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U2, Rihanna, Macron et la diplomatie paillettes

Depuis une semaine, Macron, dont les débuts à l’international ont été salués, subit un revers sur la scène nationale. Et il est peu probable que son coup de com, en recevant les deux stars, ne fasse remonter sa cote de popularité.

Commentaire - Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 3 min

L a créativité contre la pauvreté ». Le gimmick n’est pas sorti du chapeau de l’Unicef pour sa prochaine campagne de sensibilisation. C’est à Emmanuel Macron qu’on le doit. Le président français, qui multiplie les rencontres diplomatiques au sommet – après Poutine, Trump et Netanyahou, c’était le tour ce mardi des deux hommes forts de Libye Sarraj et Haftar – change de cap cette dernière semaine de juillet.

Après avoir reçu ce lundi Bono, le leader de U2, c’est la chanteuse barbadienne Rihanna qui reçoit les faveurs de l’Elysée. On est loin des chefs d’État aux tempes grisonnantes.

« Il n’y a pas que les politiques qui font bouger le monde », a glissé un proche du président français pour justifier la venue des deux stars. Car si l’annonce de la venue de Trump ou Poutine avait fait se lever des sourcils circonspects, les invitations lancées au rockeur irlandais et à la diva du R’n’B sont loin de faire l’unanimité. Décidément, même U2 ne met pas tout le monde d’accord.

Ce n’est pas tant le geste des deux célébrités qui est remis en cause. Bono n’a plus grand-chose à prouver, son engagement humanitaire remonte à 1999. Les présidents français, il les collectionne : Chirac, Sarkozy, Hollande… Tous lui ont déjà ouvert les portes de l’Elysée. Ambassadrice pour le Fonds pour l’éducation, personnalité humanitaire de l’année selon Harvard, Rihanna avait déjà interpellé le prédécesseur de Macron. Bref, des stars qui – avec le culot que leur permet la célébrité – alpaguent des chefs d’Etats pour défendre une cause qui leur tient à cœur. Rien de bien original.

Goût amer

C’est le coup de com de Macron qui laisse un goût amer. Depuis une semaine, le président français, dont les débuts à l’international ont été salués, subit un revers sur la scène nationale. Réforme du code du travail à coups d’ordonnance, projet de loi antiterroriste controversé, polémique sur la baisse des aides personnalisées au logement… Le président défend des réformes rudes, qui lui valent une chute de popularité. Il verrouille sa communication, sans expliquer son action.

Avec Bono, le président a discuté « éducation pour les filles et sexisme ». Dix jours avant, l’Elysée annonçait la réduction de 25 % des crédits du secrétariat d’Etat aux droits des femmes. Avec Rihanna, c’est de droit à l’éducation qu’il devrait être question. La douche froide financière s’est abattue aussi dans l’enseignement supérieur et la recherche avec l’annonce de l’annulation de 331 millions d’euros de crédits pour 2017.

La stratégie des politiques qui se frottent aux stars a peut-être fait son temps. Elle a en tout cas froissé un syndicat de police qui, las de ne pas recevoir de réponse du président français à sa demande d’audience, a pris le taureau par les cornes en publiant une petite annonce. « Recherche une personne du show-biz pour que notre président s’intéresse aux conditions de travail des policiers ».

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1 Commentaire

  • Posté par Monsieur Alain, mercredi 26 juillet 2017, 19:50

    Madame Buisson : Il vous a fait quoi Macron ? Il ne s'appelle pas Mélenchon ? Vous pensez qu'il court après sa "cote de popularité" ? Vous pensez que c'est ainsi qu'il veut gouverner ? En demandant tous les 15 jours à la population ce qu'elle pense de son action ? En s'inspirant du verbiage journalistique ? Lisez un peu à son sujet et vous saurez qui il est et comment il va faire ! La France a besoin de renouveau politique (pas qu'elle d'ailleurs). Il est indispensable de laisser le temps aux politiques de faire ce pour quoi ils sont payés : de la politique. Et la politique ça ne doit pas (plus) être un reality show où on court après l'audience en permanence en jouant avec les émotions des gens. Les échéances arriveront à leur heure pour juger de l'action de ce Président. Pour moi, votre article, c'est du "bac à sable journalistique".

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