Wanze: Biowanze teste le son de blé

André Tonneau, le directeur de Biowanze, tente de développer le site comme un bioraffinerie. © j.g.
André Tonneau, le directeur de Biowanze, tente de développer le site comme un bioraffinerie. © j.g. - j.g.

Le projet ValBran est lancé depuis janvier 2017. Divers organismes belges et français se sont regroupés avec un objectif : valoriser le son de blé.

« L’idée est de fractionner les polymères pour avoir des monomères de glucide qui font office de brique de base », détaille Caroline Rémond, cheffe de file du projet. « On ajoute alors dans celles-ci des molécules tensioactives. »

Concrètement, que permettent ces molécules ? « Les détergents peuvent être plus efficaces en matière de nettoyage », répond Caroline Rémond. « Ces molécules permettent aussi aux cosmétiques de mieux pénétrer dans la peau. Dans le même ordre, les produits phytosanitaires pénétreront plus facilement les plantes grâce à elles. »

Autre avantage de ces molécules : elles sont d’origine naturelle, et non pétrosourcées. « Comme elles ne sont pas produites de façon chimique, elles sont beaucoup plus propres », souligne Caroline Rémond. « Les résidus de son de blé enrichis en protéines et générés durant le procédé représenteront aussi un intérêt pour l’alimentation animale. »

Résultats prometteurs

Ces recherches ne vont pas se restreindre à des recherches en laboratoire. Les résultats les plus prometteurs seront testés dans différentes industries. La première d’entre elles à recevoir, en septembre, les neuf organismes français et belges du projet ValBran se trouve être Biowanze, l’usine de bioéthanol wanzoise.

C’est l’ASBL Valbiom qui les a mis en rapport. « Valbiom recherchait un industriel qui pourrait bénéficier des résultats des recherches des différents organismes du projet ValBran », explique André Tonneau, directeur de Biowanze. « Or, de notre côté, on essaye de développer le site comme une bioraffinerie. Le son du blé pourra servir de matière première. »

André Tonneau explique que le son pourrait être une nouvelle corde à leur arc. « Le blé contient des grains d’amidon que l’on transforme en bioéthanol. On aimerait rajouter une corde à notre arc, c’est un domaine novateur pour nous. Au fil des recherches, on fera des études de marché pour voir le volume idéal à produire. »

Il ajoute qu’une partie du son est actuellement incinérée dans une chaudière pour faire tourner l’usine et économiser la consommation de l’énergie fossile. « C’est une biomasse pour ne pas brûler du gaz naturel. Une partie de ce son pourra être utilisée dans des domaines comme l’alimentation humaine ou animale, ainsi que dans des produits cosmétiques. Cet axe fait partie de l’enveloppe des recherches de ValBran. »

En septembre, les divers partenaires réunis sous le projet ValBran vont présenter les premiers fruits de leurs recherches à Biowanze. Le projet devrait toucher à sa fin en 2020.

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