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La classe politique libanaise divisée sur les conditions des retours

Certains prônent le dialogue avec le régime syrien, d’autres en appellent à la communauté internationale.

Temps de lecture: 3 min

Avec plus d’un million de réfugiés syrien pour quatre millions d’habitants, le Liban est le pays qui compte proportionnellement le plus de réfugiés au monde.

Une situation d’autant plus difficile que le Liban a vécu sous occupation syrienne de 1976 à 2005. Malgré ce passé douloureux, les libanais ont accueilli leurs voisins avec une générosité peu commune mais, de fait, la situation n’est pas tenable. L’infrastructure et l’économie locale ne parviennent pas à faire face.

Tandis que l’armée syrienne et ses alliés enchaînent les victoires militaires, la question de l’éventuel retour des réfugiés du Liban vers la Syrie agite la classe politique libanaise.

Négociations transfrontalières

La semaine dernière, le Hezbollah a appelé à une coopération entre les deux pays afin que la majorité des réfugiés puissent retourner chez eux. « Les récentes victoires militaires en Syrie et notamment à Alep ont signé le retour à la sécurité et au calme dans de larges zones (…) Le retour des réfugiés syriens est dans l’intérêt des réfugiés et du Liban », a déclaré le secrétaire général du parti Hassan Nasrallah, dont les combattants participent aux opérations militaires aux cotés des soldats de Bachar el Assad.

Quelques mois auparavant, le ministre des affaires étrangères syrien Walid Mouallem avait invité tous les réfugiés vivant dans des pays voisins de la Syrie à rentrer chez eux. « Le pays est prêt à les recevoir et à leur offrir une vie digne » avait-il déclaré à l’agence de presse syrienne SANA.

Pour joindre l’action à la parole, le Hezbollah a participé à des négociations transfrontalières qui ont permis le rapatriement, mercredi dernier, d’environ 250 réfugiés de la région de Ersal au Liban vers la localité de Assal al-Ward, au nord-est de Damas.

Problèmes de sécurité, selon l’ONU

Les Nations Unies n’ont pas été impliquées dans ces rapatriements et s’en désolidarisent estimant que les conditions de sécurité en Syrie ne sont pas suffisantes pour que les réfugiés puissent rentrer chez eux.

Si la perspective du retour des réfugiés en Syrie est accueillie favorablement par toutes les parties libanaises, les conditions de mise en œuvre sont loin de faire consensus.

D’un côté, il y a ceux qui à l’instar du Hezbollah prônent une coopération avec Damas et de l’autre ceux qui refusent tout dialogue avec le régime de Bachar el-Assad.

Nabih Berry, chef du parlement libanais est du premier camp. « Je suis pour une coopération à 100 % avec le gouvernement de Damas », a-t-il déclaré à la presse libanaise.

Face à lui, le premier ministre Saad Hariri en appelle à la communauté internationale. « Nous ne traiterons de cette question qu’en étroite coordination et planification avec l’ONU et ses agences spécialisées », a-t-il insisté.

Depuis le début des combats en 2011, plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.

 

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