne le mettent pas en difficultés cutanées (ce qui fait terriblement souffrir) ou ...choisir, malheureusement pour lui, un autre sport ... Courage !

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