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Des drones pour traquer les marchands de sommeil à Anderlecht

L’échevin anderlechtois Gaëtan Van Goidsenhoven estime que les prises de vue aériennes représentent un atout intéressant pour détecter les infractions. Et lutter contre les marchands de sommeil.

Reportage - Journaliste service Bruxelles Temps de lecture: 4 min

Les services d’urbanisme anderlechtois disposent désormais d’une nouvelle arme pour traquer les infractions en tout genre commises sur le bâti : le drone. A l’origine de cette initiative l’échevin Gaëtan Van Goidsenhoven (MR). « Un jour, une connaissance m’a demandé si j’avais déjà pensé à utiliser des drones pour ce type de mission. Nous nous sommes alors renseignés auprès de plusieurs sociétés spécialisées et, avec les services techniques, nous sommes dit que cela valait la peine d’envisager d’étoffer notre arsenal. »

Le projet a ainsi été lancé en février dernier lors d’une phase test jugée plutôt concluante. Un premier survol concentré sur Cureghem et plus précisément la zone située entre la chaussée de Mons et les rues du Transvaal et Carpentier. Dont coût pour l’opération : 1.600 euros. « Le test comprenait l’usage d’une caméra prenant des images traditionnelles et une autre, thermique, pour voir s’il est possible, à terme, de travailler également sur la problématique de la performance énergétique des bâtiments », souligne l’échevin libéral.

Plusieurs essais concluants

Au rayon urbanistique, plusieurs infractions ont pu être mises au jour. « Le service s’est penché sur la qualité des images et jugé qu’on pouvait encore améliorer les choses, en modifiant l’orientation de la caméra par exemple. Néanmoins, les images récoltées se sont avérées exploitables et plus précises que ce que l’on peut obtenir via Google Earth par exemple. Pas mal de points ont été relevés, en ce compris des infractions graves. »

En juin dernier, une deuxième opération a été menée, toujours dans le quartier sur un îlot voisin s’étirant entre la maison communale et la gare du Midi. « Nous avons choisi ces secteurs car il s’agit d’anciens quartiers industriels où l’on retrouve un labyrinthe de bâtiments dont certains ont été construits de manière sauvage et il est donc très compliqué d’y voir clair. Nous avons tiré les leçons de la première expérience et opté uniquement pour des photos haute résolution. »

Avec là encore, une série de faits immortalisés à grands coups de zoom. « Toutes les informations récoltées font actuellement l’objet d’analyse approfondie et, le cas échéant de visites sur le terrain pour confirmer d’éventuelles infractions. »

Marchands de sommeil

Outre les entorses aux règlements urbanistiques, une attention toute particulière a été portée aux propriétaires véreux. « Nous avons par exemple repéré en façade arrière d’un bâtiment et donc non visible de la rue, une série d’antennes paraboliques synonyme en l’occurrence de la présence d’un marchand de sommeil qui fait sans doute beaucoup d’argent sur la misère humaine ».

Côté riverains, aucune plainte n’a été relevée concernant le passage des drones. « Nous sommes bien entendu passés par une société qui disposait de toutes les autorisations nécessaires pour le survol, les jours étant choisis en fonction de la météo. Il n’y a par ailleurs eu aucune levée de boucliers, certaines personnes nous ont même demandé s’il n’était pas possible de faire voler un drone au-dessus de leur quartier », sourit notre interlocuteur.

Mettre de l’ordre

Doit-on pour autant s’attendre à voir les drones envahir le ciel anderlechtois ? Non, répond Gaëtan Van Goidsenhoven. « L’expérience est concluante, mais on ne va pas faire cela 50 fois par an pour la bonne raison que cela représente un coût et parce que le traitement des données demande du temps. » Et le libéral de préciser que le drone est avant tout un outil supplémentaire. « Il faut pouvoir réaménager les quartiers et notamment ces zones postindustrielles où il est plus que temps de mettre de l’ordre. Pour cela, il y a bien sûr les contrats de quartier ou de revitalisation urbaine. Nous avons aussi travaillé sur la problématique des voitures de seconde main mais il faut utiliser toutes les armes à notre disposition. S’il peut paraître un peu exotique de prime abord, le drone en est une car il peut nous permettre de gagner du temps et de gagner en efficacité. »

 

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4 Commentaires

  • Posté par Van Braekel Benoit, lundi 31 juillet 2017, 13:14

    L'objectif est plus que louable mais la méthode n'est elle pas à la limite de la légalité? D'autant qu'en mai 2018 le GDPR (Règlement Général sur la Protection des Données) et la Directive "Police - Justice" entreront en vigueur. Un organe de presse concurrent avait déjà fait le point il y a quelques années. https://www.rtbf.be/info/societe/detail_surveillance-apres-les-cameras-les-drones-peuvent-ils-vous-espionner?id=8059871

  • Posté par Arnould Philippe, lundi 31 juillet 2017, 10:34

    Mmmh, s'il y a des marchands de sommeil, c'est surtout parce que l'offre de logement est trop faible à Bruxelles par rapport à la demande. Si vous voulez des SDF en plus, lutter contre cette offre, c'est une bonne solution. Interdire à des pauvres de se loger parce qu'on juge cela indigne n'est pas la solution. On devrait aussi leur interdire de se nourrir parce qu'on trouve indécent qu'ils mangent une nourriture de piètre qualité ?

  • Posté par Van Obberghen Paul, lundi 31 juillet 2017, 12:52

    La répression est bien justifiée. Il faut évidemment que des solutions soient apportées par ailleurs aux situations qui favorisent les actions illégales, mais ça ne sera jamais assez. Dans ce cas précis, l'offre en logement à coût modéré à Bruxelles n'est pas en cause. Il s'agit de l'exploitation de personnes presque toujours en séjour illégal et qui payent cher pour être logées. Souvent, ces personnes sont aussi exploitées par le travail, lui aussi illégal. On ne peut donc pas justifier de ne rien faire contre des situations illégales (et inhumaines), qui confinent à l'esclavage, parce que pas assez n'est fait par ailleurs pour que ces situations soient adressées. Des choses sont faites, mais bien sûr, ça ne sera jamais assez. Alors, faut-il laisser faire sous cette excuse qu'on n'en fait jamais assez?

  • Posté par Fastenaekels Jacques, lundi 31 juillet 2017, 9:37

    Bonjour J'ai aussi des drones dont un qui peut voler au dessus de mon jardin(800 gr) il est vrai qu'en le faisant tourner , on peut facilement voir les jardins dans le voisinage et des annexes construites peut-être sans permis......Mais cela c'est pour ceux qui ont envie d'ennuyer le monde. Cela permet aussi de faire de belle vidéo, et d'en tirer des photos. Lorsqu'une alarme maison se déclenche, il est facile de filmer ce qui se passe , au cas où!!!

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