Foire de Libramont: 10% de la superficie agricole wallonne sont cultivés en bio

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Au chapiteau «
En terre bio
», on peut rencontrer des producteurs, se renseigner et déguster une grande variété de produits. © J.-L. B.
Au chapiteau « En terre bio », on peut rencontrer des producteurs, se renseigner et déguster une grande variété de produits. © J.-L. B. - J.-L. B.

Presque ignoré voilà dix ans, en tout cas marginalisé dans un coin de la Foire, le secteur bio a su peu à peu gagner du galon et un terrain visible en plein cœur de la Foire, face au LEC (Libramont Exhibition Congress) . Ces dernières années, le bio avait son chapiteau. S’y ajoute cette année un parcours bio qui essaime sur tout le champ de foire ! Le bio n’est en effet plus anecdotique dans nos champs. Et la Foire ne pouvait l’oublier, d’autant plus qu’elle promeut plus que jamais les productions de proximité, qu’elles soient agricoles ou forestières.

Le chapiteau « En terre bio » est géré par l’Unab, l’Union nationale des agrobiologistes belges. Dominique Jacques, son président, est très satisfait du chemin effectué depuis une dizaine d’années, lui qui porte ce secteur avec passion, conviction et modestie. Le bio, c’est un concept qui vise l’absence de pesticides et autres produits chimiques, dans un esprit de respect de l’environnement, des hommes et des animaux, dont le bien-être est intégré. Mais le bio prône aussi des achats locaux, et un concept équitable visant à offrir un prix d’achat rémunérateur aux producteurs, sans que ce soit outrancier pour les consommateurs.

Le bio évolue

« Un hectare agricole wallon sur dix est cultivé de façon biologique, explique Dominique Jacques. Les agriculteurs ont au fil des ans appris à regarder autrement. Certains sont passés par une agriculture raisonnée, avant de cultiver en bio. Mais sur la Foire, de nombreux visiteurs nous demandaient, outre notre chapiteau, où l’on pouvait trouver du bio. De là est née l’idée de créer un parcours bio, comme il y en a pour l’élevage, le lait, l’innovation, etc. On y a travaillé depuis huit mois, avec la Foire qui a été très ouverte. Il y a là une équipe formidable qu’on ne voit pas mais qui travaille et écoute. Sur la Foire, il y a par exemple des marchands d’aliments pour bétail qui ne vendent que 10 % de produits bio, mais nous avons voulu les identifier plus clairement. Ils le sont dans le programme officiel avec chaque fois un petit macaron. Idem pour des machines innovantes, par exemple pour désherber de façon bio dans des cultures maraîchères. Il faut des machines précises. Le bio, ce n’est pas un concept ringard ! »

Soixante firmes ont été choisies par l’Unab, notamment l’AWE, l’Agence wallonne de l’élevage, qui « a été la plus difficile à convaincre. Mais elle constate que de plus en plus de fermes qu’elle conseille vivent aussi à l’ère du bio. Il faut vivre avec son temps… »

Le bio évolue donc, notamment le lait l’an passé, qui a connu une forte poussée, liée à l’attractivité des prix. «  Le lait bio se vend entre 45 et 50 cents depuis deux ans, le double du lait conventionnel. Les grandes cultures maraîchères de Hesbaye bougent aussi dans ce sens, notamment. Certains font évidemment du bio uniquement pour toucher les primes liées à ce secteur, mais ils sont minoritaires. Et cela ne dure qu’un temps… »

Le porc: le secteur tente de retrouver de l’air

Par Jean-Luc Bodeux

Le secteur porcin survit de crises en crises depuis des années, et cela touche tant le secteur conventionnel que le bio. Or, on importe plus de 50 % de porc bio. Et la filière perd des poils… « En 2015, nous comptions 52 producteurs bio. En mars 2016, il n’y en avait plus que 39, constate Liora Jacobs, chargée de mission pour redynamiser ce secteur. Le problème est que le prix n’est pas suffisant pour en vivre décemment. Les producteurs doivent se réapproprier l’aspect commercial dont ils étaient souvent déconnectés. Il fallait tenter de remédier à ce paradoxe, d’autant plus que tous les producteurs de porcs bio ne le sont qu’à titre complémentaire. Le ministre Collin (CDH) nous a aidés financièrement pour trouver des solutions. »

Le 23 décembre dernier, le groupement de porcs bio « GP Porcs Bio » a été reconnu par le gouvernement wallon. Le projet a permis aux éleveurs de comprendre qu’il fallait qu’ils reprennent en mains leur filière en mutualisant leurs efforts, grâce à la coopération et en toute transparence. Les producteurs échangent donc leurs données, leurs infos pour améliorer la filière à tous les niveaux. Mais seuls 19 des 39 producteurs bio en font partie, certains préférant vendre en direct ou via leur filière personnelle. « Mais il y a une vraie émulation, poursuit Liora Jacobs. Je pense que d’autres vont rejoindre le groupement qui a un cahier de charges encore plus pointu. »

A l’intérieur du groupement, il   y a des différences dans les niveaux de production, mais on est loin, très loin du système industriel. La rémunération est par ailleurs très différente : 1,5 à 2 euros au producteur pour un kilo de carcasse, contre plus de 5 euros dans le secteur bio.

Ce vendredi, le groupement GP Porcs bio a signé une convention avec la coopérative Farm présente à Bruxelles et à Louvain-la-Neuve, Farm s’engageant à acheter à 4,80 euros le kilo, du porc bio issu de cette filière.

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