Les écoles bruxelloises, patrimoine architectural

Dans son ouvrage Bruxelles au tableau noir, Thierry Demey se penche sur le patrimoine des écoles de la capitale. L’écrivain belge, passionné par le développement historique de Bruxelles, plonge les lecteurs dans l’histoire de l’architecture scolaire, et tente d’expliquer comment « cette architecture a été foncièrement influencée par le projet pédagogique qui se cachait derrière. Le patrimoine des écoles reflète cette opposition idéologique catholique/laïque à la fois dans les styles adoptés et la façon de construire », explique l’auteur. Thierry Demey, qui a déjà une liste impressionnante d’ouvrages sur Bruxelles à son actif, s’est donc lancé dans la visite des écoles de la capitale. « Le patrimoine scolaire bruxellois est tout à fait remarquable et il n’est pas vraiment mis en valeur. Je voulais voir ce qui se cache derrière les briques et les pierres, poursuit l’auteur. J’ai visité toutes les écoles du livre, j’ai passé beaucoup de temps à frapper aux portes. Je me suis rendu compte qu’il y avait une richesse insoupçonnée. »

Les premières pages rassemblent un rappel de l’histoire de l’enseignement en Belgique, « caractérisé par cette opposition frontale et permanente entre l’enseignement officiel et libre ». L’auteur nous relate, notamment à l’aide de nombreuses illustrations, les événements qui ont jalonné l’histoire scolaire. « J’ai voulu montrer qu’il y a eu deux grands épisodes de guerre scolaire entre les laïcs et les chrétiens : un épisode vers 1870, et un autre vers 1950 qui a abouti au Pacte scolaire de 1958. Entre les deux, on a tenté de faire des compromis. » L’histoire scolaire en Belgique est donc avant tout l’histoire de la guerre scolaire entre les tenants des deux philosophies. Ce condensé très complet abordera les périodes clés, depuis la mainmise du clergé sur l’enseignement, en passant par la tentative de l’Etat de s’emparer de l’école, jusqu’au Pacte scolaire de 1958.

Place ensuite à l’histoire et l’évolution architecturale de l’enseignement public et des écoles communales et de l’enseignement libre et des écoles paroissiales. Les anecdotes se poursuivent au fil des pages, avec par exemple un chapitre consacré à l’histoire singulière du collège Saint-Michel ou encore à l’architecte belge Henri Jacobs. « On ne pense pas que l’Art nouveau ait pu rentrer dans les écoles. Mais il y a bien une dizaine d’écoles Art nouveau à Bruxelles, dues à Henri Jacobs. Ces écoles sont principalement situées à Schaerbeek et sont des merveilles, car Jacobs s’est rendu compte que mettre du beau dans les écoles, cela faisait partie de l’éducation et de l’enseignement des enfants », explique Thierry Demey. Un inventaire des écoles, avec leur style architectural et année d’inauguration, clôture l’ouvrage.

Thierry Demey compte se lancer, dès l’année prochaine, dans l’écriture d’un livre consacré cette fois-ci aux transports publics bruxellois.

 
 
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