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L'industrie automobile ne fait plus rêver

L’industrie automobile ne nous renvoie plus que l’image d’une industrie d’arrière-garde, plus prompte à tenter de sauver les meubles en truquant les chiffres qu’à inventer la mobilité de demain.

Édito - Chef du service Economie Temps de lecture: 3 min

Ce mercredi se déroule à Berlin un « sommet du diesel » sur fond de crise existentielle, pour les constructeurs allemands en particulier.

Car le diesel, ce carburant qui domine l’Europe automobile depuis des décennies, n’a plus la cote. Des Villes en nombre croissant, comme Paris ou Stuttgart, n’en veulent plus. La Wallonie, si l’on en croit la déclaration de politique régionale de la nouvelle majorité, entend le bannir de nos routes à l’horizon 2030. Et le mouvement va, sans nul doute, s’amplifier.

Soyons clair : personne ne regrettera ce carburant polluant responsable, à l’aune des années où il fut consommé, de millions de décès prématurés. En tant que particulier, nous n’éprouverons aucun souci majeur à l’achat de notre prochaine voiture : nous changerons pour une motorisation essence, bien que polluante elle aussi, ou hybride voire électrique, pour autant que l’offre soit compétitive et que, dans ce dernier cas, la production électrique suive aussi. La décroissance du diesel est, du reste, déjà actée dans les ventes des principaux constructeurs.

Enjeu industriel

Mais l’enjeu ne relève pas seulement de la santé publique ou de la consommation. Il est aussi de nature industrielle. Les constructeurs européens ont beaucoup à perdre dans l’aventure. Nombre d’entre eux ont déjà abandonné une partie de leur crédit dans le dieselgate – ce scandale des logiciels truqués. Ils constatent désormais que les Etats qui les ont toujours chouchoutés sans un regard pour l’environnement ou la santé, n’hésitent plus à tirer à vue. Fini, les législations visant à diminuer les émissions de manière progressive au rythme suggéré par l’industrie : il y a urgence à s’adapter.

On peut certes critiquer les pouvoirs publics, censés donner la tendance à long terme et paraissant désormais lancés dans une fuite en avant. Mais on peut aussi s’interroger sur la stratégie des constructeurs eux-mêmes. L’automobile n’était-elle pas le laboratoire, hautement concurrentiel, de toutes les innovations ? On n’en perçoit plus désormais que l’image d’une industrie d’arrière-garde, plus prompte à tenter de sauver les meubles en truquant les chiffres qu’à inventer la mobilité douce et non polluante de demain.

Le buzz planétaire dont a récemment bénéficié Elon Musk en livrant les trente premiers exemplaires de sa nouvelle Tesla à ses employés ne dit pas autre chose : il est des patrons visionnaires qui n’attendent pas les contraintes ou les coups de pouce des autorités pour s’imposer, déplacer les frontières, voire proposer de nouveaux horizons. La révolution électrique, en dépit des questions qu’elle suscite, est en marche. Et, au rythme où elle semble s’y adapter, on peut craindre que l’industrie automobile européenne et les emplois qui y sont liés soient en train de la louper.

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2 Commentaires

  • Posté par Wathelet Michel, mercredi 2 août 2017, 9:49

    Le vélo électrique, je fait toutes mes courses dans un rayon de 20 kms, un vrai bonheur, sauf évidement sur les routes avec les voitures sinon c'est une vraie bénédiction. En moyenne je fait entre 100 et 140km par semaine. Par rapport au temps passé, la voiture ne me fait pas gagné plus de 10 minutes par rapport au vélo.

  • Posté par Vermeulen Gregory, mercredi 2 août 2017, 9:08

    La voiture personnelle est un moyen de transport qui a vécu

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