Transfert de Neymar: la presse française salue l’arrivée d’un «Messie à Paris»

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P aie et va-t-en », « À jamais ! »  : la presse espagnole se montrait sans pitié jeudi au lendemain de l’annonce du départ de l’attaquant international brésilien Neymar du FC Barcelone, probablement pour le PSG, pour un montant record de 222 millions d’euros. Du côté de la presse française, au contraire, on se réjouit.

L’appât du gain

Neymar « s’en va pour l’argent. Seulement pour l’argent », constate, amer, Sport, journal qui se consacre au Barça, dont la Une est barrée d’un énorme « Hasta nunca ! » (À jamais !).

Le départ du Brésilien n’est que « l’intersection fatale de deux facteurs diaboliques : l’argent du Qatar (le fonds d’investissement QSI est propriétaire du PSG, NDLR) et l’ambition monétaire et sportive des Neymar », un entourage « toxique », analyse le journal.

« Neymar n’a pas été recruté par un club mais par un État, une dictature accusée de financer le terrorisme qui ne sait plus quoi faire de son argent et achète tout ce qui lui fait envie, y compris les personnes », assène le quotidien.

As souligne pour sa part la « mise en scène » du départ et relate l’entretien tendu du joueur avec les dirigeants du club catalan, qui lui ont annoncé le gel d’une prime.

« Les histoires basées sur des intérêts fallacieux, sans plus d’affection qu’une bonne rémunération, se terminent comme un contrat commercial (…), en se souhaitant bonne chance et sans se regarder dans les yeux », renchérit As.

Marca, le plus grand journal sportif du monde hispanique, reste plus neutre. Il titre « le transfert qui change l’histoire du football » et souligne dans un éditorial que le Barça devra « se montrer plus habile dans les prochains recrutements qu’il ne l’a été dans la gestion de la crise » Neymar, où il a été « constamment sur la défensive ».

« Neymar part comme il est venu, d’embrouille en embrouille, et les poches pleines », estime El Pais, le journal le plus lu du pays, évoquant son transfert au Barça en 2011 qui a valu des poursuites en justice au joueur brésilien comme au club catalan.

Pour le quotidien conservateur ABC, « Neymar laisse un trou béant au Barça ». « Le rendement du Brésilien est resté bien en dessous du coût de son recrutement, il a abîmé le club et il lègue un tas de polémiques et de procès ».

Le départ de « l’un des trois meilleurs joueurs du monde » pourrait toutefois se transformer en « opportunité » pour le Barça après une mauvaise saison, en permettant à l’équipe de se « rééquilibrer », veut croire Sport. « Neymar s’en va pour que le Barça revienne », conclut le journal.

Une arrivée attendue en France

Echo totalement différent du côté de la presse française. « Il arrive », annonce l’Equipe. Le journal sportif se réjouit que « tous les signaux soient au vert ce matin ». Le footballeur brésilien est en effet attendu ce jeudi à Paris.

« Le transfert du siècle », estime de son côté Le Parisien, qui voit dans ce transfert l’arrivée d’un « Messie à Paris ». Le quotidien ne manque pas de faire l’éloge du footballeur : « une mine d’or », « un joyau poli », « un joueur né pour briller ».

Le Monde salue également cette « incroyable opération sportive, financière et commerciale », du club français. Il y voit « la promesse d’un football total et enchanteur ». « Avec un tel roi au Parc des princes, le PSG ne visera rien d’autre qu’une razzia au niveau national, tout en rêvant d’un triomphe en Ligue des champions », continue le journal.

Toute la presse française n’est pourtant pas aussi enthousiaste. Le journal La Croix estime ainsi que même si « c’est le prix à payer pour entrer dans la cour des grands clubs européens, que la loi de l’offre et de la demande s’applique aussi au football, que faire venir un joueur de grand talent est un investissement et non une dépense », ces arguments « ne suffisent pas à dissiper le malaise, je cite, devant l’ampleur des sommes en jeu ».

Libération, aussi, pointe du doigt cette partie de « cash-cash ». « Le coup de maître du PSG repousse toutes les limites, celle de l’émotion, du sport, de la géopolitique, et surtout du cash », écrit-il.

 
 
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