Nouvel échec pour Trump: le Sénat américain rejette l’abrogation partielle de l'Obamacare

Les républicains, minés par leurs dissensions internes, ne sont à nouveau pas parvenus à abroger l’Obamacare, leur cheval de bataille depuis maintenant sept ans. Ce vote porte un coup dur à l’ambition du président Trump de démanteler les réformes de santé de son prédécesseur Barack Obama. Il constitue «  une déception », a déclaré le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell.

Abrogation « à minima »

Les sénateurs répulbicains Lindsey Graham, Ron Johnson et John McCain ont mené la fronde républicaine. Jeudi, les trois sénateurs se sont opposés à une option surnommée « l’abrogation a minima », qui devait être discutée et dont le vote a été rejeté ce vendredi. Ce projet prévoyait de supprimer plusieurs mesures mises en place par l’Obamacare, comme l’obligation faite aux particuliers de souscrire à une assurance-santé sous peine d’amende, ou celle faite aux entreprises de proposer une couverture à leurs salariés, mais maintiendrait plusieurs pans de la loi passée par le président démocrate.

Les républicains ne comptaient pas faire de ce projet une loi à part entière, mais entendaient plutôt l’utiliser comme base de négociations dans les allers-retours avec la Chambre des représentants. Mais certains sénateurs républicains ont pris peur que la chambre basse ne change d’avis et ne vote le projet en l’état, ce qui l’enverrait automatiquement devant le président Trump, qui n’aurait plus qu’à promulguer la loi. «  Je crains, comme d’autres, que la Chambre ne vote ce texte, ce ‘projet a minima’, et que, étant donné que c’est mieux que rien, cela finisse sur le bureau du président », a déclaré Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, devant les journalistes. «  Juste parce qu’il faut qu’on produise quelque chose, je ne vais pas voter pour un projet de loi qui résulte d’une mauvaise politique générale et qui a été aussi mal amené », a-t-il ajouté en qualifiant le texte de «  désastre ».

Les sénateurs Ron Johnson John McCain et Lindsey Graham. © AFP
Les sénateurs Ron Johnson John McCain et Lindsey Graham. © AFP

Abroger et après ?

Cela fait trois jours que les républicains sont embourbés dans ce débat après avoir volontairement prolongé la session parlementaire pour tenter enfin de trouver un compromis entre l’aile la plus conservatrice du parti et les modérés. Les premiers entendent se débarrasser purement et simplement de l’Obamacare, alors que les seconds veillent à ne pas laisser leurs électeurs les plus défavorisés totalement démunis. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) a expliqué la semaine dernière qu’une abrogation sèche de l’Obamacare, sans remplacement, augmenterait de 17 millions le nombre de personnes sans assurance santé en 2018.

Le Sénat avait voté de justesse mardi pour une simple motion de procédure qui autorisait la réouverture des débats, avec pour objectif d’adopter cette semaine un projet de loi abrogeant au moins partiellement Obamacare. Mais les réjouissances ont été de courte durée, puisque dans la foulée, neuf sénateurs républicains s’étaient déjà joints à l’opposition démocrate pour rejeter un projet d’abrogation et de remplacement complet. Mercredi, ils étaient sept à rejeter un projet de démantèlement sans remplacement de la loi existante.

Donald Trump est particulièrement sensible a l’issue de ce texte, lui qui n’a cessé de promettre pendant sa campagne qu’il en finirait avec Obamacare à peine arrivé à Washington. Pour ce faire, il manie tour à tour la carotte ou le bâton pour motiver les parlementaires du Grand Old Party (GOP). «  Allez les sénateurs républicains, vous pouvez y arriver avec le système de santé », avait-il tweeté jeudi matin pour les encourager.

 
 
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