Foire de Libramont: une espèce rustique dans la province

Dans l’espace de la Ferme enchantée, Mélanie Malzahn continue à cajoler ses bêtes. © J.-L. B.
Dans l’espace de la Ferme enchantée, Mélanie Malzahn continue à cajoler ses bêtes. © J.-L. B. - J.-L. B.

C’était son rêve d’enfant, être agricultrice ! Alors qu’elle a une formation d’architecte d’intérieur, Mélanie Malzahn a choisi de réaliser son rêve à Ligneuville (Malmedy). Voici quelques années, elle a constitué un petit cheptel, mini même quand on connaît le monde actuel des éleveurs, avec six vaches. Mais pas de n’importe quelle race. La rouge-pie de l’Est. Si la pie rouge est omniprésente sur le terrain des éleveurs laitiers, la rouge-pie de l’Est est bien différente. Plus petite, mais plus ronde, avec une robe moins tachetée et surtout, il s’agit d’une race mixte, c’est-à-dire qu’elle est laitière et viandeuse.

Mélanie Malzahn la présentera durant tout ce week-end à la Foire de Libramont, au cœur de l’espace « La ferme enchantée » dédié aux familles. Mais tout le monde y trouvera son compte pour y découvrir des animaux et des techniques de dressage des chevaux, par exemple, pour les voir de près et même caresser lapins, chèvres et moutons.

Mélanie Malzahn est passionnée par cette race rustique qui a quasiment disparu dans les années 70. Il n’y a plus eu de « herd book », un registre de recensement d’animaux appartenant à une même race défendue et promotionnée par des éleveurs adhérents. « C’était, dit-elle, l’époque de la holsteinsation, de l’émergence des pies noires et rouges beaucoup plus productives en lait. Mais quelques éleveurs têtus ont su préserver cette race pure durant plus de trente ans, ce qui a été prouvé par des analyses génétiques. Et nous avons lancé une initiative pour la faire reconnaître à nouveau. On travaille avec l’université Agro Bio Tech de Gembloux. »

La race a quelques critères spécifiques : des pattes blanches, la pointe de la queue blanche, plus de 50 % du pelage doit être de couleur rouge, notamment.

Un troupeau agrandi

C’était donc une grande « première » pour ces miss revenues en invitées de marque sur la Foire de Libramont. Un bel honneur que Mélanie savoure. Il ne reste plus qu’un millier de rouges-pies de l’Est en Belgique, concentrées principalement dans les cantons de l’Est. Elles peuvent évidemment vivre ailleurs mais elles sont rares à trouver.

Daniel Touillaux, un électricien libramontois, se passionne en complément de son métier pour l’élevage. Il a notamment acquis trois rouges-pies et en est ravi. « Ce sont des vaches très paisibles, très agréables. Mais elles sont difficiles à trouver. J’espère quand même pouvoir agrandir ce mini-troupeau ! » Depuis 2015, le nombre de veaux est multiplié par trois.

Mélanie, micro en mains, explique qu’elles peuvent être élevées tant en méthode bio que conventionnelle. Elle a entre-temps agrandi son troupeau à 23 bêtes, le tout en bio.

« Elles produisent de 4.500 à 6.500 litres de lait par an. C’est une bonne moyenne pour une race mixte. » Du lait qui est pour l’heure vendu mélangé à celui d’autres races laitières. De là a germé un projet de développer une fromagerie en coopérative, pour utiliser uniquement ce lait-là. Le dossier se construit. En attendant, Mélanie produira déjà un peu chez elle.

La viande peut aussi être consommée. Quatre bouchers de cette région des cantons de l’Est en vendent parfois, mais en deux jours, tout est parti.

 
 
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