Mont-de-l’enclus: une fermette du XVIIIe déclassée

La fermette en passe de déclassement a été rénovée il y a plus de 20 ans. © SP.
La fermette en passe de déclassement a été rénovée il y a plus de 20 ans. © SP. - dr

A lire la pétition signée par une trentaine de personnes, il est clair que les riverains n’apprécient pas tellement le déclassement probable de cette partie de ferme pourtant dûment classée en 1985 par la Région wallonne. D’après Pierre Duponcheel, un historien local, ce corps de ferme serait le vestige d’un château seigneurial ayant appartenu au comte François d’Ayasasa, originaire de Bilbao. Le comble, c’est que des subsides avaient été octroyés en 1990 pour la réfection de cette tour.

« Nous craignons qu’une fois déclassée, la ferme ne soit complètement détruite pour y construire des appartements comme nous l’a précisé la propriétaire  », explique Luc Vandeguchte, un voisin proche. « C’est quand même fou : on utilise de l’argent public pour la remettre en bon état et désormais on pourrait tout détruire pour y placer une nouvelle construction. » « On ne va pas en faire une affaire d’Etat, mais même le conseil communal a rendu un avis défavorable à ce déclassement », rajoute le bourgmestre du Mont-de-l’Enclus, Jean-Pierre Bourdeaud’huy.

La Wallonie a décidé dans un premier temps de déclasser dix-huit monuments. Dix le sont déjà, et huit autres sont en passe de l’être. Parmi ces dix derniers, on compte en Wallonie picarde cette ferme au Mont-de-l’Enclus et le château du Grand Châtelet à Celles. La loi sur la conservation des monuments et sites remonte en effet à 1931. Le ministre du Patrimoine, Maxime Prévot, veut vérifier si les critères qui ont justifié le classement de près de 2.800 biens sont toujours présents et justifiés.

Une volonté d’économie ?

Une opération pilote a été menée sur 550 chapelles, fermes et maisons. Résultats : dix-huit édifices sont sur la sellette ou déjà déclassés. Chaque propriétaire d’un bien classé reçoit pour l’entretien et la réparation de son bâtiment une subvention régionale. Un budget annuel qui représente 25 millions d’euros par an.

Plusieurs y verront une volonté de la Région de faire des économies. En attendant, tout bien déclassé ouvre la possibilité à son propriétaire d’en disposer dans une plus large mesure. De là à détruire pour reconstruire à neuf, il n’y a qu’un pas que certains oseront franchir.

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