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Namur: les fraises de Wépion pourraient être moins nombreuses

Les températures élevées des derniers jours sont favorables à la prolifération des insectes, selon certains producteurs. Les caprices de la météo pourraient avoir des conséquences sur les quantités récoltées.

Temps de lecture: 3 min

Les températures en hausse à Namur sonnent l’arrivée des fraises de Wépion. Cependant, même s’il faut de la chaleur aux fraises, cette année, il y en a beaucoup trop.

En effet, elle attire les insectes qui détruisent les plantes. « Plus les années passent et plus il semble impossible d’arrêter la prolifération des insectes », explique Luc Warnez, producteur des véritables fraises de Wépion. « Depuis 2003, on a beaucoup diminué les pesticides et on est soumis à des normes d’utilisation de produits, strictes, qu’on ne peut pas dépasser. On est donc obligé de laisser faire les bêtes. »

Que les amoureux des fraises se rassurent, il y aura encore des fraises, mais en plus petite quantité. Le problème, c’est qu’à cause des insectes, le rendement est moins important. Les fraises se conservent aussi plus difficilement. Ces caprices météo vont donc avoir des répercussions sur le portefeuille des gourmands : « Le ravier coûte 4 euros. Nous comptions baisser les prix, mais vu que l’on récoltera moins de fraises, ce ne sera pas possible », précise Luc Warnez. « Les récoltes d’été ne sont pas terminées, donc on a encore des fraises en stock bien qu’il y en ait moins. Nous en planterons d’autres en septembre, j’espère que cette récolte sera moins touchée par les nuisibles. »

Pas ce problème à la criée

Du côté de la criée de Wépion, on est beaucoup plus optimiste. Il faut savoir que les fraises de la criée viennent de différents producteurs de la région. Ils ont donc chacun sa façon de traiter leurs fraises. Christine Mathieu, la gestionnaire de la criée de Wépion, explique : « Cette semaine, nous sommes dans un creux donc nous n’avons pas de fraises. Mais dès la semaine prochaine, nous serons ravitaillés. Nos producteurs arrosent les plantes malgré la sécheresse, donc les plantes survivent. On ne ressent pas vraiment d’effet négatif pour le moment. »

Mais pour Luc Warnez, dès l’année prochaine, de nouvelles dispositions s’imposent : l’investissement dans des filets d’ombrages. Ces filets vont permettre de protéger les fraises de la chaleur, mais également d’empêcher les insectes d’attaquer les plantes. « Cet investissement est très coûteux. J’ai 16 hectares de champs de fraises et les filets coûtent 1,60 euro par m². Vous imaginez donc que c’est beaucoup d’argent à sortir pour un producteur », précise-t-il.

En effet selon lui, les fraises sont de moins en moins résistantes à la chaleur : « Il y a quarante ans, les fraises brûlaient à cause du soleil à partir de 40 degrés. Aujourd’hui, dès que l’on atteint les 28 degrés, elles brûlent déjà. A mon avis, le problème du changement climatique est encore bien plus important que ce que l’on nous fait croire. »

A la criée comme chez Luc Warnez, les fraises de Wépion sont encore là jusqu’au mois de septembre au moins.

 

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